L’État des forêts au Canada : Rapport annuel 2025

Table des matières


Message du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles

Plus qu’une ressource naturelle la forêt est un pilier de nos économies locales et régionales, un marqueur de notre identité et une alliée dans notre lutte contre les changements climatiques, d’un océan à l’autre.

Guidé par la science, mais aussi par les connaissances des peuples autochtones, notre pays s’impose toujours comme un chef de file de la bonne gestion des forêts. Nous sommes fiers de soutenir le leadership et la participation des Autochtones à la gouvernance des forêts, car nous savons que réconciliation et durabilité vont de pair.

Face aux différends commerciaux qui s’éternisent, notamment dans le dossier du bois d’œuvre résineux, notre gouvernement défend vaillamment le secteur forestier canadien pour protéger le gagne-pain de milliers de Canadiens, tout en s’efforçant de lui donner les moyens de se tourner vers des marchés plus fiables, dont le nôtre.

Ressources naturelles Canada (RNCan) investit dans la transformation du secteur forestier afin d’ouvrir de nouvelles possibilités pour la construction en bois avancée, les technologies propres et les produits à valeur ajoutée. Par des programmes comme Investissements dans la transformation de l’industrie forestière, le Programme de leadership mondial sur les forêts, l'Initiative de foresterie autochtone et Construction verte en bois, nous aidons les entreprises d’ici à s’adapter, à affronter la concurrence, à pénétrer de nouveaux marchés extérieurs et à créer et protéger des emplois chez nous. D’autres mesures comme le programme Maisons Canada, la politique Achetez canadien et les investissements dans la résilience et la transformation de l’industrie soutiennent le bois d’œuvre et les produits connexes canadiens grâce auxquels nous pouvons devenir notre meilleur client en construisant au Canada avec du bois canadien.

Comme les feux de forêt sont de plus en plus fréquents et dévastateurs, RNCan investit aussi dans les équipements spécialisés de lutte incendie, la formation d’un plus grand nombre de pompiers forestiers et le renforcement des activités communautaires de prévention et d’atténuation des risques, y compris la gestion des feux de forêt par les Autochtones, en plus de soutenir la première mission satellitaire gouvernementale spécialement conçue pour la surveillance des feux. À titre de président du G7 en 2025, le Canada a piloté la création de la Charte de Kananaskis sur les feux de forêt pour promouvoir une coordination internationale. Conjuguées à nos investissements dans la recherche et l’innovation, ces mesures contribueront à protéger les forêts et les collectivités au Canada et dans le monde entier.

Notre stratégie vise non seulement à soutenir dans l’immédiat le secteur forestier et les populations exposées aux risques de feu de forêt, mais aussi à bâtir un secteur résilient et durable, à l’image des forêts canadiennes. Un secteur qui soutiendra le leadership autochtone, la vitalité des économies rurales et notre population pour les décennies à venir, comme il le fait de longue date. Nos forêts et notre secteur forestier sont appelés à jouer un rôle central dans nos efforts de diversification des marchés, nos ambitions en matière de logement abordable et notre lutte contre les changements climatiques. Sur ces trois fronts, il nous faut obtenir en temps utile des informations fiables sur les forêts pour pouvoir comprendre les tendances, évaluer les risques et suivre les progrès des forêts et du secteur forestier du Canada – un travail auquel RNCan se dévoue tout entier.

Notre secteur forestier jouera un rôle clé dans la construction d’un Canada durable et souverain, tandis que nous travaillons à devenir une superpuissance de l’énergie et des ressources naturelles. Ensemble – en concertation avec les provinces, les territoires, les partenaires autochtones et l’industrie – nous continuerons de protéger et de développer ce secteur vital pour les générations à venir.

L’honorable Tim Hodgson
Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles


Les forêts du Canada : gérées de façon durable et soutenues par des données fiables et la production de rapports transparents

Les forêts du Canada offrent des avantages environnementaux, culturels et économiques essentiels. Grâce aux lois et aux règlements en matière d’aménagement forestier durable (AFD), le Canada veille à ce que ces avantages perdurent pour les générations futures.

Depuis plus de 35 ans, L’état des forêts au Canada : Rapport annuel est une source fiable de données sur la santé de nos forêts et du secteur forestier. Il présente des indicateurs de durabilité fondés sur des données scientifiques qui :

  • suivent les conditions des forêts et les tendances
  • orientent les améliorations en matière de politiques et de gestion
  • appuient les discussions relatives à l’environnement et au commerce

Ces indicateurs sont basés sur des données provenant de sources reconnues telles que Statistique Canada1, la Base de données nationale sur les forêts2 et l’Inventaire forestier national3. Des experts reconnus analysent ces données afin de présenter des conclusions claires et fondées sur des données probantes.

En harmonie avec les normes mondiales

Le Canada est un membre fondateur du Processus de Montréal, une initiative mondiale utilisant des indicateurs communs pour mesurer l’AFD dans 90 % des forêts tempérées et boréales du monde. Les indicateurs présentés dans ce rapport et ceux disponibles sur le site Web des Données statistiques forestières s’inspirent de ce cadre évolutif et pertinent à l’échelle internationale et cherchent à s’y aligner.

Soutenir les objectifs de développement durable à l’échelle mondiale

La production de rapports sur les forêts du Canada participe également à l’atteinte des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, notamment :

  • L’objectif de développement durable 15 :
    Vie terrestre

  • Les objectifs forestiers mondiaux :
    1. Inverser la perte de couverture forestière
    2. Améliorer les bénéfices et les moyens de subsistance basés sur la forêt
    3. Protéger les forêts et utiliser des produits forestiers durables
    4. Mobiliser des ressources pour la durabilité des forêts

Le rapport de cette année présente une structure et un format davantage axés sur les données, en mettant l’accent sur les indicateurs et les données clés. La conception a également été mise à jour, avec une approche axée sur le Web pour améliorer l’accessibilité numérique et l’expérience utilisateur. Ce nouveau format nous permet de publier du contenu tout au long de l’année, et ainsi de fournir des mises à jour plus opportunes sur des sujets pertinents. Pour rester au courant, inscrivez-vous afin de recevoir des notifications dès que du nouveau contenu est disponible.

Données statistiques forestières

Statistiques actuelles sur divers sujets du domaine de la foresterie, notamment l’inventaire forestier, les perturbations naturelles, l’aménagement forestier durable, l’inventaire du carbone, ainsi que des données économiques et commerciales pour le Canada, à l’échelle nationale, provinciale et territoriale.

Quelle superficie la forêt couvre-t-elle au Canada?

Le Canada abrite 369 millions d’hectares (ha) de forêts4. Plus de 90 % de ces forêts sont de propriété publique; elles représentent 24 % de la forêt boréale mondiale et 9 % de l’ensemble des forêts du monde, soit une superficie forestière de plus de 9 ha par personne5. La population canadienne dépend de ces forêts et les apprécie pour de nombreux usages différents, notamment les loisirs, la conservation, les pratiques culturelles et les moyens de subsistance des peuples autochtones, sans oublier leur rôle essentiel pour l’économie. Le Système national de surveillance du déboisement du Canada indique qu’au cours des 35 dernières années, moins de 0,5 % de la forêt canadienne a été déboisée6.

Version texte

Infographie intitulée « Qu’est-ce qu’une forêt? » Elle explique la définition de la forêt selon l’Inventaire forestier national du Canada :

  • Terre avec des arbres de plus de 5 mètres, un couvert forestier supérieur à 10 %, une superficie de plus de 0,5 hectare et qui n’est pas affecté principalement à l’agriculture ou des usages urbains.
  • Une terre capable de soutenir des arbres répondant à ces critères est aussi considéré comme une forêt.
  • Les forêts conservent leur classification même si le couvert forestier est temporairement perdu, sauf en cas de changement d’utilisation des terres.

La section inférieure présente trois causes de changement de superficie forestière :

  1. Boisement – création de forêts sur des terres auparavant non boisées.
  2. Déboisement – défrichement des forêts pour l’agriculture ou l’expansion urbaine.
  3. Changement naturel des forêts – expansion ou dépérissement des forêts.

L’arrière-plan inclut des images stylisées de forêts et de montagnes.

Comment surveiller l’évolution de nos forêts?

Le Service canadien des forêts (SCF) collabore avec ses partenaires provinciaux et territoriaux pour maintenir les capacités de suivi et de production de rapports sur les forêts à l’échelle du Canada par l’intermédiaire de l’Inventaire forestier national (IFN), du Système national d’information sur les forêts, de la Base de données nationale sur les forêts et du Système national de surveillance, de comptabilisation et production de rapports concernant le carbone des forêts. La télédétection joue également un rôle crucial en permettant une surveillance de la forêt de plus en plus détaillée sur de grandes superficies. L’IFN du Canada a 25 ans et en est à sa deuxième période de remesure8.

Périodes de remesure de l’Inventaire forestier national du Canada9

Version texte

Périodes de mesure de l’Inventaire forestier national du Canada
IFCan (1981, 1986, 1991, 1996 et 2001)
Établissement de l’IFN (2000-2006)
Première remesure (2007-2017)
Deuxième remesure (2018-2027)
Troisième remesure (2028-2037)
En cours

L’IFN du Canada a été créé pour veiller à ce que la surveillance de nos forêts repose sur une approche d’échantillonnage statistiquement rigoureuse, en utilisant un réseau national de placettes et une méthodologie cohérente8. L’IFN a remplacé des méthodes de surveillance plus anciennes, telles que l’Inventaire forestier du Canada, qui s’appuyait sur des données fournies par diverses sources et n’incluait pas de grandes superficies de forêts nordiques.

Quelle est la valeur des données de surveillance des forêts?

Le SCF, les partenaires provinciaux et territoriaux, le gouvernement, les universités et le secteur privé utilisent les données de l’IFN à des fins diverses, comme contribuer à l’intendance environnementale, à l’étude de la faune et à la prise de décisions politiques.

La diversité des écosystèmes forestiers : un indicateur clé de la santé des forêts

La diversité des écosystèmes forestiers est un indicateur clé de la santé des forêts. L’un des moyens utilisés par le Canada pour surveiller la biodiversité des forêts consiste à évaluer le type et l’âge des écosystèmes forestiers au fil du temps en tant que mesure de la disponibilité de l’habitat. Le graphique ci-dessous montre le changement annuel moyen au Canada par type de forêt et classe d’âge de 2006 à 20179. Au total, on observe une légère diminution de la superficie des forêts mixtes, compensée par une augmentation un peu plus importante de la superficie des forêts de feuillus et de celle de conifères (résineux). Les barres les plus hautes illustrent le vieillissement des forêts les plus répandues au Canada – les forêts de conifères de la classe d’âge de 81 à 120 ans – au cours de la période de surveillance. L’augmentation de la superficie des vieilles forêts de conifères (≥ 201 ans) reflète principalement une amélioration de la qualité des données de surveillance. L’accessibilité de données à plus haute résolution permet aujourd’hui aux experts, en particulier dans le nord du Canada, d’estimer l’âge des peuplements et d’identifier les plus anciens peuplements dans le paysage.

Changement annuel moyen de la superficie forestière par type forestier et classe d'âge au Canada, 2006–201710

Résumé du graphique

Variation annuelle moyenne (1 000 ha) de la superficie forestière en fonction du type de forêt et de la classe d’âge au Canada, de 2006 à 2017.

Classe d’âge 0–40 41–80 81–120 121–160 161–200 201+ Total
Forêt feuillue 197,61 -166,50 268,41 25,77 -0,05 2,50 324,97
Forêt mixte -45,85 -276,60 -247,95 149,54 1,48 11,22 -420,12
Forêt de conifères 410,30 315,12 -3091,1 2916,38 38,03 1476,37 689,09

Sources et informations

  1. Normes, sources de données et méthodes. Statistique Canada; mis à jour le 28 juillet 2025. https://www.statcan.gc.ca/fr/concepts/index
  2. Collaborateurs. Base de données nationale sur les forêts;mis à jour le 30 octobre 2025. http://nfdp.ccfm.org/fr/collaborators.php
  3. Collaborateurs. Inventaire forestier national; consulté le 8 août 2025. https://nfi.nfis.org/fr/collaborators
  4. Inventaire forestier national. Superficie (1 000 ha) des terres forestières et non forestières au Canada; Rapports normalisés – T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada; mis à jour en novembre 2023.
  5. Des faits en bref. Inventaire forestier national du Canada; consulté le 31 juillet 2025. https://nfi.nfis.org/fr/quickfacts (voir la remarque a)
  6. Dyk A, Leckie D, Tinis S, Ortlepp S. Canada’s national deforestation monitoring system: system description. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Pacifique; 2015. Rapport d’information BC-X-439. https://ostrnrcan-dostrncan.canada.ca/entities/publication/88faa5dd-47c7-40a7-907d-c719ff166dfb (voir la remarque b)
  7. Forest resources assessment 2025: terms and definitions. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; 2023 [consulté le 31 juillet 2025]. https://www.fao.org/3/cc4691en/cc4691en.pdf (voir la remarque c)
  8. Inventaire forestier national du Canada : Processus opérationnels, version 8.0. Inventaire forestier national; 2021 [consulté le 31 juillet 2025]. https://nfi.nfis.org/resources/general/NFI-Business-Process-Version-8.0French.pdf (voir la remarque d)
  9. Historique : Inventaire forestier du Canada. Inventaire forestier national; consulté le 31 juillet 2025. https://nfi.nfis.org/fr/history (voir la remarque e)
  10. Inventaire forestier national. Superficie (1 000 ha) des terres forestières selon le type de forêt et la classe d’âge au Canada; Rapports normalisés – T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada; mis à jour en novembre 2023.

Remarques

  1. Cette page présente des « informations en bref », qui sont suivies ou estimées par l’IFN.
  2. Les estimations du déboisement national sont calculées sur une base périodique à l’aide de la méthode décrite dans cette source. Les données sur le déboisement annuel sont fournies par le Système national de surveillance du déboisement du Canada, tabulation spéciale, à l’IFN le 30 avril 2025.
  3. Ce document fournit des définitions de la forêt, du boisement et d’autres termes clés. Il est à noter que le Canada utilise cette définition de la forêt dans la plupart des cas, bien que certaines situations particulières puissent justifier des adaptations. L’inventaire national des gaz à effet de serre et la comptabilité du carbone forestier utilisent une définition légèrement différente de la forêt et du déboisement.
  4. Description de la procédure et des moyens par lesquels les données de l’IFN sont collectées, validées, stockées, utilisées et diffusées.
  5. Cette page présente un bref historique des programmes qui ont précédé l’IFN, explique les raisons de sa création et présente les périodes de l’IFN du Canada au fil du temps.

Indicateur : superficie forestière

De nombreux Canadiens ont entendu parler des récents feux de forêt, des épidémies de ravageurs forestiers et des discussions sur les niveaux de récolte. Comment ces éléments touchent-ils les superficies forestières? Bien que ces trois exemples puissent avoir des répercussions sur le couvert arboré et d’autres conditions forestières, ils touchent uniquement la superficie forestière lorsque les pertes de couverture forestière ne sont pas suivies d’un reboisement ou d’une régénération naturelle. La perte de superficie forestière est due à des événements permanents, comme le déboisement ou l’échec de la régénération naturelle des forêts.

Le Canada compte 369 millions d’hectares (ha) de forêts1, regroupant de nombreux types forestiers distincts. Les feux de forêt, les coupes de bois et les nouveaux aménagements situés près des collectivités peuvent donner l’impression à la population canadienne que la superficie forestière diminue. Cependant, une grande partie des forêts canadiennes se trouvent dans des régions éloignées et de multiples sources de surveillance, comme l’Inventaire forestier national (IFN)1 et la télédétection par satellite2, montrent que la superficie forestière et les zones boisées ont légèrement augmenté depuis 2000.

Par rapport à la superficie forestière totale, la superficie touchée par le boisement et le déboisement au Canada demeure faible. Depuis 1990, les forêts canadiennes ont subi un déboisement de moins de 0,5 %3. Le déboisement est principalement dû à l’agriculture, à l’exploitation minière, pétrolière et gazière, ainsi qu’au développement urbain. Au Canada, on recense moins de boisement que de déboisement.

  • Le Canada utilise la définition de la superficie forestière établie par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture afin de favoriser une cohérence entre les pays lors de la remise des rapports sur cet important attribut forestier4.
  • Bien que la superficie forestière au Canada soit relativement stable, le couvert arboré est plus dynamique en raison des feux de forêt, des infestations d’insectes, des activités de récolte et de la régénération, qui entraînent des fluctuations du couvert arboré sur de grandes superficies.

Superficie forestière estimée du Canada, 1990–20241

Résumé du graphique

Tendances de la superficie forestière estimée du Canada de 1990 à 2024.

Année Superficie forestière (en million d’hectares)
1990 360 762
1991 360 707
1992 360 657
1993 360 580
1994 360 540
1995 360 505
1996 360 468
1997 360 431
1998 360 390
1999 360 344
2000 360 305
2001 360 818
2002 361 330
2003 361 843
2004 362 355
2005 362 868
2006 363 381
2007 363 893
2008 364 406
2009 364 918
2010 365 431
2011 365 944
2012 366 456
2013 366 969
2014 367 482
2015 367 994
2016 368 507
2017 369 019
2018 368 968
2019 368 918
2020 368 869
2021 368 818
2022 368 768
2023 368 720
2024 368 672

Quels sont les facteurs pouvant expliquer la tendance à la hausse de la superficie forestière?

Selon l’IFN, la superficie forestière a augmenté de 512 000 ha/an (0,14 %/an) entre la mesure de référence (2000-2006) et la première remesure (2007-2017)1. Le Service canadien des forêts a mené des recherches préliminaires pour comprendre les causes de cette augmentation. Bien que la collecte des données et les recherches se poursuivent, il semble que ce changement puisse être attribué aux facteurs suivants :

  • Expansion naturelle : par exemple, lorsqu’une forêt s’étend dans une zone auparavant non boisée, souvent en raison d’un changement des conditions de croissance
  • Affectation administrative des terres : par exemple, lorsqu’une terre passe d’un usage agricole à un usage forestier
  • Boisement : par exemple, lorsque des personnes plantent des arbres dans des zones auparavant non boisées
  • Déboisement : par exemple, la conversion par l’humain de zones forestières en zones non forestières
  • Progrès technologiques : par exemple, l’utilisation de données satellitaires à plus haute résolution permettant de mieux distinguer la végétation forestière marginale (arbres petits ou dispersés) de la végétation non forestière comme des arbustes
  • Causes multiples ou non attribuées : une combinaison de plusieurs facteurs ou une cause encore à déterminer

La figure suivante montre l’augmentation de la superficie forestière par rapport à la superficie forestière totale du Canada entre la mesure de référence et la première remesure. Le diagramme circulaire représente la superficie forestière totale du Canada, la partie grise représente l’augmentation de cette superficie, et le diagramme à barres représente les causes du changement de la superficie forestière, ventilées selon les catégories décrites ci-dessus.

Sources actuelles de changement de la superficie forestière au Canada (2006–2017)5

Résumé du graphique

Proportion de superficie forestière modifiée v.s. inchangée avec la répartition des sources actuelles de changement de la superficie forestière au Canada de 2006 à 2017.

Superficie forestière 97,6%
Expansion naturelle 1,0%
Multiple / non-attribué 0,8%
Affectation administrative des terres 0,8%
Boisement / déboisement 0,1%
Progrès technologiques -0,3%

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Comprendre les changements de la superficie forestière totale au Canada fait partie intégrante de la surveillance de l’aménagement forestier durable. Une superficie forestière saine et fonctionnelle fournit un habitat pour la biodiversité et de nombreux biens et services écosystémiques importants.
  • La communauté internationale continue d’accorder une grande importance à la compréhension des changements de la superficie forestière mondiale. Bien que la superficie forestière du Canada soit demeurée relativement stable ces dernières années, il demeure crucial de surveiller les effets des activités humaines et des changements climatiques.

Quelles sont les perspectives?

  • Les changements climatiques pourraient amener les forêts à se retirer des zones devenues trop sèches pour soutenir la croissance des arbres, tout en favorisant l’expansion des forêts dans des zones où les arbres n’étaient pas présents auparavant.
  • La superficie forestière devrait rester généralement stable. Les taux de changement d’origine humaine devraient rester faibles (pour plus d’informations, voir l’indicateur Déboisement et boisement).

Sources et informations

  1. Inventaire forestier national. Tableau 4.0. Superficie (1 000 ha) des terres forestières et non forestières au Canada; Rapports normalisés—T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada; mis à jour en novembre 2023. (voir la remarque a)
  2. Hermosilla T, Wulder MA et al. Expansion of treed area over Canada’s forested ecosystems: spatial and temporal trends. Forestry. 2025; cpaf015. https://doi.org/10.1093/forestry/cpaf015
  3. Dyk A, Leckie D, Tinis S, Ortlepp S. Canada’s national deforestation monitoring system: system description. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Pacifique; 2015. Rapport d’information BC-X-439. https://ostrnrcan-dostrncan.canada.ca/entities/publication/88faa5dd-47c7-40a7-907d-c719ff166dfb (voir la remarque b)
  4. Forest resources assessment 2025: terms and definitions. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; 2023. [consulté le 31 juillet 2025]. https://www.fao.org/3/cc4691en/cc4691en.pdf (voir la remarque c)
  5. Preliminary attribution of forest area, volume, and primary forest estimates through the National Forest Inventory baseline (2000–2006) and first remeasurement (2007–2017); version 1.0. Inventaire forestier national; 2025. https://nfi.nfis.org/resources/others/NFI_science_note_July_2025_en.pdf
  6. Gillis MD. Estimating change from successive static forest inventories. The Forestry Chronicle. 1988;64(4);352–354. https://doi.org/10.5558/tfc64352-4 (voir la remarque d)

Remarques

  1. Données de remesure (2017) pour la superficie forestière estimée du Canada. Il s’agit de la source utilisée pour établir la superficie forestière de 369 millions d’hectares (ha) ainsi que la variation annuelle moyenne de la superficie forestière de 2000 à 2017.
  2. Les estimations du déboisement national sont calculées sur une base périodique à l’aide de la méthode décrite dans cette source. Les données sur le déboisement annuel sont fournies par le Système national de surveillance du déboisement du Canada, tabulation spéciale, à l’IFN le 30 avril 2025.
  3. Ce document fournit des définitions de la forêt, du boisement et d’autres termes clés. Il est à noter que le Canada utilise cette définition de la forêt dans la plupart des cas, bien que certaines situations particulières puissent justifier des adaptations. L’inventaire national des gaz à effet de serre et la comptabilité du carbone forestier utilisent une définition légèrement différente de la forêt et du déboisement.
  4. Ce document décrit la pratique consistant à utiliser des mesures multiples d’un inventaire forestier statique (points précis dans le temps) pour mesurer le changement des attributs forestiers à travers le temps. Il explique que le changement observé peut être réel ou artificiel, et qu’il faut veiller à comprendre ce qui le provoque avant d’en rendre compte.

Renseignements supplémentaires

Méthode de déclaration des tendances de la superficie forestière

Nous pouvons estimer avec plus de précision la superficie forestière au Canada, car l’IFN a collecté suffisamment de données dans le temps pour estimer l’évolution des forêts (pour plus de détails, voir la section Quelle superficie la forêt couvre-t-elle au Canada?). Dans le passé, l’IFN disposait d’une estimation de la superficie forestière pour 2006 seulement. La déclaration des tendances a été effectuée en ajoutant le boisement connu et en retirant le déboisement de cette valeur pour chaque année de la période. Les valeurs pour le boisement et le déboisement proviennent de programmes qui n’ont pas été précisément conçus pour l’IFN.

