La Science simplifiée en quelques secondes : la Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt se modernise

Article

« La Méthode de l’indice Forêt-Météo établit un portrait clair du danger d’incendie à partir des conditions météorologiques. En observant les facteurs qui influent sur la facilité avec laquelle un feu peut éclater et se propager, elle fournit des informations qui peuvent se communiquer à l’aide d’outils simples comme des panneaux routiers, mais facilite aussi la prise de décisions opérationnelles plus complexes. » — Natasha Jurko, spécialiste de la physique des feux de forêt, Service canadien des forêts, Ressources naturelles Canada.

Si vous avez traversé des zones boisées au Canada l’été, vous avez sans doute vu au bord de la route des panneaux indiquant l’indice de danger de feu pour la journée, qui va de bas à extrême. Derrière ces panneaux, il y a des décennies de science canadienne et un outil décisionnel dont les responsables de la gestion des incendies se servent au quotidien pendant la saison des feux de forêt.

Un panneau bilingue dans un secteur boisé indique le danger d’incendie selon une échelle de cinq couleurs allant de bas à extrême plus.

Un panneau indiquant l’indice de danger d’incendie dans la forêt expérimentale de Petawawa, en Ontario.

La Méthode de l’indice Forêt-Météo (IFM) a été conçue par des chercheurs du Service canadien des forêts (SCF) il y a plus de 60 ans. Elle utilise les observations météorologiques pour évaluer le danger d’incendie. La Méthode IFM ne permet pas de prévoir les incendies. Elle montre plutôt le degré d’humidité ou de sécheresse des combustibles à la surface du sol des forêts, p. ex. les feuilles mortes et les brindilles, et indique si les conditions sont propices au déclenchement et à la propagation d’incendies.

Résumé en sept secondes

Des scientifiques du SCF révisent la Méthode IFM de manière à tirer profit de la masse d’informations météorologiques disponibles (prévisions météo de pointe, observations des satellites, programmes informatiques spécialisés, etc.) pour donner aux responsables de la gestion des feux de forêt de l’information plus à jour sur l’évolution du danger de feu.

Les chercheurs élargissent aussi le champ d’application de la Méthode IFM de manière à englober un plus grand nombre de combustibles. De nouveaux composants ont été ajoutés pour les prairies et les tourbières, où le comportement des feux n’est pas le même que dans une forêt.

Trois photos montrant des chercheurs en train d’installer des appareils dans une forêt, un gros plan de l’installation d’un humidimètre dans le sol et une station de météorologie forestière sur une tour en métal en Colombie-Britannique. Ces stations servent à collecter un peu partout au pays les données météorologiques utilisées par la Méthode IFM.

Dans le sens des aiguilles d’une montre à partir du coin supérieur gauche : des chercheurs installent du matériel de surveillance dans une forêt au Nouveau-Brunswick; l’une des nombreuses stations de météorologie forestière installées dans différentes régions du pays pour collecter les données utilisées par la Méthode IFM; installation d’un humidimètre pour mesurer l’humidité des combustibles à la surface du sol. Photos : C. Hanes.

Un portrait plus complet du danger d’incendie au Canada

  • Données météorologiques horaires : Des relevés horaires de la température, de l’humidité, de la vitesse du vent et des précipitations montrent comment le danger d’incendie évolue au fil de la journée.
  • Humidité des combustibles forestiers : L’impact des conditions météorologiques sur les feuilles mortes, les aiguilles et les brindilles qui jonchent le parterre forestier aide à savoir dans quelle mesure ces combustibles sont secs ou humides.
  • De l’humidité du combustible au comportement du feu : La Méthode révèle la facilité avec laquelle un feu pourrait s’allumer, la vitesse à laquelle il pourrait se propager et l’intensité potentielle de l’incendie.
  • Danger d’incendie dans les prairies : De nouveaux indicateurs montrent à quelle vitesse les herbes peuvent sécher, s’enflammer et contribuer à la propagation du feu.
  • Danger d’incendie dans les tourbières : De nouveaux indicateurs montrent le degré d’humidité des tourbières et le risque de propagation du feu dans ces milieux.