De nos jours, l’IFN calcule la superficie forestière à l’aide d’une méthode hybride. Il dispose d’un rapport pour 2017 et des valeurs du changement annuel moyen pour la période de 2000 à 2017. Pour plus d’informations, voir l’article de Gillis (1988)6. Pour la production de rapports, les valeurs du rapport de l’IFN sont utilisées pour 2006 et 2017, et l’estimation annuelle du changement permet de calculer les valeurs pour la période allant de 2000 à 2017. Les valeurs de l’estimation du changement ne sont pas censées prédire les valeurs de la superficie forestière en dehors de la période de mesure, de sorte que de 1990 à 1999 et à partir de 2018, le boisement et le déboisement connus sont ajoutés et enlevés des valeurs de 2000 et 2017, respectivement.

  • Équation 1 :
    F2020 = F2017 − (D2017 + D2018 + D2019) + (A2017 + A2018 + A2019)

  • Équation 2 :
    F1990 = F2000 + (D1999 + D1998 + D1997 + D1996 + D1995 + D1994 + D1993 + D1992 + D1991 + D1990) − 
    (A1999 + A1998 + A1997 + A1996 + A1995 + A1994 + A1993 + A1992 + A1991 + A1990)

F indique la superficie forestière, D le déboisement et A le boisement.

L’IFN peut affirmer avec un niveau de confiance statistique que la superficie forestière du Canada a augmenté entre 2000 et 2017. À partir de 2018, l’approche du déboisement et du boisement montre de légères diminutions de la superficie forestière, qui s’établissait à 369 millions d’ha en 2023. Une fois la deuxième période de remesure achevée en 2027, l’IFN disposera d’une troisième valeur ponctuelle de la superficie forestière et pourra calculer les estimations du changement pour la période de 2018 à 2027.

Indicateur : déboisement et boisement

Le Système national de surveillance du déboisement (SNSD)2 permet de suivre l’évolution des terres forestières vers d’autres utilisations des terres partout au Canada. Le déboisement ne comprend pas la récolte suivie de la repousse de la forêt sur le site.

Le SNSD peut montrer les tendances par période, région et type de secteur industriel6.

Le taux de déboisement annuel du Canada a légèrement diminué au cours des 30 dernières années1. En 2023, 49 250 hectares (ha) de terres forestières ont été convertis en terres non forestières, comparativement à 64 000 ha en 1990.

  • Le Canada possède 9 % de la forêt mondiale3,4, mais ne compte que pour 0,37 % du déboisement mondial qui a eu lieu depuis 1990.
  • Les principaux facteurs de déboisement5 au Canada restent l’expansion de l’agriculture, l’exploitation pétrolière et gazière, ainsi que l’exploitation minière.
  • L’aménagement de réservoirs hydroélectriques produit des pics annuels notables de déboisement en raison de l’inondation des forêts, comme ce fut le cas en 1993 et en 2006.
  • Le déboisement dans la catégorie de la foresterie découle de la construction de nouveaux chemins forestiers permanents et d’autres travaux de défrichement persistants, comme les jetées.
  • La faible superficie annuelle de boisement enregistrée est nettement plus basse que la superficie annuelle de déboisement, qui est elle-même nettement plus basse que la superficie totale des forêts canadiennes.

Superficie de déboisement annuel estimée par secteur industriel au Canada, 1990–20231-2

Résumé du graphique

Comparaison de la superficie annuelle estimée de déboisement au Canada, 1990–2023, par secteur industriel :

  1. Agriculture
  2. Foresterie
  3. Extraction minière, pétrolière et gazière
  4. Zone bâtie
  5. Hydroélectricité
Superficie déboisée (en hectares)
Année Agriculture Foresterie Extraction minière, pétrolière et gazière Zone bâtie Hydroélectricité
1990 42 107 3 682 7 282 7 472 3 598
1991 38 142 3 600 7 254 7 298 6 402
1992 34 177 3 517 7 855 7 199 5 400
1993 30 217 3 435 7 952 7 126 37 323
1994 26 252 3 352 8 054 7 057 2 374
1995 22 289 3 270 8 163 7 028 1 493
1996 21 941 3 334 8 806 7 518 1 695
1997 21 597 3 398 9 146 7 513 2 014
1998 21 249 3 463 10 584 7 743 4 597
1999 20 893 3 527 11 175 8 354 6 646
2000 20 544 3 591 10 961 8 804 883
2001 20 196 3 655 10 740 9 104 882
2002 19 849 3 720 13 390 8 639 9 746
2003 19 502 3 784 13 577 8 951 3 061
2004 19 154 3 848 14 060 9 396 4 073
2005 17 982 3 452 14 758 8 946 4 035
2006 16 842 3 058 17 394 9 022 29 479
2007 15 703 2 666 17 482 8 657 3 719
2008 14 563 2 272 16 528 8 271 6 810
2009 13 422 1 879 14 037 8 313 5 072
2010 12 284 1 485 14 397 8 029 5 112
2011 14 319 1 540 15 919 8 231 2 937
2012 16 353 1 415 14 851 8 431 3 700
2013 18 390 1 289 15 444 9 105 10 776
2014 20 426 1 162 14 897 9 490 12 292
2015 22 460 1 032 15 175 10 025 8 566
2016 22 460 1 032 15 356 9 990 8 465
2017 22 460 1 032 15 184 9 762 4 175
2018 22 460 1 032 15 140 9 599 1 732
2019 22 460 1 032 14 861 9 579 2 855
2020 22 460 1 032 14 848 9 554 2 661
2021 22 460 1 032 14 760 9 538 2 733
2022 22 460 1 032 14 757 9 538 1 462
2023 22 460 1 032 14 757 9 538 1 462

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le déboisement influe sur la biodiversité, la qualité du sol, de l’air et de l’eau, ainsi que sur la disponibilité de l’habitat faunique. Les forêts stockent également plus de carbone que les autres écosystèmes terrestres en raison de leur vaste superficie à l’échelle mondiale et peuvent être aménagées de manière à atténuer les changements climatiques (p. ex., en augmentant la superficie des forêts par le boisement ou en évitant le déboisement).

Quelles sont les perspectives?

  • Le taux de déboisement au Canada devrait rester stable à son niveau actuel.
  • Les initiatives en cours et prévues de plantation d’arbres permettront d’accroître la superficie boisée dans les prochaines années et d’augmenter le couvert arboré sur les terres agricoles urbaines et rurales. La plantation d’arbres contribue aux services écosystémiques tels que la restauration de l’habitat et la séquestration du carbone.
    • Le programme 2 milliards d’arbres7 du gouvernement fédéral, lancé en 2021, est en cours de démantèlement dans le cadre du Budget 2025. Bien que l’objectif initial de planter deux milliards d’arbres d’ici 2031 ait été annulé, les accords existants couvrant près d’un milliard d’arbres seront respectés jusqu’en 2031.

Sources et informations

  1. Rapport d’inventaire national 1990–2023 : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. Environnement et Changement climatique Canada; 2025 [consulté le 6 mai 2025]. https://publications.gc.ca/collections/collection_2025/eccc/En81-4-2023-1-fra.pdf (voir la remarque a)
  2. Dyk A, Leckie D, Tinis S, Ortlepp S. Canada’s national deforestation monitoring system: system description.Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Pacifique; 2015. Rapport d’information BC-X-439. https://ostrnrcan-dostrncan.canada.ca/entities/publication/88faa5dd-47c7-40a7-907d-c719ff166dfb (voir la remarque b)
  3. Évaluation des ressources forestières mondiales. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture; consulté le 15 septembre 2025. https://www.fao.org/forest-resources-assessment/past-assessments/fra-2015/fr
  4. Inventaire forestier national. Tableau 4.0. Superficie (1 000 ha) des terres forestières et non forestières au Canada; Rapports normalisés – T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada; mis à jour en novembre 2023.
  5. Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Report on the conference of the parties on its seventh session, held at Marrakesh from 29 October to 10, November 2001; Addendum, part 2: Action taken by the conference of the parties. FCCC/CP/2001/13/Add.1. Bonn, Allemagne. https://unfccc.int/resource/docs/cop7/13a01.pdf (voir les remarques c à j)
  6. Carte narrative de surveillance de la déforestation au Canada. Service canadien des forêts; consulté le 6 mai 2025. https://ca.nfis.org/ndms/ndms_overview_fra.html
  7. Programme 2 milliards d’arbres. Gouvernement du Canada; consulté le 6 mai 2025. https://www.canada.ca/fr/campagne/2-milliards-arbres/programme-2-milliards-darbres.html

Remarques

  1. Les données et les analyses contenues dans ce rapport sur les sources de gaz à effet de serre causées par le déboisement proviennent du Système national de surveillance, de comptabilisation et production de rapports concernant le carbone des forêts (SNSCPRCF) du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, lequel utilise les données du Système national de surveillance du déboisement (SNSD) du Canada.
  2. Les estimations nationales du déboisement sont calculées périodiquement selon la méthode décrite dans cette source. Données chiffrées fournies par le SNSD du Canada, tabulation spéciale, à l’Inventaire forestier national le 25 avril 2024.
  3. Le SNSD et le SNSCPRCF définissent tous deux la forêt comme une superficie minimale de 1 ha avec un couvert arboré de plus de 25 % et des arbres ayant le potentiel d’atteindre une hauteur minimale de 5 m à maturité in situ. Cette définition est conforme à celles figurant dans les Accords de Marrakech de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, mais diffère légèrement de la définition de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture utilisée dans d’autres parties du présent rapport.
  4. Le déboisement désigne la conversion d’une terre forestière en une terre à usage non forestier. Conformément aux définitions internationales, le déboisement ne comprend pas la récolte suivie de la repousse de la forêt.
  5. Les données ont été mises à jour avec la nouvelle cartographie des réservoirs hydroélectriques.
  6. Le déboisement par le secteur forestier comprend la création de nouvelles routes d’accès forestières permanentes et de jetées.
  7. Le déboisement par le secteur hydroélectrique comprend les nouvelles emprises de lignes électriques et l’inondation des réservoirs.
  8. Le déboisement par le secteur bâti comprend les développements industriels, institutionnels ou commerciaux, ainsi que le développement urbain municipal, les loisirs (pentes de ski et terrains de golf) et le transport.
  9. Le déboisement par le secteur minier, pétrolier et gazier comprend le développement de mines pour les minéraux et la tourbe ainsi que les développements pétroliers et gaziers.
  10. Le boisement est la conversion d’une terre non forestière en terre forestière par la plantation ou l’ensemencement d’arbres.

Indicateur : volume de bois

Dans l’ensemble des vastes forêts canadiennes, le volume de bois est estimé à 49 milliards de mètres cubes1. Les provinces et territoires canadiens ainsi que le Service canadien des forêts fournissent des données sur le volume de bois à l’Inventaire forestier national (IFN), ce qui permet d’obtenir des bilans régionaux et nationaux ainsi que des informations clés sur cet important attribut forestier :

  • Les espèces diffèrent considérablement à travers le Canada. Par exemple, dans la forêt boréale, soit la région forestière la plus étendue du Canada, l’épinette et le peuplier représentent 79 % du volume total des arbres2.
  • La répartition du volume par classe d’âge, c’est-à-dire la répartition du volume des arbres entre les différentes classes d’âge, varie également considérablement au Canada. L’une des raisons est que certaines régions forestières, comme la forêt boréale, sont plus sujettes aux perturbations (p. ex., les feux et les ravageurs) que d’autres, comme les régions forestières côtières. Cela entraîne donc des différences dans l’âge moyen du volume de bois d’une région à l’autre3.

Distribution du volume de bois par classe d'âge pour l'espèce feuillue dominante et l'espèce conifère dominante de la forêt boréale au Canada, 20172

Résumé du graphique

Distribution du volume de bois sur pied par classe d’âge pour l’espèce feuillue dominante et l’espèce conifère dominante de la forêt boréale au Canada en 2017.

Classe d’âge Proportion du volume de bois de peuplier (%) Proportion du volume de bois d’épinette (%)
0–20 2,95 0,37
21 –40 6,86 3,04
41–60 12,38 6,88
61–80 29,94 12,74
81–100 26,99 14,98
101–120 12,31 30,24
121 –140 6,04 21,03
141 –160 1,99 6,74
161 –180 0,32 1,81
181 –200 0,11 0,40
201+ 0,11 1,77

Pourquoi cet indicateur est-il important?

Une bonne compréhension de la répartition du volume de bois sur l’ensemble du territoire forestier contribue à une élaboration de politiques et à une prise de décisions judicieuses. Les planificateurs et les analystes politiques canadiens dépendent de la compréhension du volume de bois pour accomplir les fonctions clés suivantes :

  • L’aménagement forestier durable : Les provinces et les territoires fixent la possibilité annuelle de coupe (PAC) pour leurs territoires. La PAC précise le volume qui peut être récolté dans chaque zone et les types d’espèces, l’âge et l’état de santé des arbres à partir desquels ce volume doit être prélevé.
  • La gestion du carbone forestier : La quantité de carbone qu’une forêt peut stocker dépend de nombreux facteurs, notamment de son volume de bois. En règle générale, les jeunes forêts avec un faible volume stockent moins de carbone que les forêts plus anciennes ayant un plus grand volume (voir l’indicateur Flux de gaz à effet de serre).

Comment les estimations du volume de bois des forêts s’améliorent-elles?

Avant 2024, les rapports annuels sur L’état des forêts au Canada utilisaient les meilleures données disponibles sur le volume de bois à un moment précis dans le temps et ajustaient les valeurs des années antérieures et futures à l’aide de données auxiliaires. Des investissements continus et l’amélioration de l’IFN permettent désormais au Canada de produire des rapports sur les tendances des volumes de bois à l’aide de mesures forestières pancanadiennes répétées et statistiquement robustes pour la période de 2000 à 2017 (et bientôt de 2000 à 2028; voir la section Renseignements supplémentaires).

Quelles sont les perspectives?

  • Les feux de forêt et d’autres perturbations naturelles continueront d’avoir des répercussions sur le volume de bois dans les forêts du Canada. Ces événements augmenteront le volume d’arbres morts, entraîneront une perte de volume dans certaines zones, modifieront la répartition des classes d’âge, les vieux peuplements étant remplacés par des peuplements plus jeunes après la perturbation, et altéreront la composition des espèces d’arbres.
  • Les changements climatiques continueront de transformer la répartition du volume de bois au Canada. Certaines régions pourraient connaître une augmentation ou une diminution du volume en raison de l’évolution des conditions climatiques.
  • Le volume de bois peut influencer la répartition géographique des lieux de résidence et d’emploi de la population canadienne. La diminution de l’approvisionnement en bois, causée par les feux de forêt ou les ravageurs, pourrait entraîner une réduction du nombre d’emplois dans le secteur forestier et un déclin démographique dans certaines collectivités, tandis que l’émergence de nouveaux marchés (comme la bioénergie ou la construction en bois massif) pourrait avoir l’effet inverse dans d’autres.

Volume de bois estimé (en millions de mètres cubes) au Canada1

Année Volume de bois
1990 47 784
1995 47 735
2000 47 292
2005 48 404
2010 49 516
2015 50 629
2016 50 851
2017 51 074
2018 50 774
2019 50 666
2020 50 736
2021 50 390
2022 50 409
2023 48 996

Sources et informations

  1. Inventaire forestier national. Tableau 15.0 : Volume total des arbres (million de m3) sur les terres forestières selon le type de forêt et la classe d’âge au Canada; Rapports normalisés—T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada; consulté le 31 juillet 2025. (voir la remarque a)
  2. Inventaire forestier national. Tableau 16.2 : Volume total des arbres (million de m3) sur les terres forestières selon le type de forêt et la classe d’âge au Canada; Rapports normalisés—T1, version 3.0., Ressources naturelles Canada; consulté le 31 juillet 2025. (voir la remarque b)
  3. Inventaire forestier national. Tableau 16.1 :  Volume total d’arbres (million de m3) selon le groupement d’essences, la classe d’âge et l’écozone terrestre au Canada; Rapports normalisés—T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada consulté le 31 juillet 2025.
  4. Kurtz, W., et al. CBM-CFS3: a model of carbon dynamics in forestry and land-use change implementing IPCC standards. 2009. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0304380008005012
  5. Gillis, MD. Estimating change from successive static forest inventories. The Forestry Chronicle. 1988;64(4):352–354. https://doi.org/10.5558/tfc64352-4 (voir la remarque c)

Remarques

  1. Cette source a servi à calculer les 49 milliards de mètres cubes de bois dans les écosystèmes forestiers du Canada. La valeur du volume de bois dans le rapport normalisé est de 50,1 millions de mètres cubes pour l’année 2017. Pour les années en dehors de la période de 2000 à 2017, lorsqu’il n’est pas possible d’utiliser une estimation de l’IFN statistiquement robuste, on utilise alors une valeur de substitution pour ajuster le volume de bois (pour plus de détails, voir la section Renseignements supplémentaires).
  2. Cette source a servi à calculer la représentation du volume pour le peuplier et l’épinette dans le paragraphe d’introduction, les puces et la figure.
  3. Cette source décrit la méthode consistant à utiliser plusieurs mesures d’un inventaire forestier statique (moments précis dans le temps) pour mesurer le changement des attributs forestiers au fil du temps. Elle explique que le changement observé peut être réel ou artificiel, et qu’il faut veiller à comprendre la cause du changement avant d’en rendre compte.

Renseignements supplémentaires

Maintenant que l’IFN a collecté suffisamment de données dans le temps pour estimer l’évolution des forêts, il est possible d’estimer plus précisément les tendances du volume de bois au Canada. Autrefois, l’IFN disposait d’une estimation ponctuelle du volume de bois pour 2006 seulement. La déclaration des tendances était alors effectuée en ajoutant et en soustrayant la variation de l’estimation du stock de biomasse aérienne (au-dessus du sol) du Système national de surveillance, de comptabilisation et production de rapports concernant le carbone des forêts (SNSCPRCF) entre 2006 et l’année à l’étude.

Aujourd’hui, l’IFN calcule le volume de bois à l’aide d’une méthode hybride. Il dispose d’une valeur ponctuelle pour 2017, et des valeurs moyennes du changement annuel couvrant la période de 2000 à 2017 (pour plus d’informations, voir Gillis5). Les valeurs ponctuelles sont utilisées pour 2006 et 2017, et l’estimation annuelle du changement permet de calculer les valeurs pour la période allant de 2000 à 2017.

Les valeurs de changement ne doivent pas être utilisées pour prédire les valeurs de volume de bois en dehors de la période de mesure. Ainsi, de 1990 à 1999 et à partir de 2018, c’est toujours l’estimation du stock de biomasse aérienne du SNSCPRCF qui sert à dériver les tendances. De 1990 à 1999 (équation 1) et à partir de 2018 (équation 2), les formules utilisées sont les suivantes :

  • Équation 1 :
    WVYC = WV2000 × (AgBYC / AgB2000)
  • Équation 2 :
    WVYC = WV2017 × (AgBYC / AgB2017)

    AgB indique la biomasse aérienne, WV le volume de bois, et YC, l’année de calcul.

L’IFN peut affirmer, avec un niveau de confiance statistique, que le volume de bois du Canada a augmenté entre 2000 et 2017. De 1990 à 1999 et à partir de 2018, le volume de bois montre de légères diminutions en utilisant la méthode du SNSCPRCF. Une fois la deuxième période de remesure achevée en 2027, l’IFN disposera d’une troisième valeur ponctuelle de volume de bois et pourra calculer des estimations du changement pour la période de 2018 à 2027.

Hypothèses du SNSCPRCF :

  • Les variations du volume de bois devraient être étroitement liées aux variations de la biomasse forestière aérienne (au-dessus du sol) et du carbone de cette biomasse.
  • Généralement, les données sur le volume de bois servent à dériver les données sur la biomasse aérienne et le carbone, mais l’inverse a été fait ici afin d’utiliser les données des séries chronologiques annuelles du SNSCPRCF.
  • Dans le SNSCPRCF, le Modèle du bilan du carbone du secteur forestier canadien (MBC-SFC3) utilise les données d’accroissement du volume de bois marchand et les convertit en biomasse, puis en carbone. Cependant, cela se passe en interne dans le modèle, et les sorties de MBC-SFC3 sont toutes en unités de carbone4.
  • Notez que le SNSCPRCF ne fournit pas de données pour toutes les forêts du Canada. On suppose ici que la tendance du stock de carbone de la biomasse aérienne dans les forêts aménagées du Canada est un bon indicateur de la tendance du volume de bois pour l’ensemble des forêts du Canada (aménagées et non aménagées)5.

Comment les forêts canadiennes sont-elles récoltées de manière durable?

L’aménagement forestier durable (AFD) vise à maintenir et à renforcer les valeurs environnementales, sociales et économiques des forêts afin de préserver leur disponibilité pour les générations actuelles et futures. Au Canada, les forêts sont aménagées selon les principes de l’AFD. En 2023, environ 670 000 hectares de forêts canadiennes ont été récoltés, ce qui représente à peu près 0,2 % des terres forestières1.

Niveaux de récolte et matériel sur pied

Comme il existe un large éventail de types de forêts au Canada, les méthodes de récolte varient selon la composition, la structure et la fonction d’un peuplement forestier (p. ex., filtration de l’eau, habitat pour la biodiversité, source de bois et de produits forestiers non ligneux). Pour s’assurer de la durabilité d’une zone forestière, les niveaux de récolte sont déterminés par la possibilité annuelle de coupe (PAC). La PAC est la quantité de bois que les provinces et les territoires estiment pouvoir récolter durablement chaque année, sur la base du volume total disponible2. La PAC est établie dans le cadre d’un plan stratégique à long terme pour l’AFD.

Inventaire forestier et surveillance

Des techniques (p. ex., mesures au sol, télédétection et modélisation) sont utilisées pour caractériser avec précision les forêts actuelles et futures. Les progrès technologiques améliorent sans cesse la précision et l’efficacité de la planification. Des efforts sont en cours pour intégrer des technologies numériques au secteur forestier, en fournissant aux planificateurs forestiers des mises à jour en temps réel des récoltes et des inventaires3. Les mises à jour continues permettront d’améliorer les modèles d’approvisionnement en bois, ce qui se traduira par une meilleure surveillance, des inventaires forestiers plus précis et des stratégies de récolte mieux adaptées.

Planification de l’aménagement forestier

Toute récolte effectuée sur les terres publiques du Canada doit, par la loi, faire partie d’un plan d’aménagement forestier approuvé par la province ou le territoire4-7. Un plan d’aménagement forestier présente l’état actuel de la superficie forestière concernée et les objectifs à atteindre, conformément aux lois, règlements et politiques en vigueur, pour refléter diverses valeurs comme la préservation de la biodiversité, la protection des modes de vie autochtones et le renforcement des industries forestières respectueuses de l’environnement. Il propose également des stratégies pour atteindre les objectifs d’AFD à long terme, en tenant compte des changements climatiques et des perturbations naturelles. Les plans d’aménagement forestier sont très complexes et nécessitent l’intervention de divers experts, sous la direction de forestiers professionnels. Afin de veiller à bien cerner les principaux objectifs et valeurs, le processus comprend une participation du public et des parties prenantes8. La participation des Autochtones joue également un rôle essentiel à l’intégration du savoir, des valeurs et des pratiques traditionnels dans la planification et les opérations. Dans certaines régions du Canada, des ententes officielles confient la direction des plans d’aménagement forestier aux peuples autochtones.

Régénération de forêts productives

La régénération est une exigence essentielle à la suite de toute activité de récolte sur les terres publiques afin de conserver une forêt productive conforme aux principes de l’AFD. La régénération peut être naturelle ou artificielle, selon le type de forêt concerné. Les changements climatiques posent certains défis à la régénération, en raison de l’évolution de l’adaptabilité des espèces à leur milieu. Planter des espèces résilientes et adaptées au climat constitue une façon d’accroître le succès de la régénération. Les recherches en cours soutiennent les programmes d’amélioration forestière visant à produire des semis plus résistants. Ces programmes s’intègrent dans des stratégies de sylviculture adaptative conçues pour atténuer les effets des changements climatiques9.

Sources et informations

  1. Base de données nationale sur les forêts. Superficie récoltée par appartenance, aménagement et méthode de récolte; Rapports normalisés—T1, version 3.0. Ressources naturelles Canada; mis à jour en novembre 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/harvest.php
  2. British Columbia Forest Act. RSBC 1996, c157. https://www.bclaws.gov.bc.ca/civix/document/id/complete/statreg/96157_00_multi
  3. Kingsbury N, Fauteux S. Les faits saillants de notre travail de 2020 à 2024. Ressources naturelles Canada; 2024 [consulté le 1er août 2025]. https://publications.gc.ca/collections/collection_2025/rncan-nrcan/Fo4-233-2024-fra.pdf
  4. Forests Act. RSNS 1989, c 179. https://nslegislature.ca/sites/default/files/legc/statutes/forests.pdf
  5. Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier. RLRQ 2010, c A-18.1. https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/tdm/lc/A-18.1?mode=detail
  6. Projet de loi no 97, Loi visant principalement à moderniser le régime forestier. Assemblée nationale du Québec. Consulté le 2 septembre 2025. https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-97-43-1.html
  7. Environnement et Changement climatique : Loi sur les forêts. Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Consulté le 2 septembre 2025. https://www.gov.nt.ca/ecc/fr/services/initiatives-legislatives/loi-sur-les-forets
  8. Forest stewardship. Province of British Columbia; mis à jour le 6 mars 2025. https://www2.gov.bc.ca/gov/content/industry/forestry/managing-our-forest-resources
  9. Thiffault N, Fera J et al. Adaptive silviculture for climate change in the Great Lakes-St. Lawrence Forest Region of Canada: background and design of a long-term experiment. The Forestry Chronicle. 2024;100(2):155–164. https://doi.org/10.5558/tfc2024-016

Indicateur : superficie forestière récoltée

Bien que la superficie forestière récoltée dans les forêts privées suive la même tendance que celle des forêts publiques, elle représente annuellement une portion stable d’environ 11 % de la superficie totale au Canada. Toutefois, les forêts privées présentent une proportion moins élevée de coupes totales que les terres publiques, soit 70 % contre 86 %. Cette différence s’explique notamment par une plus forte proportion de forêt boréale en terres publiques qu’en terres privées.

La coupe totale permet le retrait de la presque totalité des arbres de valeur commerciale d’un peuplement. Cette méthode libère l’espace de croissance pour l’établissement ou le développement de la régénération forestière.

Le niveau d’activité industrielle dans les forêts canadiennes est évalué à l’aide du suivi de la superficie totale récolté chaque année. Ce suivi permet d’estimer la durabilité à long terme des activités de récolte. En 2023, la superficie totale récoltée était estimée à près de 670 000 ha,1 soit une diminution de moins de 1 % par rapport à 2022.

  • Les plus fortes diminutions sont survenues en Nouvelle-Écosse (25 %, 6 800 ha) et en Colombie-Britannique (−19 %, 20 900 ha), alors que des hausses sont observées en Alberta (16 %, 14 400 ha) et au Nouveau-Brunswick (8 %, 5 700 ha).
  • La diminution globale peut s’expliquer en partie par la saison de feux de forêt record, qui a limité les opérations de récolte dans plusieurs provinces durant l’été 2023.
  • En Colombie-Britannique, la diminution des superficies récoltées s’explique encore cette année par l’impact de l’épidémie de dendroctone du pin ponderosa.
  • Les taux d’intérêt hypothécaire ont atteint un sommet en 2023, ce qui a contribué à une diminution du nombre de nouvelles mises en chantier résidentielles au Canada tout comme aux États-Unis, entraînant une baisse de la demande des produits du bois, et donc des superficies récoltées.

Superficie forestière récoltée sur des terres privées et publiques au Canada, 2013—20231

Résumé du graphique

Comparaison de la superficie forestière récoltée sur les terres publiques par rapport aux terres privées de 2013 à 2023.

Superficie récoltée (en hectare)

Année Terres publiques provinciales et territoriales Terres privées
2013 701 957 73 184
2014 675 913 73 693
2015 738 316 72 296
2016 718 980 74 856
2017 726 398 73 123
2018 704 091 92 860
2019 677 572 92 058
2020 666 091 78 750
2021 642 010 83 087
2022 601 548 73 270
2023 598 289 71 522

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le secteur forestier canadien représente une partie importante de l’économie des communautés rurales du pays.
  • La superficie forestière récoltée constitue un indicateur clé du niveau d’activité économique du secteur forestier canadien.
  • La faible diminution des superficies récoltées par rapport à 2022, malgré la saison record des feux de 2023, indique un maintien des activités économiques du secteur.

Quelles sont les perspectives?

  • Certaines des superficies touchées par les feux de forêt seront récupérées pour valoriser le bois affecté et favoriser une remise en production forestière.
  • Par la suite, l’impact des feux sera évalué, et il est possible que les superficies disponibles pour la récolte soient révisées à la baisse afin de tenir compte des pertes plus importantes que prévu et d’assurer la durabilité des récoltes à long terme.
  • Les taux d’intérêt élevés pourraient contribuer à un ralentissement de la demande de nouvelles habitations, diminuant la demande pour les produits du bois canadien largement utilisés en construction résidentielle.

Sources et informations

  1. Base de données nationale sur les forêts. Superficie récoltée par appartenance, aménagement et méthode de récolte. 1990–2022. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/harvest.php (voir les remarques a et b)

Remarques

  1. Les données comprennent les terres forestières provinciales et territoriales, publiques et privées, soumises à des méthodes d’aménagement équienne (coupe à blanc), inéquienne (coupe sélective) et d’éclaircie commerciale.
  2. Le graphique ne présente pas les terres fédérales, car leur petite superficie ne peut être représentée à l’échelle donnée.

Indicateur : régénération forestière

En 2023, 563 millions de semis1 ont été plantés sur 400 000 hectares (ha) de terres provinciales et territoriales2 pour régénérer les forêts du Canada. De plus, 7 000 ha ont été régénérés par ensemencement direct3.

  • La superficie plantée et le nombre de semis plantés ont légèrement diminué par rapport à 2022. Dans l’ensemble, les taux de 2023 sont inférieurs de près de 5 % à la moyenne sur 10 ans.
  • Les taux de plantation d’arbres ont atteint un sommet en 2021, et ont depuis diminué de 11 %.
  • Les niveaux records de la période 2017-2021 s’expliquent principalement par les efforts de régénération suivant des saisons de feux de forêt particulièrement intenses, ainsi que par la volonté d’utiliser les forêts comme une solution fondée sur la nature pour lutter contre les changements climatiques4.
  • La régénération réussie constitue une exigence à la suite de toute récolte forestière effectuée sur les terres publiques.
  • Le type de forêt et le système sylvicole déterminent la méthode de régénération (naturelle ou artificielle).
  • La régénération artificielle (plantation ou ensemencement) a été appliquée dans 50 % à 60 % de la superficie récoltée au cours des 20 dernières années.
  • La régénération artificielle est parfois utilisée pour faciliter le rétablissement après les feux de forêt.

Superficie régénérée artificiellement et nombre de semis plantés sur les terres publiques provinciales et territoriales au Canada, 2013–2023 13

                

Résumé du graphique

Le nombre de semis plantés et la comparaison entre la superficie plantée, et la superficie ensemencée par année de 2013 à 2023.

Superficie régénérée artificiellement et nombre de semis plantés.
Année Superficie plantée Superficie ensemencée Nombre de semis plantés (en million)
2013 420 167 11 638 554
2014 412 939 17 268 550
2015 401 178 19 764 576
2016 401 895 28 889 608
2017 432 028 17 909 616
2018 428 091 6 858 611
2019 441 097 8 802 617
2020 429 820 9 261 616
2021 451 296 8 625 633
2022 409 190 9 767 579
2023 400 032 7 058 563

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les activités de régénération permettent aux superficies récoltées, et parfois à celles ayant subi des perturbations naturelles comme les feux de forêt et les ravageurs, de régénérer la forêt et de continuer à produire du bois d’œuvre et à maintenir les services écosystémiques, comme le stockage du carbone, la régulation de la qualité de l’eau et la présence d’habitats fauniques.
  • La méthode employée pour régénérer les forêts peut influencer la composition de celles-ci. La régénération artificielle est surtout utilisée pour les conifères (résineux).

Quelles sont les perspectives?

  • Le taux de régénération d’une année donnée est étroitement lié aux niveaux de récolte des dernières années. Ces niveaux sont influencés par les conditions du marché, mais restent dans les limites de l’aménagement durable des forêts. Tant le niveau de récolte que la production de produits forestiers suivent une tendance à la baisse.
  • La Colombie-Britannique représente près de 50 % de l’activité de régénération artificielle au Canada. Toutefois, en raison de l’épidémie de dendroctone du pin ponderosa, les taux de récolte sont en baisse, ce qui pourrait entraîner une diminution de la plantation d’arbres dans la province5.
  • L’étendue historique des superficies brûlées par des feux de forêt en 20236 pourrait susciter l’accélération des efforts de reboisement dans ces zones, ce qui entraînerait une augmentation de la plantation d’arbres à court terme.

Sources et informations

  1. Base de données nationale sur les forêts. Nombre de semis plantés par appartenance et groupe d’espèces. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/regeneration.php (voir la remarque a)
  2. Base de données nationale sur les forêts. Superficie plantée par appartenance et groupe d’espèces. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/regeneration.php (voir la remarque a)
  3. Base de données nationale sur les forêts. Superficie ensemencée directement par appartenance et méthode d’application. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/regeneration.php (voir la remarque a)
  4. A billion trees planted will benefit B.C. for generations. Government of British Columbia; consulté le 14 mai 2025. https://news.gov.bc.ca/releases/2021FLNRO0091-002141
  5. Trends in timber harvest in B.C. Government of British Columbia; mis à jour en mai 2018. http://www.env.gov.bc.ca/soe/indicators/land/timber-harvest.html
  6. Base de données nationale sur les forêts. Superficie forestière brûlée et nombre d’incendies. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/fires.php

Remarques

  1. Les données concernent les forêts des terres publiques provinciales et territoriales du Canada. Les terres fédérales et privées sont exclues.

Renseignements supplémentaires

La régénération naturelle est souvent l’approche la plus efficace pour régénérer les superficies récoltées. C’est notamment le cas lorsqu’il existe déjà une importante régénération en sous-étage et un approvisionnement suffisant en semences (p. ex., l’épinette noire des basses terres et les feuillus tolérants, respectivement). Un autre scénario est celui où des espèces d’arbres qui peuvent repousser à partir de systèmes racinaires établis sont présentes et souhaitées (p. ex., le peuplier faux-tremble). La superficie de forêt régénérée naturellement n’est pas déclarée par juridiction (provinces et territoires); elle est donc estimée comme étant la différence entre la superficie totale récoltée et la superficie régénérée artificiellement.

La régénération artificielle convient aux sites où la régénération naturelle souhaitée est insuffisante et où l’objectif est d’atteindre les cibles de composition des espèces répondant aux objectifs d’aménagement forestier durable.

Indicateur : volume récolté par rapport à l’approvisionnement en bois durable

L’approvisionnement en bois durable désigne le volume de bois d’œuvre qui peut être récolté annuellement sur les terres fédérales, provinciales, territoriales et privées, tout en respectant les objectifs environnementaux, économiques et sociaux à long terme établis dans les législations qui régissent la récolte de bois d’œuvre. Dans cet indicateur, l’approvisionnement en bois désigne uniquement l’approvisionnement en bois rond industriel.

En 2023, le Canada a récolté près de 114,9 millions de mètres cubes (m3) de bois rond industriel1, un volume bien inférieur au niveau estimé d’approvisionnement en bois durable de 209,5 millions de m3 2.

  • Le volume de bois rond industriel récolté a diminué de 13 millions de m3 par rapport à 20221. Parallèlement, l’approvisionnement en bois estimé comme durable a diminué de 5,4 millions de m3 2.
  • L’écart entre le volume de bois rond industriel récolté et le niveau d’approvisionnement de bois jugé durable s’accentue. En 2023, la proportion de bois récolté par rapport à l’approvisionnement durable en bois était inférieure de 11,6 % à la moyenne observée durant la dernière décennie (2013-2022)1,2.
  • Le Canada continue de récolter à un niveau inférieur à celui considéré comme durable.
  • La baisse globale de l’approvisionnement et la réduction simultanée de la récolte sont principalement attribuables à la Colombie-Britannique1,2, qui a été fortement touchée par les feux de forêt.

Récolte annuelle par rapport à l'approvisionnement jugé durable au Canada, 1990–202312

               

Résumé du graphique

Comparaison entre les volumes annuels de récolte et d’approvisionnement pour les feuillus, les résineux et le total de ceux-ci de 1990 à 2023.

Volume de bois (en million de mètres cubes)
Année Total de l’approvisionnement en bois Récolte totale Approvisionnement en bois d’œuvre résineux Récolte en bois d’œuvre résineux Approvisionnement en bois de feuillus Récolte en bois de feuillus
1990 254,3 156,4 183,1 141,2 63,6 15,2
1991 252,7 154,2 183,2 138,5 62,0 15,7
1992 248,0 163,7 179,7 146,8 60,6 16,9
1993 244,5 169,6 177,2 150,5 59,7 19,1
1994 244,8 177,4 176,6 154,2 60,5 23,2
1995 240,8 183,2 173,6 157,4 59,5 25,7
1996 241,3 177,9 173,4 151,3 60,3 26,6
1997 243,7 183,6 174,7 153,8 61,4 29,8
1998 239,2 172,0 172,7 140,9 61,8 31,1
1999 243,0 196,7 176,3 162,8 61,6 33,9
2000 236,7 199,5 174,3 163,3 60,5 36,2
2001 237,4 184,4 176,2 149,9 60,7 34,5
2002 238,6 195,4 177,4 159,6 61,2 35,7
2003 241,1 181,4 178,8 143,8 62,0 37,6
2004 248,1 208,1 185,8 168,5 62,0 39,6
2005 246,4 201,3 183,3 165,2 62,7 36,1
2006 249,3 182,5 186,5 148,7 62,5 33,7
2007 253,6 162,1 191,0 134,6 62,6 27,3
2008 252,5 138,3 190,9 114,2 61,3 23,9
2009 242,0 115,8 181,8 94,3 59,9 21,4
2010 237,7 141,0 179,0 117,4 58,6 23,5
2011 232,7 147,0 174,7 121,0 57,8 25,9
2012 230,6 149,3 173,4 124,6 57,1 24,7
2013 228,0 151,1 171,6 126,0 56,5 25,1
2014 230,6 150,1 171,8 124,9 58,8 25,1
2015 222,6 155,6 164,6 128,2 56,7 27,3
2016 219,1 155,2 161,7 126,4 57,4 28,8
2017 218,9 152,6 161,7 126,5 57,0 26,1
2018 217,1 154,5 159,5 127,8 57,5 26,7
2019 215,7 139,2 158,3 113,1 57,1 26,1
2020 216,0 138,2 157,9 112,5 56,9 25,7
2021 216,5 137,0 158,7 111,6 57,8 25,4
2022 215,4 127,9 156,4 105,1 59,0 22,8
2023 210,0 114,9 151,0 90,8 59,0 24,1

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les aménagistes forestiers surveillent le volume de bois rond industriel récolté chaque année pour s’assurer qu’il se situe dans les limites de durabilité à long terme, telles qu’énoncées dans la législation et les politiques provinciales qui encadrent la récolte sur les terres provinciales.
  • Les récoltes sur les terres publiques provinciales sont régies par la possibilité annuelle de coupe (PAC) fixée par chaque province. La PAC tient compte de l’inventaire forestier existant et de la dynamique forestière prévue, notamment la croissance et la mortalité.

Quelles sont les perspectives?

  • Les niveaux de récolte devraient rester inférieurs à l’approvisionnement en bois durable.
  • Bien qu’elle soit tempérée par la volatilité du marché, la demande pour les produits en bois canadiens restera forte, en raison de la grande qualité de la pâte à papier canadienne et de la demande de logements.
  • L’approvisionnement durable en bois continuera de diminuer au cours des prochaines années, car les PAC de plusieurs territoires sont réduites en réponse à divers facteurs. Parmi ceux-ci figurent des épidémies d’insectes (p. ex., dendroctone du pin ponderosa, tordeuse des bourgeons de l’épinette), des ouragans, d’importants feux de forêt et des mesures prises pour protéger l’habitat du caribou des bois et les forêts anciennes.

Sources et informations

  1. Base de données nationale sur les forêts. Volume marchand net de bois rond récolté par appartenance, catégorie et groupe d’espèces. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/harvest.php (voir les remarques a et b)
  2. Base de données nationale sur les forêts. L’approvisionnement en bois, estimations par appartenance et groupe d’espèces. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023.http://nfdp.ccfm.org/fr/data/woodsupply.php (voir les remarques c et d)

Remarques

  1. Les récoltes comprennent le bois rond industriel total et excluent le bois de chauffage et de foyer.
  2. L’écart entre les volumes récoltés de « bois rond industriel total » et la somme des volumes de « bois résineux industriel total » et de « bois feuillus industriel total » est attribuable à une très petite quantité de récolte classée dans la catégorie « Indéterminée ». Généralement, cette récolte a lieu dans des forêts mixtes où ni la catégorie des résineux ni celle des feuillus ne s’appliquent strictement, et elle représente moins de 1 % du volume récolté du bois rond industriel total. De plus amples informations sur ces données sont disponibles dans la Base de données nationale sur les forêts.
  3. L’approvisionnement en bois comprend les coupes annuelles permises pour les terres publiques provinciales et territoriales et les récoltes potentielles pour les terres fédérales et privées.
  4. L’écart entre les volumes d’approvisionnement en « bois rond industriel total » et la somme des volumes d’approvisionnement en « bois résineux industriel total » et en « bois feuillus industriel total » est dû à une très petite quantité de récolte classée dans la catégorie « non spécifié ». Cet approvisionnement représente une partie de l’approvisionnement en bois fédéral qui n’a pas été différencié entre « bois résineux » et « bois feuillus ».

Comment les perturbations façonnent-elles les forêts du Canada?

Les perturbations naturelles comme les épidémies d’insectes, les tempêtes et les feux de forêt jouent un rôle essentiel dans la formation et le renouvellement des forêts canadiennes. Toutefois, les changements climatiques accentuent ces perturbations et, dans certains cas, les rendent plus fréquentes, ce qui pose de nouveaux défis à nos forêts. Le Canada prend des mesures dans le cadre de divers programmes pour aider ses forêts à s’adapter.

Cette carte montre les répercussions et les défis des changements climatiques dans différentes régions du Canada1. Ces répercussions comprennent :

  • la réduction de la couverture de glace
  • la prolifération des ravageurs
  • la dégradation du pergélisol
  • le changement de l’aire de répartition des animaux
  • la réduction de la fiabilité des routes de glace
  • l’augmentation des incidents de sécheresse
  • l’augmentation des températures
  • l’augmentation des épisodes de vents extrêmes
  • la baisse du niveau des eaux des Grands Lacs
  • l’élévation du niveau de la mer
  • l’augmentation de l’érosion côtière.

Version texte

Une carte du Canada représentant 10 impacts différents du changement climatique à travers le pays. Ces impacts comprennent : une couverture glaciaire réduite, augmentation des ravageurs, dégradation du pergélisol, couverture de glace réduite, modification de la répartition des animaux, fiabilité réduite des routes de glace, incidents de sécheresse, augmentation des températures, l'augmentation des vents extrêmes, baisse des niveaux d’eau des Grands Lacs, et élévation du niveau de la mer, et augmentation de l’érosion côtière.

Comment le Canada aide-t-il ses forêts à s’adapter aux perturbations?

Chaque type de perturbation a des effets différents sur les forêts. Par exemple, les épidémies d’insectes peuvent entraîner la mort d’un grand nombre d’arbres, les tempêtes peuvent briser des branches ou déraciner des arbres, et, à leur tour, les feux de forêt peuvent éliminer les arbres morts ou en mauvaise santé. Ainsi, chacune de ces perturbations naturelles peut contribuer à créer de l’espace pour la régénération, laissant la place à de nouvelles pousses. Parmi les exemples marquants de ces effets, on peut citer les dommages causés aux peuplements de pins dans les provinces de l’Ouest au cours des dernières décennies à la suite d’épidémies de dendroctone du pin ponderosa, les dégâts engendrés par la tempête de verglas en Ontario et au Québec en 2025, et les feux de forêt en Colombie-Britannique provoqués, en partie, par des épisodes de chaleur extrême ou de vents violents. Dans le cadre de la Stratégie nationale d’adaptation, le Canada mène des recherches sur les perturbations forestières et leurs relations avec les changements climatiques afin d’accroître la santé et la résilience des forêts1.

Protéger les forêts contre les insectes envahissants et les maladies

Les ravageurs indigènes peuvent libérer de l’espace pour l’établissement de nouveaux arbres, mais une perte excessive d’arbres peut nuire aux forêts et aux économies locales. Les ravageurs exotiques, soit ceux provenant d’autres régions, peuvent quant à eux causer des dommages imprévisibles ou extrêmement graves2. Le Canada travaille à protéger ses forêts en contrôlant les populations d’insectes et d’agents pathogènes indigènes et en empêchant l’introduction d’espèces envahissantes.

Exemples de collaborations et de recherches récentes :

  • La maladie de la suie de l’érable : Cette maladie est attribuable à la présence d’un champignon indigène (Cryptostroma corticale) qui s’attaque aux érables3. Des épisodes de chaleur et de sécheresse, comme la canicule qui a sévi sur la côte du Pacifique en 2021 et la sécheresse qu’a connue la Colombie-Britannique en 2022, ont favorisé la propagation de cette maladie4. Les chercheurs du Service canadien des forêts (SCF) ont mis au point des essais moléculaires permettant de la détecter rapidement dans la nature.
  • L’agrile du frêne : Ce coléoptère envahissant, qui entraîne la mort des frênes dans tout l’est de l’Amérique du Nord a été détecté en 2023 à Vancouver, en Colombie-Britannique. Le SCF et l’Agence canadienne d’inspection des aliments ont travaillé ensemble pour cartographier son introduction et limiter sa propagation.
  • La spongieuse : Cet insecte envahissant établi dans l’est de l’Amérique du Nord est régulièrement introduit dans l’ouest du Canada en raison de son transport accidentel par véhicules et cargaisons. Les chercheurs du SCF mettent au point des outils moléculaires pour surveiller les introductions et confirmer l’efficacité des efforts d’éradication mis en œuvre par le gouvernement de la Colombie-Britannique.

Renforcer la protection contre les feux de forêt

La stratégie nationale du Canada en matière de feux de forêt rassemble les gens autour d’un plan commun visant à prévenir les feux de forêt et à en réduire les dommages.