Les versions antérieures de la Méthode IFM utilisaient des données météorologiques collectées une fois par jour, habituellement vers midi. Aujourd’hui, des stations météorologiques automatiques disséminées sur le territoire canadien fournissent de l’information en tout temps. La nouvelle version, appelée IFM2025, utilise des données horaires pour donner aux organismes de gestion des feux de forêt une meilleure idée de l’évolution des conditions et ainsi les aider à déterminer à quel moment le danger sera maximal et s’il y a risque d’incendie nocturne.

Par exemple, l’IFM2025 peut surveiller la météo la nuit, afin de repérer les températures élevées, l’humidité basse et les vents violents – autant de conditions dans lesquelles les feux peuvent demeurer actifs et continuer à se propager. Ces informations donnent aux responsables de la gestion des feux une meilleure idée du risque d’incendie nocturne.

Une main gantée tient un bloc de matières organiques comprimées couvert de mousse qui a été extrait du sol dans une forêt.

Échantillon de combustibles (couches de feuilles, d’aiguilles, de brindilles et d’autres matières organiques comprimées, aussi appelées humus) prélevé au sol dans la forêt. La surveillance du degré d’humidité ou de sécheresse de ces combustibles aide les scientifiques à évaluer les risques de déclenchement et de propagation d’incendies. Photo : C. Hanes

Une science qui facilite la prise de décisions

Pendant la saison des feux, les responsables de la gestion des incendies doivent prendre des décisions chaque jour, notamment sur les questions suivantes :

  • Où doit-on envoyer les équipes, les aéronefs et l’équipement de lutte contre les incendies?
  • Y a-t-il assez de ressources disponibles pour maîtriser les feux en cours et d’éventuels nouveaux foyers d’incendie?
  • Devrait-on poursuivre les opérations de lutte contre les incendies tard dans la soirée?
  • Est-il nécessaire de mettre en place des restrictions ou des interdictions concernant les feux pour réduire le risque de nouveaux incendies?

Pour les scientifiques qui développent la prochaine génération de la Méthode IFM, l’objectif est simple : il s’agit de proposer une approche scientifique flexible qui fournit les meilleures informations possibles aux personnes chargées de protéger les populations, les forêts et les pompiers.

Développement de la prochaine génération

La Méthode IFM fait partie de la vaste Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF), une série d’outils d’aide à la décision utilisée pour évaluer le danger d’incendie et le comportement du feu. La méthode dans son ensemble fait l’objet d’une modernisation par étapes, et cette mise à jour, appelée IFM2025, est la première à être rendue publique. Au cours des trois prochaines années, les scientifiques prévoient de publier deux autres mises à jour des composants de la MCEDIF, notamment un modèle révisé qui permettra de mieux prévoir où et quand des incendies causés par l’activité humaine ou par la foudre sont susceptibles de se produire.

« L’IFM2025 comporte des améliorations qui permettent aux responsables de la gestion des feux de mieux évaluer le danger d’incendie dans différents types de végétation et de combustibles, notamment les prairies à assèchement rapide, les forêts et les tourbières à assèchement lent. Nous espérons que ces mises à jour permettront d’obtenir une image plus précise du danger d’incendie et faciliteront la prise de décisions. » — Chelene Hanes, chercheuse scientifique en feux de forêt, SCF, Ressources naturelles Canada

Un retentissement qui va au-delà des frontières

Depuis la publication de sa version actuelle en 1987, la Méthode IFM connaît un succès international et a été adaptée par différents pays à travers le monde. Son utilisation répandue montre qu’il y a des avantages concrets à recourir à une méthode scientifique, simple et cohérente pour comprendre les conditions météorologiques qui influent sur le risque d’incendie de forêt.

Pendant les saisons des feux, à mesure qu’évolueront les technologies utilisées pour surveiller les incendies, l’IFM2025 contribuera à ce que l’une des innovations scientifiques canadiennes les plus déterminantes dans le domaine des feux de forêt continue d’aider les gens à relever les défis qui les attendent.

Si vous êtes journaliste ou enseignant et souhaitez en savoir plus sur la Méthode IFM ou le travail de l’équipe, veuillez nous écrire à : sciencecommunications-communicationsscientifiques@nrcan-rncan.gc.ca.

Autre documentation

Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt - Prochaine génération

Méthode canadienne de l’indice Forêt-Météo

Renseignements généraux sur le Système canadien d’information sur les feux de végétation