Exemples de moyens clés utilisés par le Canada pour lutter contre les feux de forêt :

  • Surveiller les feux depuis l’espace : La mission GardeFeu, une mission satellitaire opérationnelle de Ressources naturelles Canada, de l’Agence spatiale canadienne et d’Environnement et Changement climatique Canada, utilisera une technologie innovante pour effectuer le suivi des feux de forêt dans tout le pays et présenter des données en temps quasi réel aux décideurs5.
  • Utiliser le savoir écologique traditionnel des Premières Nations : Pendant des milliers d’années, les Premières Nations ont eu recours au brûlage dirigé pour la gestion des forêts. Ces petits feux préviennent les feux de plus grande ampleur, aident les forêts à repousser plus vigoureusement et maintiennent les liens culturels avec la terre6,7.
  • Protéger les communautés : L’Initiative pour un avenir résilient face aux feux de forêt soutient les actions de prévention et d’atténuation des feux de forêt, comme le défrichement du bois mort, la création de coupe-feux et l’utilisation de petits brûlages dirigés à proximité des villes8.
  • S’engager en faveur de la Charte de Kananaskis sur les feux de forêt9 : Approuvée par le G7 lorsque le Canada en assurait la présidence en 2025, la Charte vise à renforcer les capacités mondiales de prévention, d’intervention et de rétablissement en matière de feux de forêt. Elle définit les actions prioritaires à mener avant, pendant et après les feux de forêt, que les pays peuvent entreprendre seuls ou en collaboration. Ces actions comprennent le renforcement de la capacité mondiale à se préparer et à réagir aux feux de forêt en faisant progresser les outils et les technologies des systèmes d’alerte précoce, le partage de données, l’atténuation des répercussions sur la santé humaine, l’amélioration de l’interopérabilité des interventions et l’exploration de moyens pour améliorer l’accès à de l’équipement de lutte contre les incendies à l’échelle mondiale.

Les perturbations forestières ont une incidence sur le bilan de carbone

  • Les arbres absorbent le dioxyde de carbone de l’atmosphère et le stockent sous forme de biomasse vivante dans les feuilles, les branches, le bois du tronc et les racines.
  • Les forêts libèrent également du carbone dans l’atmosphère. Ce phénomène se produit lorsque les arbres respirent ou lorsque la décomposition de la litière de feuilles, du sol et des débris ligneux libère du carbone. Les perturbations comme les feux de forêt peuvent également entraîner la libération du carbone directement dans l’atmosphère. D’autres perturbations, comme les attaques d’insectes et les récoltes, génèrent davantage de débris qui se décomposeront par la suite10.
  • Lorsque des arbres sont récoltés, une partie du carbone demeure stockée dans les produits en bois à longue durée de vie, et peut y rester pendant de nombreuses années.

Le Canada suit ce bilan de carbone à l’aide des outils suivants :

  • le Système national de surveillance, de comptabilisation et production de rapports concernant le carbone des forêts, qui recueille des données sur les feux de forêt, les insectes et l’exploitation forestière11
  • le Modèle du bilan du carbone, qui évalue l’incidence des perturbations sur le carbone forestier12

Ces outils permettent de mettre en évidence les répercussions des perturbations sur l’équilibre entre le carbone stocké et le carbone libéré.

En travaillant dès maintenant de manière collective pour relever les défis posés par les perturbations, les Canadiens peuvent contribuer à maintenir des forêts en santé, à soutenir la faune et à ralentir les changements climatiques pour les générations à venir.

Sources et informations

  1. Stratégie nationale d’adaptation du Canada. Gouvernement du Canada; 2023 [mis à jour le 1er août 2023]. https://www.canada.ca/fr/services/environnement/meteo/changementsclimatiques/plan-climatique/strategie-nationale-adaptation/strategie-complete.html
  2. Lutte contre les ravageurs forestiers exotiques envahissants. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 10 janvier 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/insectes-perturbations-forets/lutte-contre-ravageurs-forestiers-exotiques-enhavissants
  3. La maladie de la suie de l’érable (Cryptostroma corticale). iNaturalist; consulté le 22 mai 2025. https://www.inaturalist.org/taxa/781808-Cryptostroma-corticale
  4. VanCamp M. Mystère dans les érables : Découverte de la propagation de la maladie de la suie en Colombie-Britannique. Ressources naturelles Canada; 2025 [mis à jour le 20 mars 2025]. https://ressources-naturelles.canada.ca/histoires/science-simplifiee/mystere-dans-erables-decouverte-propagation-maladie-suie-colombie-britannique
  5. Mission GardeFeu. Gouvernement du Canada; mis à jour le 3 mai 2025. https://www.asc-csa.gc.ca/fra/satellites/gardefeu/
  6. Traditional ecological knowledge: the cornerstone of Indigenous climate adaptation in Canada. Indigenous Climate Hub; 2024. https://indigenousclimatehub.ca/2024/04/traditional-ecological-knowledge-the-cornerstone-of-indigenous-climate-adaptation-in-canada/
  7. La protection contre les incendies dans les communautés des Premières Nations. Gouvernement du Canada; mis à jour le 3 juillet 2025. https://www.sac-isc.gc.ca/fra/1317842518699/1535120096924 (voir la remarque a)
  8. Initiative pour un avenir résilient face aux incendies de forêt. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 29 juillet 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/feux-vegetation/initiative-avenir-resilient-incendies-foret
  9. Charte de Kananaskis sur les feux de forêt [déclaration]. G7 2025 Kananaskis; 17 juin 2025. https://g7.canada.ca/fr/nouvelles-medias/nouvelles/charte-de-kananaskis-sur-les-feux-de-foret/
  10. La forêt canadienne est-elle un puits ou une source de carbone? Ressources naturelles Canada; 2024. Mis à jour en mars 2025. https://publications.gc.ca/collections/collection_2007/nrcan-rncan/Fo93-1-2-2007F.pdf) (voir la remarque b)
  11. Système canadien de déclaration du carbone forestier. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 7 mars 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/changements-climatiques/carbone-forestier/comptabilisation-carbone-forestier
  12. Le Modèle du bilan du carbone. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 11 juillet 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/changements-climatiques/changements-climatique-forets/modele-bilan-carbone (voir la remarque b)
  13. Global Forest Ressources Assessment 2025 Canada – Report. Food and Agriculture Organization of the United Nations. Mis à jour le 21 octobre 2025. https://openknowledge.fao.org/items/1e3395bb-3955-472a-a3c6-668253125266
  14. Limiter les dégâts : Réduire les coûts des impacts climatiques pour le Canada. Institut climatique du Canada; 2022 [consulté le 15 mai 2025]. https://institutclimatique.ca/reports/limiter-les-degats/ (voir la remarque c)

Remarques

  1. Services aux Autochtones Canada consacre un budget annuel de 16,5 millions de dollars auquel s’ajoutent des sommes supplémentaires de 47,7 millions de dollars (2019-2024) et de 39,2 millions de dollars (2022-2027) pour des programmes ciblés, afin de soutenir le développement du programme Intelli-feu et d’autres activités de gestion des feux de forêt dirigées par les Premières Nations. Ces initiatives associent le savoir traditionnel en matière de feux à des équipements et à des formations modernes afin de réduire les risques de feux de forêt et de renforcer la résilience des communautés7. De plus, le programme Combattre et gérer les feux de forêt dans un climat en changement, qui a débuté en 2022, fournit un financement à coûts partagés de 364,1 millions de dollars sur 5 ans aux provinces, aux territoires et aux organisations autochtones pour l’achat d’équipements de lutte contre les incendies et la formation de nouveaux pompiers luttant contre les feux de végétation afin d’améliorer les interventions face aux feux de forêt dans l’ensemble du Canada.
  2. Les 225 millions d’hectares de forêts aménagées au Canada (sur les 369 millions d’hectares que compte le pays)13 font l’objet d’un suivi à l’aide du Modèle du bilan du carbone du secteur forestier canadien12. Ce modèle indique que les forêts aménagées ont été une source nette de carbone au cours des dernières décennies, rejetant plus de dioxyde de carbone qu’elles en absorbent en raison de perturbations comme les grands feux de forêt, les épidémies d’insectes et les émissions provenant de la récolte du bois10.
  3. La modélisation des incidences des changements climatiques réalisée par l’Institut climatique du Canada prévoit que le pays subira des pertes annuelles de 25 milliards de dollars à partir de 2025 en raison des changements climatiques. Sans efforts d’adaptation supplémentaires, les dommages annuels sont estimés entre 78 milliards de dollars (scénario de faibles émissions) et 101 milliards de dollars (scénario d’émissions élevées) par année d’ici 205014.

Indicateur : insectes forestiers

Les insectes, ainsi que d’autres organismes, produisent des substances sémiochimiques, qui agissent comme des signaux olfactifs pour les aider à s’orienter et à communiquer en forêt. Ces substances sémiochimiques présentent souvent une structure chimique très spécifique. Elles peuvent être produites par des proies, des plantes hôtes ou des partenaires sexuels. La compréhension des substances sémiochimiques est importante pour déterminer les modes de déplacement d’un ravageur dans un environnement, et peut aider à surveiller des populations à l’aide de pièges utilisant des substances sémiochimiques.

En 2023, 11,6 millions d’hectares (ha) de forêts canadiennes ont été touchés par les insectes1, soit une baisse de 11,4 % par rapport à 2022.

  • L’importante épidémie de spongieuse en Ontario continue de s’atténuer; la défoliation a encore reculé de 95 % en 2023 par rapport à 2022.
  • En 2023, la défoliation due à la tordeuse des bourgeons de l’épinette est demeurée élevée au Québec. Des réductions notables ont été observées à Terre-Neuve-et-Labrador et dans les Territoires du Nord-Ouest.
  • Globalement, la mortalité des arbres causée par le dendroctone de l’épinette, qui a connu une baisse de 33 % en Colombie-Britannique entre 2022 et 2023, continue de diminuer.
  • De 2022 à 2023, la défoliation causée par la tordeuse du pin gris a diminué de plus de 50 % en Ontario, est demeurée stable au Manitoba et a été près de cinq fois plus élevée en Saskatchewan. À l’échelle nationale, les niveaux globaux étaient similaires en 2022 et en 2023.
  • Les dommages causés par d’autres espèces d’insectes ont augmenté en Ontario et en Colombie-Britannique. Cependant, la diminution importante dans les Territoires du Nord-Ouest a entraîné des réductions globales de 23 % à l’échelle nationale de 2022 à 2023.

Superficie forestière (en hectare) qui contient des arbres défoliés ou tués par des insectes clés au Canada, 2013–20231

Résumé du graphique

Comparaison de la superficie perturbée pour cinq espèces d’insectes forestiers (spongieuse, tordeuse des bourgeons de l’épinette, tordeuse du pin gris, dendroctone du pin ponderosa et dendroctone de l’épinette) et toutes les autres espèces par juridiction pour chaque année de 2013 à 2023.

Juridiction Année Dendroctone de l'épinette Dendroctone du pin ponderosa Tordeuse du pin gris Tordeuse des bourgeons de l'épinette Spongieuse Autres espèces
Alberta 2013 0 0 0 37 076 0 69 461
Alberta 2014 0 0 0 44 387 0 21 852
Alberta 2015 1 405 1 121 477 0 51 750 0 0
Alberta 2016 10 465 198 963 0 19 265 0 7 442
Alberta 2017 3 138 213 170 0 17 337 0 156 243
Alberta 2018 2 145 205 015 1 217 30 446 0 208 482
Alberta 2019 1 762 178 909 0 47 213 0 153 032
Alberta 2020 2 853 77 637 S. O. 65 719 S. O. 418 151
Alberta 2021 2 095 23 051 S. O. 100 443 S. O. 221 799
Alberta 2022 182 8 981 0 68 069 0 366 393
Alberta 2023 0 1 934 0 73 183 0 404 306
Colombie-Britannique 2013 18 693 2 973 935 0 0 0 3 922 437
Colombie-Britannique 2014 288 892 2 208 687 0 0 0 6 718 222
Colombie-Britannique 2015 194 050 326 477 0 0 0 3 390 885
Colombie-Britannique 2016 281 497 177 706 0 250 0 4 663 996
Colombie-Britannique 2017 501 873 119 089 0 756 0 4 419 043
Colombie-Britannique 2018 340 405 113 781 0 0 0 4 434 557
Colombie-Britannique 2019 515 447 178 140 0 3 885 0 4 675 810
Colombie-Britannique 2020 525 271 111 963 0 7 267 0 4 085 422
Colombie-Britannique 2021 470 668 73 238 0 36 449 0 4 050 000
Colombie-Britannique 2022 143 569 50 820 0 0 0 2 440 000
Colombie-Britannique 2023 95 633 42 845 0 3 221 0 2 320 000
Manitoba 2013 0 0 311 1 163 0 95 429
Manitoba 2014 0 0 4 346 0 0 1 358
Manitoba 2015 0 0 3 285 0 0 69 611
Manitoba 2016 S. O. S. O. 199 799 12 597 S. O. 15 853
Manitoba 2017 S. O. S. O. 638 181 388 S. O. 25 906
Manitoba 2018 S. O. S. O. 552 118 S. O. S. O. 37 109
Manitoba 2019 S. O. S. O. 1 025 850 34 305 S. O. S. O.
Manitoba 2020 0 0 2 580 000 104 433 0 0
Manitoba 2021 0 0 2 030 000 156 055 0 0
Manitoba 2022 0 0 673 851 19 422 0 0
Manitoba 2023 0 0 673 851 19 422 0 0
Nouveau-Brunswick 2013 0 0 0 0 0 700
Nouveau-Brunswick 2014 0 0 0 0 0 0
Nouveau-Brunswick 2015 0 0 0 0 0 0
Nouveau-Brunswick 2016 0 0 0 0 0 0
Nouveau-Brunswick 2017 0 0 0 875 0 0
Nouveau-Brunswick 2018 0 0 0 440 0 0
Nouveau-Brunswick 2019 S. O. S. O. S. O. 0 S. O. S. O.
Nouveau-Brunswick 2020 0 0 0 0 0 0
Nouveau-Brunswick 2021 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O. S. O.
Nouveau-Brunswick 2022 100 S. O. S. O. 1 200 S. O. S. O.
Nouveau-Brunswick 2023 0 S. O. S. O. 100 S. O. S. O.
Terre-Neuve-et-Labrador 2013 7 848 S. O. S. O. 55 045 S. O. 499
Terre-Neuve-et-Labrador 2014 46 839 0 0 50 767 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2015 46 839 0 0 36 352 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2016 0 0 0 34 520 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2017 0 0 0 430 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2018 0 0 0 0 0 307
Terre-Neuve-et-Labrador 2019 0 0 0 0 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2020 0 0 0 3 319 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2021 0 0 0 65 701 0 0
Terre-Neuve-et-Labrador 2022 S. O. S. O. S. O. 167 209 S. O. S. O.
Terre-Neuve-et-Labrador 2023 S. O. S. O. S. O. 73 356 S. O. S. O.
Territoires du Nord-Ouest 2013 S. O. S. O. S. O. 53 539 S. O. 75 567
Territoires du Nord-Ouest 2014 S. O. S. O. S. O. 76 400 S. O. 270 839
Territoires du Nord-Ouest 2015 S. O. S. O. S. O. 174 263 S. O. 236 673
Territoires du Nord-Ouest 2016 S. O. S. O. S. O. 122 473 S. O. 261 411
Territoires du Nord-Ouest 2017 S. O. S. O. S. O. 245 859 S. O. 239 837
Territoires du Nord-Ouest 2018 S. O. S. O. S. O. 391 615 S. O. 357 534
Territoires du Nord-Ouest 2019 S. O. S. O. S. O. 215 753 S. O. 593 867
Territoires du Nord-Ouest 2020 0 0 0 107 760 0 292 930
Territoires du Nord-Ouest 2021 0 0 0 1 030 000 0 0
Territoires du Nord-Ouest 2022 0 0 0 1 310 000 0 1 460 000
Territoires du Nord-Ouest 2023 S. O. S. O. S. O. 529 000 S. O. 476 000
Nouvelle-Écosse 2013 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O. S. O.
Nouvelle-Écosse 2014 533 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O.
Nouvelle-Écosse 2015 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O. S. O.
Nouvelle-Écosse 2016 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O. S. O.
Nouvelle-Écosse 2017 0 S. O. S. O. S. O. S. O. 0
Nouvelle-Écosse 2018 0 S. O. S. O. S. O. S. O. 0
Nouvelle-Écosse 2019 0 S. O. S. O. S. O. S. O. 0
Nouvelle-Écosse 2020 0 0 0 0 0 0
Nouvelle-Écosse 2021 0 0 0 0 0 18 727
Nouvelle-Écosse 2022 0 0 0 0 0 167 559
Nouvelle-Écosse 2023 0 0 0 0 0 167 559
Ontario 2013 0 0 91 865 348 8 451 97 763
Ontario 2014 0 0 22 010 30 317 23 335 64 814
Ontario 2015 0 0 21 349 149 310 2 529 3 326
Ontario 2016 0 0 5 086 119 462 0 50 749
Ontario 2017 0 0 100 510 147 546 21 712 65 648
Ontario 2018 0 0 625 955 136 410 14 930 39 232
Ontario 2019 0 0 1 029 916 343 426 47 431 713
Ontario 2020 0 0 1 060 000 447 730 583 158 1 093
Ontario 2021 0 0 345 389 1 330 000 1 780 000 15 474
Ontario 2022 0 0 133 472 2 040 000 57 078 14 809
Ontario 2023 0 0 61 431 1 990 000 2 542 26 895
Île-du-Prince-Édouard 2013 60 S. O. S. O. S. O. 1 30
Île-du-Prince-Édouard 2014 50 S. O. S. O. S. O. S. O. 25
Île-du-Prince-Édouard 2015 50 S. O. S. O. S. O. S. O. 25
Île-du-Prince-Édouard 2016 10 S. O. S. O. S. O. S. O. 15
Île-du-Prince-Édouard 2017 10 S. O. S. O. S. O. 2 15
Île-du-Prince-Édouard 2018 5 S. O. S. O. S. O. 2 10
Île-du-Prince-Édouard 2019 5 S. O. S. O. S. O. 2 12
Île-du-Prince-Édouard 2020 0 0 0 0 0 0
Île-du-Prince-Édouard 2021 0 0 0 0 0 10
Île-du-Prince-Édouard 2022 0 0 0 0 0 220
Île-du-Prince-Édouard 2023 S. O. S. O. S. O. 1 S. O. S. O.
Québec 2013 S. O. S. O. 0 2 621 520 0 674
Québec 2014 S. O. S. O. 0 3 381 829 0 0
Québec 2015 S. O. S. O. 0 4 824 947 0 0
Québec 2016 S. O. 0 0 4 664 658 0 0
Québec 2017 S. O. 0 0 5 105 885 0 0
Québec 2018 S. O. 0 0 5 433 302 0 0
Québec 2019 S. O. S. O. S. O. 4 891 885 S. O. S. O.
Québec 2020 0 0 0 6 250 000 0 0
Québec 2021 0 0 0 2 460 000 0 0
Québec 2022 0 0 0 3 210 000 0 0
Québec 2023 0 0 0 3 210 000 0 0
Saskatchewan 2013 S. O. S. O. S. O. 9 307 S. O. 99 837
Saskatchewan 2014 0 0 0 0 0 159
Saskatchewan 2015 0 S. O. 0 0 0 1 205
Saskatchewan 2016 0 S. O. 1 965 0 0 374
Saskatchewan 2017 0 S. O. 10 189 0 0 994
Saskatchewan 2018 0 S. O. 6 141 0 0 171
Saskatchewan 2019 0 S. O. 12 624 0 0 5 693
Saskatchewan 2020 0 0 25 327 0 0 4 158
Saskatchewan 2021 0 0 32 449 0 0 31 082
Saskatchewan 2022 0 0 11 748 244 0 4 342
Saskatchewan 2023 0 0 53 874 2 610 0 11 002
Yukon 2013 0 0 0 0 0 0
Yukon 2014 82 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O.
Yukon 2015 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O. 6 759
Yukon 2016 S. O. S. O. S. O. S. O. S. O. 179 160
Yukon 2017 S. O. S. O. S. O. 369 S. O. 106 359
Yukon 2018 1 196 0 0 0 0 5 319
Yukon 2019 1 196 0 0 0 0 5 319
Yukon 2020 0 0 0 788 0 0
Yukon 2021 2 276 0 0 0 0 0
Yukon 2022 556 0 0 0 0 0
Yukon 2023 972 0 0 0 0 0

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les insectes remplissent de nombreux rôles écologiques dans les forêts canadiennes, allant des pollinisateurs essentiels pour les plantes à fleurs jusqu’aux ravageurs ayant des effets écologiques et économiques importants. De nombreux insectes sont hautement spécialisés dans l’environnement forestier et sont donc vulnérables à la modification et à la perte de leur habitat.
  • Certains insectes (notamment les foreurs des tiges, les défoliateurs et les mineuses des feuilles) peuvent occasionner des dommages écologiques et économiques importants, tant à l’échelle locale qu’à celle du paysage. Bien que certaines espèces d’insectes indigènes puissent connaître des épidémies périodiques ou cycliques, qui font naturellement partie d’un écosystème forestier, les épidémies sévères, prolongées ou qui touchent de nouvelles zones peuvent entraîner des pertes de bois, accroître le risque de feu et causer des pertes de biodiversité. Ces effets peuvent s’étendre au-delà des régions locales, provinciales ou territoriales et devenir des enjeux importants qui dépassent les limites de compétence juridictionnelles et nécessitent une coordination entre plusieurs niveaux de gouvernement. Des stratégies comme la surveillance de la santé des forêts, la détection, la délimitation et l’application d’une gestion appropriée sont importantes pour atténuer ces risques potentiellement graves.
  • Les espèces envahissantes ne sont souvent pas des ravageurs importants dans leurs régions d’origine. Cependant, lorsqu’elles arrivent dans une nouvelle région dépourvue de prédateurs et où les espèces d’arbres indigènes ont une résistance limitée aux attaques, ces espèces peuvent causer des dommages écologiques et économiques importants. Les espèces envahissantes continuent de représenter une menace importante pour les forêts du Canada. Par exemple, le puceron lanigère de la pruche cause des dommages considérables aux forêts de pruche en Nouvelle-Écosse et menace également celles de l’Ontario. D’autres espèces envahissantes, comme l’agrile du frêne, menacent d’éliminer un si grand nombre d’arbres que l’espèce touchée pourrait ne plus contribuer de manière significative au fonctionnement de l’écosystème forestier canadien. Les programmes de détection précoce, de surveillance et d’interception sont essentiels pour empêcher l’introduction ou l’établissement d’espèces envahissantes au Canada. Les contrôles réglementaires visant à limiter la circulation des produits infestés ou le transport d’organismes envahissants peuvent réduire la propagation des espèces envahissantes, bien qu’ils puissent avoir des répercussions régionales, nationales et internationales sur le commerce, l’accès au marché, l’approvisionnement en matières premières et la circulation des marchandises.

Quelles sont les perspectives?

  • Les populations de spongieuses ont considérablement diminué par rapport à 2021, une baisse vraisemblablement attribuable aux effets prévus de certains agents pathogènes, dont un virus, un champignon et des populations locales de parasites. Cette tendance est conforme aux cycles démographiques prévus sur 10 ans.
  • Grâce à la mise en œuvre de stratégies de traitement précoce, les dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette devraient continuer à diminuer à Terre-Neuve-et-Labrador. Les dommages demeurent importants au Québec, où des évaluations se poursuivent dans la région de la Gaspésie. En Ontario, l’épidémie devrait se poursuivre dans le nord-est, tandis qu’une hausse des populations pourrait survenir dans le nord-ouest de la province.
  • Les populations de dendroctones de l’épinette et la mortalité des arbres qui en découle resteront probablement faibles.
  • Les populations de dendroctones du pin ponderosa en Alberta continuent de s’effondrer, les programmes de gestion combinés à des hivers froids contribuant à réduire les populations globales et à éliminer les infestations éparses à la limite est de leur aire d’expansion.
  • Bien que la superficie endommagée dans l’ensemble du pays par d’autres espèces d’insectes ait été plus faible en 2023 qu’en 2022, elle demeure importante, représentant 33 % de tous les dommages causés par les insectes recensés en 2023. Les espèces envahissantes, qui constituent une composante importante de ce groupe, nécessitent des plans d’intervention spécialisés et ciblés. Compte tenu de l’expansion des aires de répartition de ces insectes dues aux changements climatiques et à l’augmentation des échanges transfrontaliers de marchandises, la surveillance et la gestion continues des espèces envahissantes à l’échelle locale, provinciale et nationale restent importantes pour la préservation des forêts du Canada.

Sources et informations

  1. Base de données nationale sur les forêts. Superficie de défoliation modérée à grave (y compris la mortalité des arbres due aux scolytes) par insectes. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/insects.php (voir les remarques a à c)
  2. La Société d’entomologie du Canada adopte « spongy moth » comme nouveau nom commun anglais pour Lymantria dispar. Société d’entomologie du Canada. 2 mars 2022 [consulté le 2 septembre 2025]. https://esc-sec.ca/fr/ (voir la remarque d)

Remarques

  1. La superficie forestière perturbée par des défoliateurs (p. ex., tordeuses, spongieuses) ne comprend que les superficies présentant une mortalité des arbres ou une défoliation modérée à grave. La défoliation n’entraîne pas toujours la mortalité. Plusieurs facteurs, dont la sévérité, la durée et la fréquence de la défoliation, ou la présence d’autres facteurs de stress (p. ex., la sécheresse), peuvent influencer le niveau de mortalité.
  2. La superficie forestière perturbée par les scolytes (p. ex., le dendroctone du pin ponderosa, le dendroctone de l’épinette) est dérivée des relevés aériens qui cartographient les arbres morts ou mourants à la suite d’une attaque du dendroctone.
  3. L’addition des superficies touchées par plus d’une espèce d’insecte pour créer un total peut entraîner une surestimation si plus d’une espèce d’insecte est présente dans le même peuplement la même année. Par exemple, dans une forêt mixte, la tordeuse des bourgeons de l’épinette peut défolier le sapin baumier dans le même peuplement où la livrée des forêts défolie le peuplier faux-tremble.
  4. En mars 2022, les sociétés d’entomologie du Canada et des États-Unis ont adopté le nom « spongy moth » comme nouveau nom commun en anglais pour l’espèce de papillon de nuit Lymantria dispar, autrefois désignée sous les noms de « gypsy moth » et de « LDD moth » dans certains rapports antérieurs à 20222.

Renseignements supplémentaires

Guignard Q, Goodwin J et al. Factors influencing the capture of Japanese beetles: wind speed and direction, trap deployment protocol, lure type, and trap efficiency. Ann Entomol Soc Am. 2025;118(4):259–265. https://doi.org/10.1093/aesa/saaf013

Langor DW, Abraham S, Hicks b Hammond HJ. Adalia decempunctata (Coleoptera: Coccinellidae), a Palaearctic species now established in North America. The Can Entomol. 2023;155:e35. https://doi.org/10.4039/tce.2023.23

McCaig ML, Kidd KA et al. Response of stream habitat and microbiomes to spruce budworm defoliation: new considerations for outbreak management. Ecol Appl. 2024;34(7), e3020. https://doi.org/10.1002/eap.3020

Turgeon JJ, Gasman B et al. Canada’s response to invasion by Asian longhorned beetle (Coleoptera: Cerambycidae) in Ontario. Can Entomol. 2022;154(s1):e1. https://doi.org/10.4039/tce.2021.60

Indicateur : maladies des arbres forestiers

Le concept « Une seule santé » reconnaît l’interdépendance de la santé des personnes, des animaux, des plantes et de l’environnement. Des forêts en bonne santé contribuent à réguler la qualité de l’air et de l’eau, à favoriser la biodiversité et à réduire le risque d’apparition de maladies. Ainsi, la surveillance de leur état joue un rôle essentiel pour la santé des écosystèmes et de la population.

De nouvelles détections de maladies des arbres forestiers mettent en évidence les risques croissants auxquels sont exposées les forêts canadiennes. La détection précoce et les efforts d’intervention rapide ont permis de contenir les menaces comme la maladie hollandaise de l’orme, le flétrissement du chêne et l’agent pathogène Phytophthora ramorum.

  • La maladie hollandaise de l’orme, présente au Canada depuis des décennies, a été découverte à Edmonton pour la première fois en 2024. Cette détection a déclenché une intervention rapide des arboriculteurs municipaux, qui ont retiré tous les arbres infectés.
  • Les agents pathogènes du genre Phytophthora demeurent préoccupants. Au Québec, P. ramorum a été détecté dans une pépinière d’arbres ornementaux, et des épidémies de pourriture des racines ont touché des semis de sapin dans des plantations d’arbres de Noël.
  • La maladie de la suie de l’érable a été confirmée pour la première fois en 2024 sur l’érable à grandes feuilles en Colombie-Britannique.
  • Le flétrissement du chêne n’a pas été détecté au Canada en 2024, et ce, malgré plus de 100 signalements du public examinés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments à la suite de la détection et de l’abattage des arbres infectés sur deux sites en Ontario en 2023.

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les maladies forestières envahissantes peuvent réduire la capacité des forêts à fournir des services écosystémiques essentiels, comme le stockage du carbone, une eau propre et des habitats pour la biodiversité.
  • Les maladies forestières peuvent également réduire l’approvisionnement en bois, diminuer la qualité du bois, augmenter les coûts de gestion, créer des risques pour la sécurité, nuire à la santé des forêts urbaines et menacer la viabilité économique des industries et des collectivités dépendantes de la forêt partout au Canada.

Quelles sont les perspectives?

  • Les changements climatiques devraient accentuer la sévérité et la propagation des agents pathogènes endémiques et envahissants. Par exemple, la rouille suisse des aiguilles pourrait affecter plus sévèrement les Douglas verts présents dans les forêts côtières.
  • Afin de contenir les menaces, telles que la progression du flétrissement du chêne au Canada en provenance du sud, il est nécessaire d’investir de façon continue dans la détection précoce, les diagnostics basés sur l’ADN, la surveillance et les stratégies d’intervention.
  • La collaboration entre tous les ordres de gouvernement demeurera essentielle pour atténuer les risques et assurer la protection des forêts contre les effets des maladies émergentes.

Renseignements supplémentaires

Indicateur : feux de végétation

En 2024, les organismes canadiens de gestion des feux ont déclaré un total de 5,3 millions d’hectares (ha) brûlés1. Cette superficie équivaut à la taille de la Nouvelle-Écosse et à près du double de la moyenne sur 25 ans, soit 2,9 millions d’ha2.

Cette même année, on a recensé 5 844 feux au Canada, soit un nombre inférieur à la moyenne annuelle de 6 554 feux observée au cours des 25 dernières années3. Même si la superficie brûlée annuellement a augmenté au cours des dernières années4, le nombre de feux a progressivement diminué, tant ceux causés par la foudre5 que ceux d’origine humaine, mais particulièrement ces derniers. Bien que de plus en plus de Canadiens vivent, voyagent et pratiquent des activités récréatives en milieu forestier, leur conscience du risque lié aux feux de forêt semble accru, notamment en raison du nombre élevé d’évacuations et de logements détruits, ainsi que et de journées d’été enfumées au cours des dernières années.

Plus de 700 pompiers d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Mexique, d’Afrique du Sud, du Costa Rica et des États-Unis sont venus au Canada pour aider à combattre les feux de forêt en 20246. Les Forces armées canadiennes ont également participé aux évacuations et à la maîtrise des feux à Terre-Neuve-et-Labrador, en Alberta et au Manitoba7.

Feux hibernants (ou feux zombies)

La saison des feux de 2024 a démarré très tôt, avec plus de 100 feux de 2023 qui ont survécu à l’hiver en Colombie-Britannique, en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest8.

Les feux hibernants, parfois appelés « feux zombies », couvent dans les sols organiques profonds, comme les tourbières, et réapparaissent au printemps après la fonte des neiges. Ces feux sont difficiles à repérer et à surveiller, mais peuvent être visibles pendant l’hiver sous la forme d’une fumée s’échappant de sous la neige. D’autres ne sont pas détectés avant de devenir actifs au printemps, lorsque les conditions deviennent propices à la combustion9.

Dans le nord-est de la Colombie-Britannique, le faible couvert neigeux et un printemps chaud et sec ont contribué à la résurgence de nombreux feux de l’année précédente10. Cette région connaissait une sécheresse anormale depuis deux ans, classée comme sévère à extrême tout au long de l’été 202411.

Évacuations

Plus de 50 000 personnes ont été évacuées de leur domicile pendant la saison des feux de 202412. Le tableau suivant indique en détail quelques-uns des principaux événements d’évacuation :

Événements d’évacuation importants en raison de feux au Canada, 2024
Date de début du feu Emplacement Personnes évacuées (Nombre) Jours d’évacuation (Nombre) Commentaires
10 mai Fort Nelson (C.‑B.) 4 300 17 Quatre maisons ont été détruites.
14 mai Fort McMurray (Alb.) 6 600 4 La ville avait été gravement touchée par un feu huit ans auparavant.
12 juillet Labrador City (T.‑N.‑L.) 9 600 8 Le feu avait été maîtrisé et couvait à 27 km à l’ouest de la ville, puis le vent l’a propagé sur 21 km en une journée; il s’agit de la plus grande évacuation de l’histoire de Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
20 juillet John D’Or Prairie et Fox Lake (Alb.) 5 600 17 Fox Lake avait été évacuée pendant 74 jours l’année précédente.
22 juillet Jasper (Alb.) 25 000 25 2 000 résidents ont perdu leur maison.
10 août Sandy Bay (Sask.) 1 300 31 Le feu de Flanagan, qui se trouvait tout près, a brûlé pendant trois mois et n’était plus qu’à trois kilomètres de la communauté.
14 août Bunibonibee (Man.) 2 200 18 Alors que le feu brûlait à 10 kilomètres de là, les résidents de cette communauté accessible uniquement en avion ont été évacués par l’Aviation royale canadienne à bord d’avions de transport Hercules, une opération qui a duré 4 jours.
27 août Southend (Sask.) 1 100 15 L’évacuation a été interrompue lorsque le feu a atteint la seule route permettant de quitter la ville.

Jasper

Dégâts causés par un incendie de forêt à Jasper, Canada. Septembre 2025.
Crédit photo : Karina Butler

Le 22 juillet 2024, la foudre a déclenché 3 feux à 22 kilomètres au sud de la ville de Jasper. La région avait connu deux semaines de conditions atmosphériques chaudes et sèches. Sous l’effet de vents violents, les feux se sont rapidement propagés et ont fusionné en un seul feu avant de progresser vers le nord. Le soir même, des ordres d’évacuation ont été donnés pour l’ensemble du parc national de Jasper, touchant environ 5 000 résidents et 20 000 visiteurs et travailleurs saisonniers13. Le personnel du parc a évacué les terrains de camping et les sentiers de l’arrière-pays, tandis que les équipes de lutte contre les incendies se sont battues durement pour assurer la protection du centre-ville de Jasper14.

Le 24 juillet, les vents ont atteint les quelque 100 km/h, une vitesse assez forte pour déraciner des arbres. À 18 heures, le feu a atteint le lotissement urbain de Jasper. En quelques heures, un tiers des bâtiments de la ville ont été détruits, de même que plus de 100 chalets et autres structures dans la région environnante. Un pompier a perdu la vie, 2 000 personnes ont été relocalisées temporairement et les dommages assurés ont dépassé 1,2 milliard de dollars. Il s’agit du deuxième feu le plus coûteux de l’histoire du Canada15.

Des centaines de pompiers venus de partout au pays ont travaillé pendant des semaines pour maîtriser l’incendie. Le 17 août 2024, le feu a été déclaré « maîtrisé ». Avec 32 000 ha brûlés, il s’agit du plus grand feu enregistré dans le parc national de Jasper depuis 188916,17.

Superficie brûlée et nombre de feux de végétation au Canada, 2000–202423

Résumé du graphique

La superficie brûlée et le nombre de feux de végétation par année au Canada de 2000 à 2024.

Année Superficie brûlée (en hectare) Nombre de feux
2000 636 645 5 403
2001 653 525 7 778
2002 2 763 605 7 878
2003 2 168 503 8 271
2004 3 183 198 6 490
2005 1 686 944 7 455
2006 2 100 736 9 755
2007 1 785 467 6 919
2008 1 664 926 6 239
2009 762 736 7 146
2010 3 179 209 7 319
2011 2 397 847 4 679
2012 1 811 745 7 919
2013 4 268 500 6 256
2014 4 545 658 5 020
2015 3 908 377 7 034
2016 1 319 604 5 267
2017 3 589 432 5 658
2018 2 326 357 7 111
2019 1 786 214 4 062
2020 218 263 4 014
2021 4 078 894 6 710
2022 1 576 207 5 658
2023 17 606 547 6 837
2024 5 374 344 5 844

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les feux de forêt peuvent endommager ou détruire les maisons et les entreprises, déclencher des évacuations et perturber la vie et les moyens de subsistance des populations. Toutefois, les feux de forêt sont un élément naturel des écosystèmes forestiers; ils jouent un rôle important et bénéfique dans la succession écologique, le cycle des nutriments et le maintien de la santé et de la diversité des forêts.
  • La fumée des feux de forêt peut se propager sur de longues distances, réduisant la qualité de l’air et la visibilité sur de vastes zones, ce qui nuit à la santé et à la sécurité humaines18. Il a été démontré que l’exposition à cette fumée a des conséquences graves et coûteuses sur la santé.
  • Plus d’un milliard de dollars sont consacrés chaque année à la gestion des feux19.
  • Les recherches indiquent que l’ampleur des pertes et le nombre d’évacuations subies par les communautés autochtones pourraient augmenter considérablement au cours des prochaines décennies, avec des conséquences telles que des pertes structurelles et culturelles, des modifications des terres et des perturbations sociales.
  • De nombreuses réserves des Premières Nations sont situées dans des forêts sujettes aux feux, et sont souvent particulièrement vulnérables en cas d’urgence en raison de leur éloignement géographique, qui se traduit par un accès difficile pour les secours et par une capacité limitée d’évacuation routière. Les peuples autochtones sont également 30 % plus susceptibles d’être déplacés et touchés par les effets imprévus des feux de forêt.

Quelles sont les perspectives?

Les conséquences des feux de forêt, notamment les dommages matériels, les évacuations, la mauvaise qualité de l’air et les coûts de gestion des feux, ont augmenté ces dernières années. Plusieurs facteurs ont contribué à cette hausse :

  • davantage de maisons, d’entreprises et d’infrastructures situées dans l’interface entre les zones urbaines et les zones forestières
  • davantage de personnes résident et travaillent dans des zones forestières et s’y rendent à des fins récréatives
  • une accumulation de combustible forestier inflammable due à la mortalité causée par les insectes et à des décennies d’extinction réussie des feux
  • une fréquence accrue de conditions climatiques propices au déclenchement et à la propagation des feux, comme une sécheresse prolongée et des températures élevées dans certaines régions

Une nouvelle cartographie des forêts pour mieux prévoir le comportement des feux

Des feux de forêt se produisent chaque année dans les forêts du Canada. Les plus récentes avancées scientifiques et technologiques permettent aux organismes gouvernementaux de concevoir des cartes de pointe et des outils de prévision du comportement des feux de forêt. Ces innovations visent à atténuer les répercussions des feux et à aider la population canadienne à résider et à travailler en toute sécurité dans les milieux forestiers à risque.

Le Service canadien des forêts produit de nouvelles cartes des combustibles forestiers en collaboration avec des partenaires provinciaux et territoriaux. Ces cartes aident les services de lutte contre les incendies à mieux prévoir le comportement des feux, en particulier dans les forêts nordiques où les anciennes cartes étaient souvent peu fiables.

Coexister avec le feu

La plupart des forêts du Canada sont naturellement sujettes à des feux périodiques. En fait, de nombreux écosystèmes forestiers sont façonnés par le feu et sont plus sains lorsqu’ils brûlent périodiquement. Cette réalité n’est toutefois pas rassurante pour la population canadienne qui réside en forêt ou à proximité. Il est important de comprendre que le feu peut être bénéfique pour la forêt dans des conditions appropriées. Cependant, lorsqu’un feu prend naissance par temps chaud et sec, il peut devenir incontrôlable en un instant. Dans une telle situation, la résilience de toutes les communautés sur son passage est mise à rude épreuve.

Prévoir le comportement du feu

Plusieurs facteurs régissent le comportement du feu. La Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF)20 utilise des informations sur les combustibles, la météo, la topographie et le temps écoulé depuis l’allumage pour prédire la propagation d’un feu. Ces données peuvent aider à répondre à des questions clés comme :

  • Quelle quantité de combustible est présente et quel est son degré de sécheresse?
  • Quelle direction du vent augmentera la sévérité du feu, et dans quelle direction se propagera-t-il?
  • La topographie ralentira-t-elle le feu ou favorisera-t-elle son accélération?
  • Quelles leçons apprises des brûlages expérimentaux et des feux passés pouvons-nous intégrer à des simulations informatiques?

La capacité à prévoir le comportement des feux est souvent limitée par la qualité des cartes de combustibles et des données météorologiques utilisées dans les simulations. Dans certaines régions du Canada, les cartes de combustibles constituaient le maillon le plus faible.

Cartographier les combustibles forestiers dans le paysage

Dans les forêts aménagées, les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que les entreprises forestières tiennent à jour des inventaires forestiers détaillés à partir d’images aériennes numériques 3D de haute précision et de la technologie LiDAR (détection et télémétrie par ondes lumineuses) aéroportée. Ces inventaires servent, entre autres, à produire des cartes classant la forêt par type de combustible. Le MCEDIF reconnaît les types de combustibles définis par la Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies de forêt (PCI)21,22. Chaque type de combustible brûle de manière caractéristique. Par exemple, un peuplement d’épinettes peut augmenter l’intensité et la propagation du feu, tandis qu’un peuplement de peupliers faux-trembles peut les réduire. Les cartes de types de combustibles sont introduites dans des simulations du comportement du feu qui prévoient :

  • comment un feu est susceptible de se propager
  • comment il peut se déplacer dans le paysage durant les jours qui suivent l’allumage
  • où le feu brûlera le plus intensément
  • où la végétation moins inflammable ralentira sa progression.

Ces prévisions permettent aux pompiers d’appliquer les tactiques de lutte contre les incendies appropriées, et sont essentielles pour planifier les évacuations de la population.

Cependant, la qualité des prévisions pour les forêts nordiques a été limitée par la qualité des cartes de combustibles disponibles. En effet, les cartes détaillées produites à partir des données d’inventaire pour les forêts aménagées n’ont pas pu être produites de la même manière pour les forêts non aménagées du nord. Bien que les scientifiques aient eu accès à des images satellites couvrant toutes les forêts, les données nécessaires pour convertir les données satellites en catégories de combustibles forestiers sont encore manquantes.

Un nouvel effort pour produire de meilleures cartes

Une équipe de terrain du Centre de foresterie du Nord effectue un relevé dans une placette, dans le nord de la Saskatchewan. Un membre de l’équipe de terrain saisit des données dans l’application NorthForM Survey123, tandis que l’autre membre de l’équipe de terrain recueille des informations sur les arbres.
Mention de source : M.P. Ouellet-Pariseau

Conscient de ce problème, le gouvernement du Canada a mis en place un plan de cinq ans pour collecter ces données manquantes. À l’aide d’un nouveau protocole d’échantillonnage des combustibles forestiers23, les équipes ont recueilli des données sur une série de sites stratégiquement choisis. Parallèlement, des avions équipés d’instruments de balayage laser aéroportés ont été envoyés en mission spéciale au-dessus des forêts nordiques, y compris directement au-dessus des sites relevés par les équipes au sol. En août 2024, plus de 600 sites ont été relevés, et plus de 40 000 kilomètres ont été couverts par des missions de LiDAR aéroporté, et ce n’est pas fini. Ces nouvelles données sont utilisées pour établir des liens entre les mesures des combustibles forestiers et ce que les satellites voient des airs. Ces liens sont utilisés pour établir de meilleures cartes des types de combustibles pour l’ensemble des forêts du Canada.

La collecte de données dans les vastes régions du nord canadien est une entreprise ambitieuse. Pour y arriver, le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada a fait équipe avec des partenaires des gouvernements provinciaux et territoriaux. Les équipes ont traversé des terrains accidentés pour atteindre les sites désignés. Les organismes provinciaux et les universités commencent également à mesurer les combustibles forestiers de la même manière, ce qui signifie que les données seront utiles à un plus grand nombre de personnes. De plus, l’établissement de relations entre les peuples autochtones et les équipes gouvernementales favorise les possibilités de cocréation d’initiatives futures.

Des étés plus secs, plus de combustibles, des feux plus chauds

Le feu est depuis longtemps un outil puissant d’intendance des terres entre les mains des peuples autochtones. Les sociétés coloniales ont interdit les brûlages culturels et, alors que l’extinction des feux devenait de plus en plus efficace grâce aux progrès des techniques, de la technologie et des machines, les combustibles ont commencé à s’accumuler dans le paysage. Cette situation, combinée à des étés plus chauds et plus secs, a préparé le terrain pour les feux intenses que nous connaissons trop souvent de nos jours.

De meilleures cartes, une meilleure science, de meilleurs outils

Des cartes de combustibles de haute qualité peuvent nous aider à résoudre ce problème. La modélisation de milliers de feux dans des paysages forestiers virtuels réalistes permet de déterminer les meilleures interventions sur le combustible forestier pour réduire les risques de feu. Par exemple, une communauté peut être vulnérable aux feux en raison de la topographie, de la direction des vents dominants et des caractéristiques d’un peuplement forestier environnant (p. ex., une forêt dense d’épinettes matures en périphérie de la ville). Les risques de feu peuvent être réduits en élaguant et en espaçant ces épinettes ou en les remplaçant par des arbres moins inflammables comme des peupliers faux-trembles ou des bouleaux.

Maintenant que de nouvelles cartes ont été produites par des scientifiques et rendues disponibles en ligne24, elles doivent être maintenues à jour en intégrant les changements annuels, comme les zones où les caractéristiques des combustibles ont été modifiées par des feux, des épidémies d’insectes ou la récolte du bois. La plupart des provinces et des territoires disposent de leurs propres cartes, mais les cartes fédérales sont désormais disponibles pour des zones qui étaient auparavant mal cartographiées, notamment dans les forêts boréales nordiques. Les cartes fédérales sont également utiles pour les feux qui menacent de passer d’une province ou d’un territoire à l’autre et pour soutenir les évaluations nationales des risques de feux de forêt.

Regard vers l’avenir

Les scientifiques s’efforcent continuellement d’améliorer les modèles actuels de comportement des feux et se penchent déjà sur les développements futurs. Les marges d’erreur continueront à diminuer à mesure que les changements climatiques rendront les étés de plus en plus chauds et secs. Les chercheurs élaborent activement la prochaine génération du MCEDIF, qui permettra de caractériser les combustibles avec beaucoup plus de détails que le système PCI actuel25. Ce nouveau système permettra de prévoir le comportement des feux dans une plus grande variété de conditions et de structures des combustibles, offrant ainsi une meilleure adaptabilité aux techniques de foresterie modernes.

Emplacements des échantillons prélevés au moyen de placettes terrain et de la technologie LiDAR (détection et télémétrie par ondes lumineuses) aéroportée en 2023 et 2024. Environ 650 placettes terrain ont été mises en place dans un rayon de 43 000 km autour des trajectoires de vol LiDAR Des données additionnelles seront collectées en 2025 à l’aide des placettes terrain et du LiDAR.

Sources et informations

  1. Rapport national sur les incendies de forêt pour le 25 septembre 2024. Centre interservices des feux de forêt du Canada; mis à jour le 25 septembre 2024. https://ciffc.net/situation/2024-09-25
  2. Base de données nationale sur les forêts. Superficie forestière brûlée et nombre d’incendies. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 2 février 2023. http://nfdp.ccfm.org/fr/data/fires.php
  3. Mini-entrepôt de données du Système canadien d’information sur les feux de végétation (SCIFV) Métadonnées : Base nationale de données sur les feux de forêt du Canada : Position des feux de forêt selon les agences (données ponctuelles). Ressources naturelles Canada; consulté le 20 mai 2025. https://cwfis.cfs.nrcan.gc.ca/mini-entrepot/metadata/nfdbpnt
  4. Mini-entrepôt de données du SCIFV : Métadonnées : La Composite nationale des superficies brûlées. Ressources naturelles Canada; consulté le 14 mai 2025. https://cwfis.cfs.nrcan.gc.ca/mini-entrepot/metadata/nbac
  5. Burrows WR, Kochtubajda B, Fricska G. Cloud-to-ground lightning trends in Canada and regions of the United States north of 40°N 1999–2023. Atmos-Ocean. 2025;63(2):125–146. https://doi.org/10.1080/07055900.2025.2500648
  6. Centre des opérations du gouvernement. Tableau de bord national commun des Préparations à la gestion des urgences cycliques – 06 août 2024.
  7. Opération LENTUS. Défense nationale; mis à jour le 14 juillet 2025. https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/operations/operations-militaires/operations-en-cours/operation-lentus.html
  8. Shingler B. It’s the middle of winter, and more than 100 wildfires are still smouldering. Canadian Broadcasting Corporation (CBC) News; mis à jour 12 février 2024. https://www.cbc.ca/news/climate/wildfires-zombie-fires-canada-bc-alberta-1.7119851
  9. Overwintering fires. BC Wildfire Service; consulté le 20 mai 2025. https://blog.gov.bc.ca/bcwildfire/overwintering-fires/
  10. Mubarik, MN. NWT plans for early start to wildfire season, as holdover fires smoulder underground. CBC News; consulté le 12 mai2025. https://www.cbc.ca/news/canada/north/overwintering-fires-burning-1.7122998
  11. North American drought monitor maps. National Centers for Environmental Information; consulté le 9 avril. https://www.ncei.noaa.gov/access/monitoring/nadm/maps
  12. Evacuations list. Portail du SCIFV (site interne); consulté le 20 mai 2025.
  13. Boynton S. Jasper wildfire: here’s how flames engulfed a town. Global News; mis à jour 25 juillet 2024. https://globalnews.ca/news/10643218/jasper-wildfire-timeline/
  14. Chronologie des événements liés au Feu de forêt de Jasper. Parcs Canada; consulté le 14 mai 2025. https://parcs.canada.ca/pn-np/ab/jasper/visit/feu-alert-fire/feudeforet-jasper-wildfire/chronologie-timeline
  15. Clarkin A. Jasper wildfire damage now estimated at $1.23B. CBC News; mis à jour 29 janvier 2025. https://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/jasper-wildfire-insurance-estimate-increases-1.7445217
  16. Frew N. The monster of Jasper. CBC News; consulté le 1er août 2025. https://www.cbc.ca/newsinteractives/features/the-monster-of-jasper
  17. Tande GF. Fire history and vegetation pattern of coniferous forests in Jasper National Park, Alberta. Can J  Bot. 1979;57:1912–1931. https://doi.org/10.1139/b79-241
  18. Matz, CJ, Egyed M, et al. Health impacts analysis of PM2.5 from wildfire smoke in Canada (2013–2015, 2017–2018). Sci Total Environ. 2020;725:138506. https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.138506
  19. Programme Combattre et gérer les feux de forêt dans un climat en changement. Ressources naturelles Canada; consulté le 9 septembre 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/feux-vegetation/programme-combattre-gerer-feux-foret-dans-climat-changement
  20. Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF). Système canadien d’information sur les feux de végétation; consulté le 8 mai 2025. https://cwfis.cfs.nrcan.gc.ca/renseignements/sommaire/fdr
  21. Élaboration et structure de la Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies de forêt. Forêts Canada; 1992. Rapport d’information ST-X-3F. https://ostrnrcan-dostrncan.canada.ca/entities/publication/59e76483-5ed0-445b-9bb2-52661dd98867
  22. Wotton BM, Alexander ME, Taylor SW. Updates and revisions to the 1992 Canadian Forest Fire Behaviour Prediction System. Ressources naturelles Canada; 2009 Rapport d’information GLC-X-10. https://ostrnrcan-dostrncan.canada.ca/entities/publication/49d9ed32-04e4-41f4-9c0e-b9a9133b41e4
  23. Boucher et al.  Field guide: sampling fuels in the context of the next-generation Canadian Forest Fire Danger Rating System, version 1.1. Ressources naturelles Canada; 2024. https://nfi.nfis.org/resources/others/Field_Guide_of_NG_Protocol_2024_v1.1_en.pdf
  24. Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF) Types de combustibles pour la prévision du comportement des incendies. Gouvernement du Canada; consulté le 8 mai 2025.  https://rechercher.ouvert.canada.ca/carteouverte/4e66dd2f-5cd0-42fd-b82c-a430044b31de
  25. An overview of the next generation of the Canadian Forest Fire Danger Rating System. Ressources naturelles Canada; 1er janvier 2021 [mis à jour le 17 juin 2025]. Rapport d’information GLC-X-26. https://osdp-psdo.canada.ca/dp/fr/recherche/metadonnees/NRCAN-CFS-1-40474

Indicateur : flux de gaz à effet serre des forêts

Les émissions se produisent lorsque les stocks de carbone passent d’un réservoir de carbone forestier à l’atmosphère. Les émissions peuvent provenir à la fois de la forêt aménagée et des produits ligneux récoltés. Les absorptions se produisent lorsque le carbone passe de l’atmosphère à un réservoir de carbone forestier, par exemple lorsque le carbone est transféré de l’atmosphère vers la biomasse des arbres par photosynthèse2.

Les transferts de carbone se produisent lorsque les stocks de carbone sont déplacés entre les réservoirs de carbone forestiers, par exemple de la forêt aménagée vers le réservoir des produits ligneux récoltés2.

Le flux de GES correspond au bilan net des émissions, des absorptions et des transferts de carbone. Des valeurs positives de flux de GES indiquent des pertes de carbone, tandis que des valeurs négatives indiquent des gains de carbone2.

En 2023, le flux net total de gaz à effet de serre (GES) – soit la somme des émissions, absorptions et transferts de carbone déclarés en équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2) – provenant des forêts aménagées et des produits forestiers du Canada, s’élevait à environ 1 138 millions de tonnes1. Cette valeur du flux net total de GES est calculée en additionnant le flux net de GES attribuables aux activités humaines à celui résultant des perturbations naturelles et de la régénération subséquente dans les forêts aménagées du Canada.

En 2023, les activités humaines dans les forêts aménagées du Canada, y compris l’utilisation et l’élimination des produits forestiers, représentaient un flux net de GES d’environ 20,2 millions de tonnes, tandis que les perturbations naturelles et la régénération naturelle subséquente représentaient un flux net de GES d’environ 1 118 millions de tonnes1.

  • La superficie brûlée par les feux de forêt en 2023 a été la plus importante jamais enregistrée au Canada, entraînant des émissions sans précédent : En 2023, 7,9 millions d’hectares (ha) de forêts aménagées ont brûlé lors de feux de forêt, entraînant le rejet de 1 070 millions de tonnes d’éq. CO21. Cette superficie brûlée dépasse le total combiné des quatre années les plus touchées par les feux de forêt auparavant. Le précédent record d’émissions dues aux feux de forêt dans les forêts aménagées s’élevait à 292 millions de tonnes, en 20211.
  • Les émissions élevées récentes attribuables aux feux dans les forêts aménagées ne sont plus compensées par la repousse consécutive aux feux précédents, ce qui entraîne désormais des émissions nettes dans l’atmosphère.

Au cours des cinq années précédant 2023, le flux de GES provenant des activités humaines dans les forêts aménagées du Canada se situait entre 20 et 38 millions de tonnes, tandis que le flux de GES provenant des perturbations naturelles et de la régénération subséquente dans les forêts aménagées du Canada se situait entre 3 et 294 millions de tonnes1.

Le Canada adopte une approche qui distingue deux composantes dans les flux nets de GES des forêts aménagées :

  • celles qui se produisent sous l’influence des activités humaines
  • celles qui sont associées à des perturbations naturelles échappant au contrôle de l’humain1

Les activités humaines dans les forêts aménagées comprennent l’inventaire forestier et l’évaluation des ressources, la récolte, l’éclaircie, le brûlage, la préparation du site, la régénération, l’entretien des peuplements, la fertilisation, le désherbage, l’extinction et la prévention des feux, ainsi que la lutte contre les ravageurs. Ces décisions influent sur le carbone total stocké dans le paysage, quelle que soit l’origine du peuplement. Elles s’inscrivent, de même que les actions qui en découlent, y compris le moment et le lieu de la récolte, dans le cadre de l’aménagement forestier durable.

Afin d’améliorer la transparence, le Rapport d’inventaire national 2025 sur les gaz à effet de serre au Canada comprend une nouvelle section sur les émissions associées aux activités de récolte et à d’autres activités du secteur forestier (voir chapitre 2, tableau 2-11)1. Le nouveau tableau présente des informations sur la récolte forestière qui sont normalement déclarées dans plusieurs secteurs.

Flux net de gaz à effet de serre (GES) dans les forêts aménagées du Canada : toutes les superficies, 1990–20231

Les émissions et les absorptions nettes totales des forêts aménagées du Canada, en tenant compte à la fois des activités humaines et des perturbations naturelles, étaient d’environ 1 139 millions de tonnes d’éq. CO2 en 2022, ce qui a fait des forêts une source nette en 2023.

Résumé du graphique

Le flux net de gaz à effet de serre et la superficie perturbée par année dans les forêts aménagées du Canada pour tous les types de superficies de 1990 à 2023.

Superficie perturbée (en million d’hectares) et flux net de gaz à effet de serre.
Année Superficie perturbée par des insectes Superficie d’activités forestières Superficie de récolte de bois de chauffage Superficie brûlée Flux net de gaz à effet de serre (megatonnes d’équivalent CO2 par année)
1990 4,2 1,0 0,2 0,2 -81,5
1991 1,7 0,9 0,2 0,6 -41,3
1992 1,1 1,1 0,3 0,1 -82,8
1993 1,1 1,0 0,3 0,6 -31,2
1994 2,0 1,0 0,3 0,5 -23,7
1995 1,8 1,1 0,3 2,0 154,7
1996 1,7 1,1 0,3 0,6 -12,1
1997 1,9 1,2 0,4 0,1 -54,9
1998 2,5 1,1 0,3 1,5 147,6
1999 3,6 1,2 0,3 0,6 21,4
2000 3,5 1,2 0,2 0,1 -34,7
2001 7,6 1,2 0,3 0,2 -21,9
2002 9,8 1,3 0,4 1,1 106,1
2003 12,8 1,2 0,4 0,7 75,1
2004 7,2 1,4 0,3 0,9 172,7
2005 9,7 1,4 0,3 0,6 93,6
2006 12,1 1,2 0,3 0,7 110,1
2007 10,4 1,1 0,4 0,7 103,5
2008 8,3 0,9 0,5 0,4 53,3
2009 5,5 0,8 0,5 0,4 71,7
2010 5,5 1,0 0,5 0,9 144,6
2011 4,8 1,1 0,4 1,1 169,8
2012 4,3 1,1 0,4 0,9 138,6
2013 5,1 1,1 0,5 0,5 74,3
2014 7,3 1,1 0,5 1,3 197,7
2015 8,0 1,1 0,5 2,2 294,2
2016 8,2 1,1 0,5 0,7 133,0
2017 8,2 1,1 0,4 1,5 254,8
2018 8,5 1,1 0,5 1,4 287,8
2019 9,4 1,1 0,4 1,1 188,5
2020 12,6 1,1 0,4 0,1 34,5
2021 10,9 1,0 0,4 2,3 318,3
2022 9,7 0,9 0,4 0,7 107,2
2023 9,4 1,0 0,4 7,9 1 138,5

Flux net de gaz à effet de serre (GES) dans les forêts aménagées du Canada : superficie touchée par des activités humaines, 1990–20231

Les activités humaines dans les forêts aménagées du Canada, telles que la récolte, le brûlage des résidus de récolte, le brûlage dirigé, la régénération et la collecte de bois de chauffage, ainsi que l’utilisation et l’élimination des produits du bois récoltés, ont constitué une source nette d’environ 20 millions de tonnes d’éq. CO2 en 2023.

Résumé du graphique

Le flux net de gaz à effet de serre et la superficie perturbée par année dans les forêts aménagées du Canada pour les superficies touchées par des activités humaines de 1990 à 2023.

Superficie perturbée (en million d’hectares) et flux net de gaz à effet de serre.
Année Superficie d’activités forestières Superficie perturbée par des insectes à faible mortalité Superficie de récolte de bois de chauffage Flux net de gaz à effet de serre (megatonnes d’équivalent CO2 par année)
1990 1,0 2,5 0,2 40,2
1991 0,9 1,3 0,2 42,3
1992 1,1 1,0 0,3 50,9
1993 1,0 1,0 0,3 55,2
1994 1,0 1,7 0,3 56,9
1995 1,1 1,5 0,3 67,6
1996 1,1 1,5 0,3 56,7
1997 1,2 1,7 0,4 57,5
1998 1,1 2,1 0,3 45,1
1999 1,2 2,2 0,3 57,1
2000 1,2 1,1 0,2 66,0
2001 1,2 4,3 0,3 43,0
2002 1,3 5,7 0,4 56,5
2003 1,,2 7,,5 0,4 50,3
2004 1,4 4,7 0,3 78,4
2005 1,4 4,5 0,3 81,4
2006 1,2 5,0 0,3 65,6
2007 1,1 3,9 0,4 57,1
2008 0,9 3,2 0,5 53,0
2009 0,8 3,5 0,5 40,3
2010 1,0 4,2 0,5 55,4
2011 1,1 3,6 0,4 51,2
2012 1,1 3,1 0,4 44,6
2013 1,1 3,7 0,5 47,5
2014 1,1 4,7 0,5 44,0
2015 1,1 6,0 0,5 48,2
2016 1,1 6,9 0,5 38,2
2017 1,1 6,6 0,4 36,5
2018 1,1 6,8 0,5 38,3
2019 1,1 8,1 0,4 24,6
2020 1,1 10,7 0,4 31,8
2021 1,0 9,6 0,4 24,7
2022 0,9 8,7 0,4 19,8
2023 1,0 8,4 0,4 20,2

Flux net de gaz à effet de serre (GES) dans les forêts aménagées du Canada : superficie touchée par des perturbations naturelles, 1990–20231

Les émissions dues aux perturbations naturelles présentent une forte variabilité interannuelle. En 2022, environ 87 millions de tonnes d’éq. CO2 ont été émises, et en 2023, environ 1 118 millions de tonnes d’éq. CO2 ont été émises.

Résumé du graphique

Le flux net de gaz à effet de serre et la superficie perturbée par année dans les forêts aménagées du Canada pour les superficies touchées par des perturbations naturelles de 1990 à 2023.

Superficie perturbée (en million d’hectares) et flux net de gaz à effet de serre.
Année Superficie brûlée Superficie perturbée par des insectes à mortalité élevée Flux net de gaz à effet de serre (megatonnes d’équivalent CO2 par année)
1990 0,2 1,7 -121,7
1991 0,6 0,5 -83,6
1992 0,1 0,1 -133,7
1993 0,6 0,1 -86,4
1994 0,5 0,2 -80,6
1995 2,0 0,3 87,1
1996 0,6 0,2 -68,9
1997 0,1 0,3 -112,4
1998 1,5 0,5 102,5
1999 0,6 1,4 -35,7
2000 0,1 2,5 -100,7
2001 0,2 3,3 -64,9
2002 1,1 4,1 49,6
2003 0,7 5,4 24,8
2004 0,9 2,5 94,3
2005 0,6 5,2 12,1
2006 0,7 7,1 44,5
2007 0,7 6,5 46,4
2008 0,4 5,1 0,3
2009 0,4 2,0 31,4
2010 0,9 1,4 89,2
2011 1,1 1,1 118,5
2012 0,9 1,3 94,1
2013 0,5 1,3 26,9
2014 1,3 2,6 153,7
2015 2,2 2,1 246,0
2016 0,7 1,4 94,8
2017 1,5 1,7 218,3
2018 1,4 1,6 249,4
2019 1,1 1,2 164,0
2020 0,1 1,9 2,7
2021 2,3 1,3 293,6
2022 0,7 1,0 87,4
2023 7,9 0,9 1 118,3

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les forêts du Canada jouent un rôle clé dans le cycle mondial du carbone en raison de leur grande superficie et de leurs stocks de carbone élevés. Il est important de bien comprendre les émissions, les absorptions et les transferts de carbone provenant de la forêt afin d’orienter les politiques de lutte contre les changements climatiques.
  • Les informations sur les flux de carbone dans les forêts aménagées permettent de hiérarchiser les actions visant à réduire les émissions et à augmenter la séquestration. Par exemple, les activités d’aménagement qui renforcent la résilience des forêts face aux feux et aux épidémies d’insectes peuvent contribuer à réduire les émissions.

Quelles sont les perspectives?

  • Les répercussions des changements climatiques sur le futur bilan des GES forestiers du Canada sont difficiles à prévoir, mais elles seront caractérisées par des variations annuelles, principalement attribuables aux perturbations naturelles. Dans les forêts aménagées du Canada, malgré des fluctuations annuelles, la tendance des superficies brûlées annuellement est à la hausse depuis 1990, et la plupart d’entre elles ont été allumées par la foudre2. Les émissions dues aux feux de forêt dans les forêts aménagées ont également montré une tendance à la hausse qui devrait se poursuivre à l’avenir.
  • Dans le cadre du Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports concernant le carbone des forêts, les émissions causées par les feux de forêt dans les forêts non aménagées ne sont actuellement pas déclarées en raison d’un manque de données et d’accès aux régions éloignées4. Des efforts sont en cours pour mieux comprendre les émissions et les absorptions dans les forêts non aménagées du Canada. Les technologies de télédétection offrent de nouvelles occasions d’estimer les émissions dues aux feux de forêt dans les forêts non aménagées4.
  • Les émissions dues aux activités humaines dans les forêts aménagées du Canada ont connu une tendance à la baisse, principalement en raison d’une réduction des taux de récolte de bois depuis 2005. De plus, la fréquence accrue des perturbations naturelles et des feux de forêt pourrait conduire à des décisions visant à réduire davantage la récolte à l’avenir.

Sources et informations

  1. Rapport d’inventaire national 1990–2023 : sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. Environnement et Changement climatique Canada; 2025 [consulté le 30 avril 2025]. https://publications.gc.ca/collections/collection_2025/eccc/En81-4-2023-1-fra.pdf (Voir remarque a)
  2. Is Canada’s forest a carbon sink or source? Natural Resources Canada; 2024. Mis à jour en Mars 2025. https://publications.gc.ca/collections/collection_2007/nrcan-rncan/Fo93-1-2-2007E.pdf
  3. Base nationale de données sur les feux de forêt du Canada. Ressources naturelles Canada; consulté le 5 août 2025. https://cwfis.cfs.nrcan.gc.ca/ah/nfdb
  4. De quelle façon le Canada déclare-t-il les émissions de gaz à effet de serre provenant des feux de forêt? Notes du Service canadien des forêts sur la science et les politiques, 3. Ressources naturelles Canada; 2024. https://ostrnrcan-dostrncan.canada.ca/bitstreams/d63035a7-6fc0-4c06-a7d5-f9c1c8707b33/download [consulté le 5 août 2025].

Remarques

  1. Les données présentées dans cet indicateur sont estimées chaque année à l’aide du Système national de surveillance, de comptabilisation et de production de rapports concernant le carbone des forêts du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada. Ce système intègre des informations sur les inventaires forestiers, la croissance des forêts, les perturbations naturelles, les activités d’aménagement forestier et les changements d’affectation des terres afin d’évaluer les stocks de carbone, les variations des stocks et les émissions de GES autres que le dioxyde de carbone (monoxyde de carbone, méthane et oxyde nitreux) dans les forêts aménagées du Canada. Le système estime les variations dans la biomasse, les débris ligneux, la litière et les bassins de carbone du sol. Le système permet également d’estimer les transferts vers le sous-secteur des produits forestiers et de suivre les produits fabriqués à partir de bois récolté au Canada depuis 1900, y compris le stockage du carbone et les émissions résultant de ces produits, quel que soit l’endroit dans le monde où ces émissions se produisent. Le rapport annuel sur L’état des forêts au Canada décrit les émissions de GES provenant des forêts aménagées au Canada. Cela signifie que les estimations des émissions de GES diffèrent des valeurs présentées dans le rapport d’inventaire national du Canada (RIN)1, qui répond aux exigences internationales en matière de déclaration des émissions et des absorptions dues aux activités humaines dans les forêts aménagées. Les différences d’estimations entre les deux rapports s’expliquent principalement par quatre différences méthodologiques :
    1. Le rapport annuel sur L’état des forêts au Canada inclut les émissions dues aux perturbations naturelles dans l’estimation des émissions totales de GES.
    2. Les totaux des émissions de GES présentés dans le rapport annuel sur L’état des forêts au Canada contiennent les émissions de monoxyde de carbone, qui sont présentées séparément dans le RIN du Canada.
    3. Les émissions provenant de la bioénergie issue des terres cultivées et urbaines sont exclues du rapport annuel sur L’état des forêts au Canada, mais incluses dans le RIN.
    4. Les émissions de méthane et d’oxyde nitreux provenant de la bioénergie sont comprises dans les totaux du rapport annuel sur L’état des forêts au Canada, mais sont déclarées par le secteur de l’énergie dans le RIN.

Le RIN 2025 comprend une révision de sa méthode de déclaration du carbone forestier afin d’améliorer la transparence. Cette révision porte principalement sur la façon de représenter les transferts de carbone entre les différents bassins du secteur forestier (terres forestières, produits forestiers). Ce changement d’approche découle des recommandations formulées par une équipe d’experts de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à la suite de l’examen technique du RIN 2023 sur les gaz à effet de serre au Canada.

L’objectif est d’accroître l’harmonisation du Canada avec les lignes directrices du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

L’approche révisée de la production des rapports ne modifie pas le bilan de carbone net du secteur forestier. En revanche, elle modifie la répartition des transferts de carbone et des émissions entre les catégories de déclaration pour les forêts aménagées et les produits en bois au sein du RIN du Canada. En particulier, les transferts de carbone vers le bassin des produits en bois récoltés sont désormais comptabilisés dans la catégorie des terres d’origine, comme les forêts aménagées. Par conséquent, le flux de GES dans les forêts aménagées est déclaré comme étant la somme (1) des absorptions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, (2) des émissions de GES provenant des activités d’aménagement forestier et de la décomposition, et (3) des transferts de carbone vers le bassin des produits en bois. Par conséquent, le flux de GES des produits en bois récoltés est déclaré comme la différence entre les entrées annuelles de carbone des nouveaux produits dans le bassin et les sorties d’émissions provenant de la combustion ou de l’élimination des produits en bois.

Renseignements supplémentaires

Les « terres aménagées » font référence aux aires où des interventions et des pratiques humaines ont été appliquées afin de remplir des fonctions de production, écologiques ou sociales. Elles comprennent notamment les terres aménagées pour la production de produits en bois ou de bioénergie à base de bois, la protection contre les perturbations naturelles ou la conservation des valeurs écologiques et la mise à disposition d’espaces récréatifs. Dans ces terres gérées, la « forêt » comprend toutes les zones d’un hectare ou plus ayant le potentiel de développer une couverture forestière, avec une fermeture minimale du couvert de 25 % et une hauteur minimale des arbres de 5 mètres à maturité in situ.

Les terres forestières aménagées sont divisées en une partition anthropique (les terres principalement influencées par les activités humaines) et une partition naturelle (les terres principalement influencées par des perturbations naturelles à grande échelle). Lorsque des feux de forêt remplaçant des peuplements touchent ces derniers, les émissions et les absorptions subséquentes lors de la repousse après le feu sont déclarées dans la « partition naturelle ». Lorsque les peuplements en régénération atteignent la maturité commerciale (45 à 100 ans), les émissions et les absorptions sont rapportées dans la « partition anthropique ». Les peuplements touchés par des perturbations partielles qui causent une mortalité de plus de 20 % sont rapportés dans la partition naturelle jusqu’à ce que la biomasse aérienne des arbres vivants atteigne les niveaux d’avant la perturbation.

La première figure présentée dans cet indicateur comprend l’ensemble des forêts aménagées, tandis que la deuxième figure ne comprend que la partition anthropique (zones touchées par l’aménagement et par des perturbations dues à des insectes causant 20 % ou moins de mortalité des arbres), et la troisième figure ne comprend que la partition naturelle (zones touchées par des feux de forêt remplaçant les peuplements ou des perturbations dues à des insectes causant plus de 20 % de mortalité des arbres). La somme des figures 2 et 3 est reportée dans la figure 1 de cet indicateur.

Les émissions liées aux produits ligneux récoltés sont estimées à l’aide de la méthode de « décomposition simple » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et comprennent les émissions annuelles de tout le bois récolté au Canada et retiré de la forêt pour produire des produits ou de l’énergie depuis 1900, quel que soit son emplacement actuel dans le monde. En revanche, les émissions provenant d’autres ressources naturelles canadiennes (p. ex., le pétrole et le gaz) sont déclarées par le pays dans lequel elles sont consommées. On suppose que les transferts de produits en bois et en papier vers les décharges s’oxydent instantanément en dioxyde de carbone.

Les transferts de carbone vers l’extérieur, y compris les émissions, portent un signe positif. Les transferts de carbone vers l’intérieur, y compris les absorptions, portent un signe négatif. Ces conventions de signes sont harmonisées avec les normes internationales en matière de production de rapports.

Inventaire et changements dans l’utilisation des terres. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 10 juin 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/changements-climatiques/carbone-forestier/inventaire-changements-dans-l-utilisation-terres

Kurz WA, Hayne S et al.  Quantifying the impacts of human activities on reported greenhouse gas emissions and removal in Canada’s managed forest: conceptual framework and implementation. Can J  For Res. 2018;48(10),1227–1240. https://doi.org/10.1139/cjfr-2018-0176

Kurz WA Shaw CH et al. Carbon in Canada’s boreal forest: a synthesis. Environ Rev. 2013;21(4):260–292. https://doi.org/10.1139/er-2013-0041

Le Modèle du bilan du carbone. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 11 juillet 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/changements-climatiques/changements-climatique-forets/modele-bilan-carbone

Lemprière, TC, KurzWA et al. Canadian boreal forests and climate change mitigation. Environ Rev. 2013;21(4):293–321. https://doi.org/10.1139/er-2013-0039

MetsarantaJM, Shaw CH et al. Uncertainty of inventory-based estimates of the carbon dynamics of Canada’s managed forest (1990–2014). Can J For Res. 47(8):1082–1094. https://doi.org/10.1139/cjfr-2017-0088

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Stinson G, Kurz, WA et al. An inventory-based analysis of Canada’s managed forest carbon dynamics, 1990 to 2008. Glob Chang Biol. 2011;17(6):2227–2244. https://doi.org/10.1111/j.1365-2486.2010.02369.x

Quels avantages les forêts procurent-elles aux Canadiennes et aux Canadiens?

Les forêts sont au cœur des identités, de la santé, des cultures, de l’environnement et de l’économie du Canada. Elles fournissent des emplois, absorbent le carbone, soutiennent la biodiversité et possèdent une importance sociale et culturelle. Elles offrent également des possibilités de loisirs et d’innovation dans une bioéconomie en plein essor.

Une composante essentielle des communautés, de la santé, des cultures et des identités du Canada

Arbre culturellement modifié

Plusieurs groupes autochtones du Canada modifient les arbres au sein de leurs pratiques culturelles. Les arbres culturellement modifiés sont des arbres vivants qui ont été visiblement transformés dans le cadre de traditions culturelles. Ces modifications, comme la récolte d’écorce et de planches, servaient à fabriquer des vêtements, des paniers, des abris et divers outils tout en permettant aux arbres de se rétablir et d’être utilisés à nouveau au fil des générations. Les arbres culturellement modifiés constituent des traces durables du lien des peuples autochtones avec la forêt, ainsi que de leur utilisation et de leur intendance des terres, et sont reconnus comme d’importantes ressources du patrimoine culturel.

Plus d’un tiers des Canadiens réside dans les forêts ou à proximité, ce qui souligne l’importance des forêts dans la vie quotidienne et le bien-être de la population. Les forêts, y compris les forêts urbaines (arbres, forêts et espaces verts au sein des villes1), améliorent la qualité de vie en réduisant le stress2, en soutenant les rapports culturels, spirituels et liés aux moyens de subsistance, et en servant de lien tangible entre les générations passées, présentes et futures, les traditions et la terre. Elles offrent également des possibilités de loisirs et d’écotourisme aux habitants des zones rurales et urbaines3.

Les forêts sont essentielles aux modes de vie, aux cultures et aux économies de nombreux peuples autochtones du Canada. En 2021, près d’un million de membres des Premières Nations, d’Inuits et de Métis vivaient à l’intérieur ou à proximité des forêts4-6. Les droits ancestraux et issus de traités sont de plus en plus reflétés dans les politiques forestières et les pratiques d’aménagement forestier, ce qui constitue une étape essentielle pour l’avancement de la gouvernance et de l’autodétermination des Autochtones7. L’utilisation durable des forêts, ancrée dans les systèmes de savoir autochtone, peut soutenir les pratiques cérémonielles et de subsistance, tout en stimulant la prospérité économique8.

Protéger l’environnement au Canada

Les forêts sont bien plus qu’un ensemble d’arbres : ce sont des écosystèmes complexes qui comprennent également le sol, l’air, l’eau et tous les organismes vivants dont la survie dépend des forêts9. Les forêts remplissent plusieurs fonctions écologiques qui contribuent à l’atténuation des changements climatiques et à l’adaptation à ceux-ci, comme le stockage du carbone, le cycle des nutriments, la purification de l’eau et de l’air ainsi que la conservation des habitats fauniques10. À l’échelle mondiale, les forêts contribuent au maintien du bilan de carbone de la Terre en absorbant le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère pendant leur croissance et en libérant le CO2 et d’autres gaz à effet de serre (GES) lorsqu’elles se décomposent ou brûlent. Le sol des écosystèmes forestiers joue également un rôle essentiel pour traiter les eaux, les nutriments et les contaminants, et pour préserver la santé générale des forêts, dont dépend la production de fibres, d’aliments et de combustibles11.

Les produits forestiers offrent également des solutions durables pour répondre aux besoins en matière de logement. Par exemple, la fabrication du bois massif produit moins d’émissions de GES que celle d’autres matériaux de construction, tout en assurant un stockage du carbone à long terme. Lorsqu’ils sont combinés à d’autres choix de conception économiques, les produits en bois peuvent réduire jusqu’à 40 % du carbone intrinsèque des bâtiments12.

Un pilier de l’économie canadienne

Le secteur forestier comprend la foresterie et l’exploitation forestière, les activités de soutien à la foresterie, la fabrication de produits en bois et la fabrication du papier. Le secteur forestier est un employeur important à l’échelle nationale et contribue au bien-être économique et social de la population canadienne. Les emplois dans le secteur des forêts sont particulièrement importants dans de nombreuses communautés rurales et autochtones, où ils constituent une source clé de revenus. En 2021, plus de 70 000 travailleurs du secteur forestier vivaient dans des communautés rurales, soit environ 40 % de l’ensemble des travailleurs du secteur. Le secteur forestier emploie aussi directement plus de 11 000 Autochtones et affiche un taux de travailleurs autochtones (6 %) plus élevé que dans l’ensemble de la main-d’œuvre (4 %)13.

Le secteur forestier contribue également au produit intérieur brut (PIB) du Canada. En 2024, le PIB nominal s’élevait à 30,7 milliards de dollars, ce qui représente une baisse de 1,1 % par rapport à 2023.

Les produits forestiers conventionnels, comme le bois d’œuvre, les panneaux structuraux, la pâte, le papier, le papier journal, le papier hygiénique et les emballages, demeurent essentiels. Cependant, le bois joue également un rôle grandissant dans le secteur du logement, grâce à des produits innovants comme le bois massif et la construction préfabriquée, qui peuvent offrir des solutions de construction à la fois économiques et respectueuses du climat. Au-delà de ces utilisations, les résidus de récolte peuvent être décomposés en leurs principaux composants (cellulose, hémicellulose et lignine) pour créer un large éventail de matériaux14 ainsi que de la bioénergie15. Par exemple, les systèmes de production de chaleur et d’électricité à partir de la biomasse forestière peuvent contribuer à décarboniser l’industrie et les communautés, tout en soutenant la sécurité énergétique, la réconciliation économique et l’autodétermination des communautés autochtones16.

Sources et informations

  1. Définition des forêts urbaines. Arbres Canada; consulté le 2 septembre 2025. https://arbrescanada.ca/guide-foresterie-urbaine/definition-des-forets-urbaines/
  2. Shan Y, Chen WY, Liu C. Urban forests as a strategy for transforming towards healthy cities. Urban For Urban Green. 2023;81:127871. https://doi.org/10.1016/j.ufug.2023.127871
  3. Les forêts : une partie intégrante de nos collectivités. Conseil canadien des ministres des forêts; consulté le 5 août 2025. https://www.ccmf.org/les-canadiens-et-les-collectivites/les-forets-une-parties-integrantes-de-nos-collectivites/
  4. Inventaire forestier national. Ressources naturelles Canada; consulté le 5 août 2025. https://nfi.nfis.org/fr
  5. Statistique Canada. Recensement de la population de 2021. (extraction spéciale, 24 mars 2023). (voir les remarques a–b)
  6. Biodiversité, conservation et bien-être des peuples autochtones. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 10 janvier 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/peuples-autochtones-ressources-naturelles/biodiversite-conservation-bien-etre-peuples-autochtones (voir les remarques a–b)
  7. Fifth report on Indigenous-held forest tenures. National Aboriginal Forestry Association; 2020 [consulté le 5 août 2025]. https://www.nafaforestry.org/pdf/2020/
  8. Les peuples autochtones et les forêts. Conseil canadien des ministres des forêts; consulté le 5 août 2025. https://www.ccmf.org/les-canadiens-et-les-collectivites/les-peuples-autochtones-et-les-forets/
  9. Gérer pour la diversité : Comment la gestion durable des forêts permet de conserver et de protéger les valeurs forestières diverses du Canada. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 11 janvier 2025]. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/rapports-etat-forets-canada/gerer-diversite-comment-gestion-durable-forets-permet-conserver-proteger-valeurs-forestieres-diverses-canada
  10. Services et produits des écosystèmes forestiers. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 13 janvier 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/amenagement-forestier-durable/services-produits-ecosystemes-forestiers
  11. Sol. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 13 janvier 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/amenagement-forestier-durable/sol
  12. Feuille de route pour le bois de masse : Une chaîne de valeur intégrée de la forêt au bâtiment. Association des produits forestiers du Canada; 2024 [consulté le 5 août 2025]. https://fr.fpac.ca/rapports/the-mass-timber-roadmap
  13. Recensement de 2021. EO3598 Tableau 2. Statistique Canada; mis à jour le 15 novembre 2023. https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/dp-pd/prof/index.cfm?Lang=F
  14. Les produits du bois : partout et pour tous. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 13 janvier 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/industrie-commerce-forestiere/produits-bois-partout-tous
  15. Bioénergie forestière. Ressources naturelles Canada; 2025 [consulté le 8 septembre 2025]. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/industrie-commerce-forestiere/bioenergie-forestiere
  16. Programme Énergie propre pour les collectivités rurales et éloignées. Ressources naturelles Canada; 2025 [consulté le 8 septembre 2025]. https://ressources-naturelles.canada.ca/financement-partenariats/programme-energie-propre-collectivites-rurales-eloignees

Remarques

  1. Les calculs sont basés sur le recensement de la population de 2021 de Statistique Canada5 et la couverture forestière de l’Inventaire forestier national du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada4.
  2. L’analyse spatiale (système d’information géographique) a utilisé les deux sources4,5 pour calculer le pourcentage de couverture forestière par subdivision de recensement. Pour être considérée comme une zone forestière, une subdivision de recensement doit contenir 25 % ou plus de couverture forestière. Les populations résidant dans ces subdivisions de recensement forestières sont considérées comme vivant dans des forêts ou à proximité de celles-ci. De plus, ces sources ont été utilisées pour calculer le nombre de membres des Premières Nations, d’Inuits et de Métis qui vivent dans les forêts ou à proximité.

Indicateur : emploi dans le secteur forestier

Les composantes du secteur forestier sont fortement interconnectées et dépendantes les unes des autres, les scieries constituant un pilier essentiel. La demande de bois d’œuvre soutient les emplois dans la foresterie et l’exploitation forestière en amont, tandis que les sous-produits industriels issus de la production de bois d’œuvre fournissent les industries en aval, comme les pâtes et papiers, les panneaux de bois et la bioénergie. Par conséquent, la fermeture d’une scierie peut avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

En 2024, le secteur forestier du Canada employait 194 040 personnes, ce qui représente une baisse de 2,6 % par rapport à 20231. Selon le dernier recensement (2021), la main-d’œuvre du secteur forestier est composée d’environ 19 % de femmes, de 13 % d’immigrants, de 12 % de minorités visibles et de 6 % d’Autochtones2. En 2021, plus de 11 000 Autochtones travaillaient dans le secteur forestier.

  • Après le rebond postpandémique de 2021, l’emploi dans le secteur forestier a diminué au cours des trois dernières années. Bien que tous les sous-secteurs aient enregistré une baisse de l’emploi, le sous-secteur de la fabrication de produits en bois a connu la diminution la plus marquée (3,3 %), en raison de la faiblesse des conditions du marché tout au long de l’année.
  • L’emploi dans les activités de soutien à la foresterie (qui font partie des activités en forêt et comprennent les services de conservation des forêts et de reboisement, l’inventaire du bois d’œuvre et les activités de lutte contre les incendies) a connu la plus faible diminution de l’emploi (0,6 %). Malgré cette baisse, l’emploi dans les activités de soutien à la foresterie a augmenté au cours de la dernière décennie, reflétant l’importance accrue de l’entretien des forêts et de la gestion des feux de forêt.

Emplois directs dans le secteur forestier canadien, 2014–20241

Résumé du graphique

Comparaison du nombre total d’emplois directs dans le secteur forestier canadien par sous-secteur pour chaque année de 2014 à 2024.

Nombre d’emplois directs.
Année Activités en forêt Fabrication des produits de pâtes et papiers Fabrication des produits du bois
2014 53 005 58 150 93 575
2015 53 650 57 775 95 150
2016 55 635 54 815 100 315
2017 55 180 57 940 103 490
2018 56 360 58 320 102 130
2019 55 350 55 325 100 250
2020 50 330 50 255 89 660
2021 54 575 51 870 100 575
2022 53 380 52 670 100 345
2023 55 255 51 165 92 775
2024 54 565 49 785 89 690

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le secteur forestier est un employeur important au Canada et contribue au bien-être économique et social du pays et de ses communautés.
  • Les emplois dans le secteur forestier sont particulièrement importants dans de nombreuses communautés rurales et autochtones, où ils constituent souvent la principale source de revenus.

Quelles sont les perspectives?

  • L’incertitude économique à court terme liée aux tensions commerciales et à la politique monétaire, ainsi que les problèmes connexes à la disponibilité du bois d’œuvre économique, en particulier en Colombie-Britannique, pourraient avoir des effets négatifs sur l’emploi dans le secteur forestier.
  • L’évolution continue du secteur vers une meilleure efficacité énergétique, une réduction des déchets de fibres, une atténuation des répercussions sur l’environnement et une production accrue de produits de plus grande valeur créera de nouvelles possibilités dans le secteur forestier pour la population canadienne.
  • Les nouvelles initiatives en matière de logement visant à résoudre les problèmes d’abordabilité pourraient accroître la demande de matériaux de construction à base de bois et contribuer à renforcer l’emploi dans le secteur forestier.
  • La diversification par le biais de la transformation secondaire et tertiaire des produits en bois (bioproduits de pointe, bois massif pour la construction, éléments modulaires pour le logement) peut protéger les emplois existants, créer de nouvelles possibilités d’emploi directes et générer des secteurs d’activité à plus forte valeur ajoutée.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Tableau 36-10-0489-01. Statistiques du travail conformes au Système de comptabilité nationale (SCN), selon la catégorie d’emploi et l’industrie; 2020–2024 [mis à jour le 5 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610048901&request_locale=fr (voir les remarques a à d)
  2. Statistique Canada. Recensement de la population de 2021. (extraction spéciale, reçue le 10 mars 2023) https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/index-fra.cfm?DGUID=2021A000011124 (voir la remarque e)
  3. Loi sur les Indiens, LRC 1985, c I-5, s 5(1). Gouvernement du Canada; 1985 [mis à jour le 28 août 2025]. https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/i-5/page-1.html (voir la remarque f)

Remarques

  1. Les données comprennent les codes 113, 1153, 321 et 322 du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord.
  2. L’emploi comprend les emplois occupés par les personnes employées directement dans les industries suivantes : foresterie et exploitation forestière, activités de soutien à la foresterie, fabrication de produits en pâte et en papier, et fabrication de produits en bois.
  3. Le Service canadien des forêts préfère utiliser les données sur l’emploi du système de comptabilité nationale (SCN) de Statistique Canada, car ces données sont liées au cadre sous-jacent utilisé pour établir le système de comptabilité nationale du Canada.
  4. Les données sont basées sur la publication des données annuelles du SCN du printemps 2024. Les estimations sur l’emploi du SCN sont souvent révisées dans les versions ultérieures. Les comparaisons d’une année à l’autre sont calculées à partir des estimations disponibles les plus récentes.
  5. Les valeurs se rapportent au nombre de personnes employées.
  6. Le terme « Autochtone » fait référence aux membres des Premières Nations, aux Inuits et/ou Métis, y compris les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens3 et/ou les membres d’une Première Nation ou d’une bande indienne.

Indicateur : revenu moyen du secteur forestier

Le revenu moyen d’emploi fait référence au revenu annuel net moyen par personne directement employée dans le secteur forestier, sans tenir compte de la rémunération des heures supplémentaires.

En 2024, le revenu moyen d’emploi dans l’ensemble du secteur forestier a diminué de 1,2 % par rapport à 2023 pour s’établir à environ 55 800 $ par année1,2 (calculé en dollars de 2017)3. Ce montant est 4,5 % inférieur au sommet atteint au cours des dix dernières années, soit 58 400 $ en 20211,2. Malgré des variations annuelles, la tendance générale au cours de la dernière décennie est à la hausse, avec un revenu moyen en 2024 supérieur de 3,2 % à celui de 20141,2.

  • En 2024, le revenu moyen a diminué de 3,2 % dans le sous-secteur de la fabrication de produits en bois et de 3,5 % dans celui de la foresterie et l’exploitation forestière par rapport à 20231,2. La faiblesse des prix du bois d’œuvre4, la faible demande, l’augmentation des coûts d’exploitation liés à l’inflation et la diminution de la disponibilité de bois commercial ont exercé une pression à la baisse sur les revenus des entreprises, incitant ces dernières à adopter des mesures de réduction des coûts qui ont eu une incidence sur les salaires.
  • À l’inverse, le sous-secteur de la fabrication de produits de pâtes et papiers a connu une augmentation moyenne des revenus de 2,6 % entre 2023 et 20241,2. Cette augmentation des salaires est attribuable à la croissance de la demande mondiale pour la pâte et les produits d’emballage durables, dans un contexte où il demeure difficile d’attirer et de retenir des travailleurs qualifiés5,6. Les progrès réalisés en matière d’efficacité et de productivité dans les usines requièrent un effectif réduit, mais plus spécialisé, composé de travailleurs mieux rémunérés, qui peuvent utiliser des procédés de fabrication plus automatisés5,6.
  • Globalement, le revenu moyen du secteur forestier est resté légèrement supérieur à ceux de l’ensemble de l’industrie manufacturière. Cette tendance a été principalement soutenue par la hausse des salaires dans le sous-secteur des pâtes et papiers1,2.

Revenu moyen dans le secteur forestier par rapport à l’ensemble des secteurs manufacturiers au Canada, 2014–202413

Remarque : Le revenu moyen est déclaré en dollars réels dans cet indicateur (c.-à-d. corrigé en fonction de l’inflation, en dollars de 2017).

Résumé du graphique

Comparaison des revenus moyens dans le secteur forestier par sous-secteur et pour tous les autres secteurs manufacturiers au Canada pour chaque année de 2014 à 2024.

Revenu moyen (valeur du dollar de 2017).
Année Foresterie et exploitation forestière Fabrication des produits de pâtes et papiers Fabrication des produits du bois Tous les secteurs manufacturiers
2014 52 923 60 164 49 034 53 912
2015 55 612 65 080 50 391 55 139
2016 55 438 67 565 51 133 55 027
2017 54 713 64 353 54 109 54 097
2018 55 895 61 089 49 347 52 923
2019 56 285 67 684 49 983 54 107
2020 56 182 62 367 52 044 54 724
2021 56 435 66 531 52 296 54 131
2022 54 964 62 744 49 062 53 636
2023 56 233 62 288 50 808 53 682
2024 54 253 63 901 49 171 54 199

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Dans le secteur forestier, les tendances en matière de revenu moyen d’emploi mettent en lumière l’importance du secteur pour l’économie et le bien-être social de la population canadienne, en comparaison avec d’autres industries.
  • La croissance réelle des salaires (ajustée selon l’inflation) reflète l’évolution du pouvoir d’achat réel des employés du secteur forestier.

Quelles sont les perspectives?

  • À court et à moyen terme, les efforts déployés au Canada et aux États-Unis pour accroître la construction résidentielle, un moteur important de la demande de produits en bois massif, pourraient soutenir la croissance des sous-secteurs de la fabrication de produits en bois et de la foresterie et de l’exploitation forestière. Cela pourrait par la suite améliorer les conditions d’emploi, y compris le revenu moyen7,8.
  • Pour demeurer concurrentiel et faire face à la vague de retraites anticipées dans les années à venir, le secteur devra sans doute offrir une rémunération plus attrayante afin de recruter et de retenir les talents.
  • À plus long terme, l’augmentation de la productivité et la croissance continue, de même qu’un accent mis davantage sur les produits de grande valeur et sur la bioéconomie, pourraient favoriser la création d’emplois hautement spécialisés et bien rémunérés7,8.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Tableau 14-10-0204-01. Rémunération hebdomadaire moyenne selon l’industrie, données annuelles; 2020–2024 [mis à jour le 5 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410020401&request_locale=fr (voir les remarques ac)
  2. Statistique Canada. Tableau 14-10-0202-01. Emploi selon l’industrie, données annuelles; 2020–2024 [mis à jour le 5 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410020201&request_locale=fr (voir les remarques bc)
  3. Statistique Canada. Tableau 18-10-0005-01. Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé; 2020–2024 [mis à jour le 5 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810000501&request_locale=fr (voir les remarques b et c)
  4. Prix actuel du bois d’œuvre, de la pâte et des panneaux. Gouvernement du Canada; mis à jour le 27 août 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/marche-national-marches-internationaux/prix-actuel-bois-doeuvre-pate-panneaux
  5. Enquête annuelle sur les industries manufacturières, 2023. Statistique Canada; publié le 18 décembre 2024. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/241218/dq241218c-fra.htm
  6. Explorer le marché du travail au Canada. Guichet-Emplois; mis à jour le 14 janvier 2025. https://www.guichetemplois.gc.ca/analyse-tendances/rapports-marche-travail (voir la remarque d)
  7. ResourceWise’s 2025 forest products industry predictions. ResourceWise; consulté en 2025. www.resourcewise.com
  8. Aperçu de l’industrie forestière du Canada. Ressources naturelles Canada; mis à jour le 12 mars 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/forets-foresterie/industrie-commerce-forestiere/apercu-lindustrie-forestiere-canada

Remarques

  1. Les données ne tiennent pas compte des heures supplémentaires.
  2. À partir de 2023, les revenus moyens ont été calculés en utilisant l’indice des prix à la consommation ramené en dollars de 2017 (comparativement aux années précédentes, où les dollars de 2012 étaient utilisés).
  3. Avant 2018, le rapport annuel sur L’état des forêts au Canada calculait les revenus moyens réels en utilisant le PIB aux prix du marché comme mesure de l’inflation. Les versions plus récentes utilisent l’indice des prix à la consommation (y compris les produits volatils) parce qu’il constitue un meilleur indicateur du pouvoir d’achat des Canadiens.
  4. Les données proviennent des codes 113 (foresterie et exploitation forestière), 321 (fabrication de produits en bois), 322 (fabrication de papier) et 1153 (activités de soutien à la foresterie) du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord pour chaque province.

Indicateur : communautés forestières

Les peuples autochtones entretiennent une relation privilégiée avec les forêts du Canada, aussi bien sur le plan géographique que sur le plan culturel. Selon le recensement de 2021, près d’un million d’Autochtones vivent dans les forêts ou à proximité, et plus de 11 000 travaillent dans le secteur forestier.

Les forêts soutiennent les moyens de subsistance d’un grand nombre de Canadiens et de collectivités partout au pays, en fournissant d’importants avantages environnementaux, économiques et culturels, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Le secteur forestier génère des emplois locaux et crée des possibilités de développement économique, renforçant ainsi l’autonomie des collectivités.

  • Plus d’un tiers des Canadiens vivent à l’intérieur ou à proximité de zones forestières1,2.
  • Les zones forestières sont des terres principalement couvertes d’arbres et de végétation associée, y compris les régions éloignées, rurales et certaines régions périurbaines.
  • Ces zones sont surtout présentes dans des provinces comme la Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario, où la proportion de couvert forestier est la plus élevée au pays.
  • Le Canada compte plus de 630 communautés des Premières Nations, dont la majorité vit à proximité des forêts dont elles dépendent3. Dans environ 300 de ces communautés, le secteur forestier est une source essentielle d’emplois et de revenus1.
  • Ces communautés dépendantes de la forêt représentent environ 2 % de la population nationale, soit environ 620 000 personnes.

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les communautés dépendantes de la forêt du Canada sont les gardiennes des paysages forestiers. Elles participent à l’aménagement forestier durable (AFD), surveillent la faune et gèrent les feux de forêt. Ces activités sont essentielles à la mise en œuvre d’initiatives locales d’atténuation et d’adaptation en milieu forestier. De plus, les communautés vivant à proximité des forêts dépendent fortement du secteur forestier pour les emplois et les revenus. Tout ralentissement du secteur a donc des répercussions non seulement sur les travailleurs, mais aussi sur le bien-être social et économique de l’ensemble de la communauté.
  • Les forêts revêtent une importance culturelle pour de nombreuses communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, car elles jouent un rôle essentiel pour leur santé et leur bien-être général, au-delà des avantages économiques. De plus, elles offrent aux résidents des communautés qui en dépendent divers services environnementaux et des possibilités de loisirs.

Quelles sont les perspectives?

  • Les changements climatiques restent une menace importante pour les forêts du Canada, non pas parce que les feux de forêt ou les épidémies de ravageurs sont nouveaux, mais parce qu’ils deviennent plus fréquents, plus intenses et plus étendus. Bien que ces perturbations fassent partie des cycles naturels des forêts, leur ampleur croissante menace la santé et la résilience des écosystèmes forestiers. Les communautés dépendantes de la forêt joueront un rôle clé dans l’élaboration et la mise en œuvre de pratiques d’aménagement forestier adaptées et construire des paysages forestiers résilients.
  • Une main-d’œuvre qualifiée et résiliente est essentielle pour aider le secteur forestier à s’adapter à l’évolution des conditions du marché et à la transition du Canada vers une économie à faibles émissions de carbone. Le recrutement, la formation et la rétention restent des défis persistants, en particulier dans les communautés dépendantes de la forêt, où les jeunes migrent souvent vers les centres urbains et où la main-d’œuvre est moins nombreuse à entrer dans le secteur en raison d’un manque de possibilités d’emploi diversifiées et de perceptions négatives. Des efforts continus en matière de recrutement, de formation et de rétention sont nécessaires pour soutenir le secteur. Le renforcement des parcours de formation locaux et la promotion des possibilités de carrière dans les zones rurales sont essentiels pour soutenir le secteur ainsi que la capacité des communautés forestières à s’adapter et à prospérer.
  • Les communautés autochtones, en particulier celles situées dans les régions forestières ou à proximité, peuvent soutenir l’adaptation aux changements climatiques, contribuer à pallier la pénurie de main-d’œuvre et apporter un regain de vitalité aux communautés forestières vieillissantes.

Sources et informations

  1. Recensement de la population de 2021 (extraction spéciale, 24 mars 2023). Statistique Canada; mis à jour le 25 juin 2025.https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/index-fra.cfm?DGUID=2021A000011124 (voir les remarques a–f)
  2. Inventaire forestier national; consulté le 3 septembre 2025. https://nfi.nfis.org/fr (voir les remarques ef)
  3. Premières Nations. Gouvernement du Canada; mis à jour le 22 mai 2025. https://www.rcaanc-cirnac.gc.ca/fra/1100100013791/1535470872302 (voir la remarque f)
  4. Tableau 1.3 : Nombre de subdivisions de recensement selon la Classification des secteurs statistiques, Recensement de 2021. Statistique Canada; Mis à jour le 22 novembre 2022.https://www12-2021.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/ref/dict/tab/index-fra.cfm?ID=T1_3

Remarques

  1. L’indicateur des communautés forestières est basé sur les subdivisions de recensement de Statistique Canada. Une subdivision de recensement est définie par Statistique Canada comme « le terme générique qui désigne les municipalités (selon les lois provinciales/territoriales) ou les territoires considérés comme des équivalents municipaux à des fins statistiques (p. ex., les réserves indiennes, les établissements indiens et les territoires non organisés) ». Puisqu’il n’existe pas de définition normalisée de la communauté dans les provinces et les territoires, l’utilisation des subdivisions de recensement permet d’adopter une approche cohérente dans les rapports au fil du temps. En 2021, le Canada comptait 5 161 subdivisions de recensement4.
  2. En 2019, le Service canadien des forêts (SCF) a adopté une nouvelle méthodologie pour identifier les communautés qui dépendent de l’activité économique des secteurs des ressources naturelles. La méthodologie utilisée est basée sur l’indice de dépendance sectorielle (IDS), une approche bien établie pour évaluer l’importance relative d’un secteur donné pour les économies locales. En plus de considérer la part du revenu total généré par le secteur forestier, le SCF a utilisé l’IDS pour établir si le secteur forestier fournit un nombre élevé d’emplois par rapport à la communauté canadienne moyenne. Les calculs établissent aussi s’il existe de nombreux autres secteurs qui sont également une source d’emplois pour les résidents.
  3. En 2018, L’état des forêts au Canada : Rapport annuel indiquait que le secteur forestier était une source importante de revenus pour 105 subdivisions de recensement au Canada. En 2019, suivant la nouvelle méthode, elle a indiqué que 300 communautés canadiennes dépendent du secteur forestier pour une part importante de leur activité économique.
  4. Les données sur l’emploi du recensement de la population de 2021 de Statistique Canada font référence au nombre de personnes employées, par opposition à la taille de la population active (qui comprend les personnes sans emploi).
  5. Pour être considérée comme forestière, une subdivision de recensement doit contenir 25 % ou plus de couverture forestière. Les populations résidant dans ces subdivisions de recensement forestières sont considérées comme vivant dans des forêts ou à proximité de celles-ci.
  6. Le SCF a calculé le nombre d’Autochtones et de Canadiens qui vivent dans des forêts ou à proximité de celles-ci à partir d’une analyse spatiale (système d’information géographique). Les deux sources mentionnées dans cette section (l’Inventaire forestier national et Statistique Canada) ont servi à calculer le pourcentage de couverture forestière par subdivision de recensement.

Comment le secteur forestier contribue-t-il à l’économie?

Le secteur forestier constitue un pilier important de l’économie canadienne. Il fournit un éventail de biens et de services qui soutiennent les moyens de subsistance des communautés et des personnes dans l’ensemble du pays. En 2024, le secteur forestier a contribué pour 30,7 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) nominal du Canada, a employé directement 194 040 personnes et a exporté pour 37,2 milliards de dollars de produits forestiers1-7.

Contributions du secteur forestier dans la production de produits environnementaux et de technologies propres au Canada7

Version texte

Grande région Exportations de produits forestiers (2024)
Chine 3,7 milliards $
Asie de l’Est et Pacifique 2,6 milliards $
Europe et Asie centrale 1,0 milliard $
Amérique latine et Caraïbes 386 millions $
Moyen-Orient et Afrique du Nord 86 millions $
Amérique du Nord 3,2 millions $
Asie du Sud 892 millions $
Afrique subsaharienne 68 millions $
États-Unis 28,5 milliards $
Total 37,2 milliards $

Le secteur forestier, qui fait partie de la bioéconomie, contribue de manière importante au secteur des produits environnementaux et de technologies propres au Canada. Par exemple, les sous-produits des activités de récolte et de transformation industrielle sont utilisés pour fabriquer toute une gamme de produits renouvelables à faibles émissions de carbone pour remplacer des produits de consommation courante, comme les carburants, les plastiques et les textiles. La part des emplois du secteur forestier qui relèvent du secteur des produits environnementaux et de technologies propres (6,1 %) dépasse celle de l’économie dans son ensemble (1,7 %)8-10. La valeur (et la part) des produits environnementaux et de technologies propres attribuables au secteur forestier a diminué, passant de 1,8 milliard de dollars (2,3 %) en 2022 à 1,4 milliard de dollars (1,7 %) en 20239,10. Cette baisse est en grande partie due à une diminution de la fabrication de produits en bois, qui représente près de la moitié de la contribution du secteur forestier. La diminution de la fabrication de produits en bois fait suite à l’affaiblissement de la demande en 2023, attribuable à l’inflation et à l’augmentation des taux d’intérêt. Tous secteurs confondus, les produits environnementaux et de technologies propres sont évalués à 80,8 milliards de dollars, soit environ 3,0 % du PIB nominal du Canada9,-11.

Les contributions du secteur forestier à travers le Canada

L’activité du secteur forestier soutient directement les moyens de subsistance de 194 040 personnes au Canada. Les contributions les plus importantes à l’emploi se situent au Québec (30 % des emplois du secteur forestier national), en Colombie-Britannique (25 %) et en Ontario (20 %), tandis que l’Alberta (10 %), le Canada atlantique (10 %), les Prairies (5 %) et les Territoires (0,1 %) représentent le reste des emplois du secteur forestier. Les contributions du secteur forestier sont particulièrement importantes dans de nombreuses communautés rurales, éloignées et autochtones, où la diversification économique est souvent limitée, ce qui fait du travail forestier une source essentielle d’emploi et de revenu. Selon le recensement de 2021, le secteur forestier compte une plus grande participation de travailleurs autochtones (6 %) que l’ensemble de la main-d’œuvre (4 %), et plus de 40 % des travailleurs du secteur forestier vivent dans des communautés rurales et éloignées13. De plus, le secteur forestier génère environ 3,2 milliards de dollars de revenus pour les gouvernements provinciaux et territoriaux (2021) par le biais des droits de coupe et de divers autres frais14.

Les produits forestiers canadiens sur le marché mondial

Le Canada est l’un des principaux fabricants et exportateurs mondiaux de produits forestiers. Le secteur, fortement axé sur l’exportation, représente 5 % (37,2 milliards de dollars) des exportations de biens du Canada et contribue à la balance commerciale du pays (exportations moins importations) par un excédent commercial de 22 milliards de dollars (les exportations dépassent les importations)15. En valeur monétaire, le Canada est le chef de file mondial de l’exportation de bois d’œuvre de résineux, de panneaux de copeaux orientés, de pâte kraft blanchie de résineux de l’hémisphère Nord et de papier journal. La plupart des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis (76 %), à la Chine (10 %) et au Japon (3 %). Le Canada travaille activement à l’expansion vers de nouveaux marchés et à la conception de nouveaux débouchés pour les produits forestiers canadiens.

L’innovation dans le secteur forestier canadien

Les produits forestiers novateurs continuent de gagner en popularité et occupent une place de plus en plus importante dans l’économie canadienne. Ces produits forestiers de nouvelle génération comprennent des produits et systèmes de construction en bois avancés, comme les panneaux lamellés-croisés, des biocarburants pouvant remplacer les combustibles fossiles et des substituts biodégradables aux plastiques à usage unique. Le gouvernement du Canada appuie le processus de développement et de commercialisation des produits forestiers de nouvelle génération par le biais de programmes comme le Programme d’innovation forestière, Investissements dans la transformation de l’industrie forestière et le Programme de construction verte en bois.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Tableau 18-10-0265-01. Indice des prix des produits industriels, par principaux groupes de produits, mensuel; Févr. 2025–juin 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810026501&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  2. Statistique Canada. Tableau 18-10-0267-01. Indice des prix des produits industriels, par industries, mensuel; Févr. 2025–juin 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810026701&request_locale=fr) (voir les remarques a et b)
  3. Statistique Canada. Tableau 18-10-0268-01. Indice des prix des matières brutes, mensuel; Févr. 2025–juin 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810026801&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  4. Statistique Canada. Tableau 36-10-0434-01. Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, par industries, mensuel (x 1 000 000); Janv. 2025–mai 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610043401&request_locale=fr  (voir les remarques a et b)
  5. Statistique Canada. Tableau 36-10-0401-01. Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, par industries (x 1 000 000); 2017–2021 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610040101&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  6. Statistique Canada. Tableau 36-10-0489-01. Statistiques du travail conformes au Système de comptabilité nationale (SCN), selon la catégorie d’emploi et l’industrie; 2020–2024 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610048901&request_locale=fr
  7. Statistique Canada. Données sur le commerce de marchandises (extraction spéciale, 3 avril 2025). (voir les remarques c et d)
  8. Statistique Canada. Tableau 36-10-0480-01. Productivité du travail et mesures connexes par industrie du secteur des entreprises et par activité non commerciale, conformes aux comptes des industries; 2020–2024 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610048001&request_locale=fr
  9. Statistique Canada. Tableau 36-10-0632-01. Compte des produits environnementaux et de technologies propres, emplois; 2019–2023 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610063201&request_locale=fr (voir la remarque e)
  10. Statistique Canada. Tableau 36-10-0645-01. Compte des produits environnementaux et de technologies propres, production, produit intérieur brut et rémunération des salariés par industrie; 2019–2023 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610064501&request_locale=fr (voir la remarque e)
  11. Statistique Canada. Tableau 36-10-0221-01. Produit intérieur brut, en termes de revenus, provinciaux et territoriaux, annuel (x 1 000 000); 2019–2023 [consulté le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610022101&request_locale=fr
  12. Statistique Canada. Données sur le commerce de marchandises (extraction spéciale, 3 avril, 2025). (voir la remarque d)
  13. Statistique Canada. Recensement de la population de 2021 (extraction spéciale, reçue le 10 mars, 2023). https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2021/dp-pd/index-fra.cfm
  14. Revenus provenant de la vente de bois sur les terres provinciales de la Couronne. Base de données nationale sur les forêts; Consulté le 22 mai 2025. http://nfdp.ccfm.org/fr/download.php
  15. Global Trade Atlas. IHS Connect; consulté le 23 mai 2025. (voir les remarques d et f)

Remarques

  1. PIB en prix constants de 2017 et déflateurs de prix estimés de l’industrie, indexés à 2017.
  2. Pour le PIB nominal jusqu’à (et incluant) 2017.
  3. Chaque produit de cet ensemble de données représente le total d’un regroupement personnalisé de codes SH. Le tableau suivant présente les données de la figure :
  4. Régions* Exportations de produits forestiers (2024)
    Chine 3 673 975 121 $
    Asie de l’Est et Pacifique 2 644 649 396 $
    Europe et Asie centrale 1 023 158 077 $
    Amérique latine et Caraïbes 385 616 666 $
    Moyen-Orient et Afrique du Nord 85 651 296 $
    Amérique du Nord 3 201 651 $
    Asie du Sud 891 959 323 $
    Afrique subsaharienne 68 095 135 $
    États-Unis 28 469 777 434 $
    Total 37 246 084 099 $

    *Les régions sont classées selon la Banque mondiale. L’Antarctique n’est pas inclus (le Canada a exporté 28 $ de produits forestiers vers l’Antarctique en 2024).

  1. Les produits forestiers ne comprennent que les codes SH 44, 47 et 48.
  2. Les estimations proviennent du Compte économique des produits environnementaux et de technologies propres (CEPETP). Les estimations du PIB selon le CEPETP sont exprimées en termes nominaux. Les estimations pour 2022 et 2023 sont préliminaires. Les produits environnementaux et de technologies propres sont définis comme tout processus, produit ou service qui réduit les impacts environnementaux au moyen de l’une des trois stratégies suivantes : (1) les activités de protection de l’environnement qui préviennent, réduisent ou éliminent la pollution ou toute autre dégradation de l’environnement; (2) les activités de gestion des ressources qui entraînent une utilisation plus efficace des ressources naturelles, ce qui les empêche de s’épuiser; et (3) l’utilisation de biens qui ont été adaptés de façon à consommer beaucoup moins d’énergie ou de ressources que la norme de l’industrie.
  3. Les comparaisons de valeurs mondiales se font en fonction du dollar américain.

Indicateur : produit intérieur brut du secteur forestier

Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure de la taille de l’économie d’un pays.

Le PIB nominal est la valeur totale de tous les biens et services finaux produits annuellement dans un pays.

Le PIB réel tient compte des variations de prix et présente un portrait plus exact de l’évolution du rendement économique dans le temps.

En 2024, le secteur forestier a contribué à hauteur de 30,7 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) nominal, soit une baisse de 1,1 % par rapport à 2023, et a contribué à hauteur de 1,1 % au PIB nominal total du Canada1-5. Le PIB réel du secteur forestier a également diminué de 1,7 % par rapport à l’année précédente6.

Le secteur forestier a eu un rendement inférieur à celui de l’ensemble de l’économie canadienne, qui a augmenté de 2,5 % (PIB nominal) et de 1,6 % (PIB réel) en 20241-6.

  • Les prix du bois d’œuvre de résineux et des panneaux de copeaux orientés ont augmenté par rapport à 2023. Ces prix élevés ont contribué à la croissance du sous-secteur de la fabrication de produits en bois, dont le PIB réel a augmenté de 1,8 % et le PIB nominal de 4,2 % par rapport à 2023, malgré la baisse globale du PIB observée dans l’ensemble du secteur forestier1-6.
  • La légère hausse des prix de la pâte a été contrebalancée par la baisse des volumes de production de pâte en 2024. De plus, la réduction des prix du papier et de l’emballage, jumelée à une légère augmentation de la production, a entraîné une diminution de 5,3 % du PIB nominal par rapport à 2023 pour le sous-secteur de la fabrication de pâte et papier1-5.
  • Le PIB nominal du sous-secteur de la foresterie et de l’exploitation forestière a diminué de 8,8 %, principalement en raison d’une réduction des récoltes en Colombie-Britannique résultant de la faiblesse des conditions du marché, des difficultés d’accès au bois commercial et des perturbations naturelles comme les feux de forêt1-5.

Produit intérieur brut (PIB) nominal du secteur forestier canadien, 2014–20241-5

Résumé du graphique

Comparaison du produit intérieur brut nominal du secteur forestier canadien par sous-secteur pour chaque année de 2014 à 2024.

Produit intérieur brut nominal (en milliard de dollars).
Année Foresterie et exploitation forestière Fabrication des produits du bois Fabrication des pâtes et papiers
2014 3,73 8,72 7,93
2015 3,99 8,96 8,58
2016 4,09 9,99 8,61
2017 4,52 11,12 8,84
2018 4,82 11,86 10,47
2019 4,28 9,34 9,22
2020 4,04 11,88 8,11
2021 5,98 21,51 9,03
2022 6,85 21,77 10,39
2023 5,30 15,79 9,98
2024 4,83 16,46 9,45

Croissance du produit intérieur brut (PIB) réel du secteur forestier canadien, 2014–20246

Résumé du graphique

Comparaison de la croissance (en pourcentage) du produit intérieur brut réel canadien pour tous les secteurs et pour le secteur forestier de 2014 à 2024.

Croissance du produit intérieur brut réel (% annuel).
Année Total pour tous les secteurs Total pour le secteur forestier
2014 2,8 4,1
2015 0,9 3,1
2016 1,0 0,6
2017 3,1 -2,2
2018 2,8 -0,7
2019 2,0 -5,3
2020 -4,7 -6,9
2021 6,0 7,6
2022 4,1 1,0
2023 1,6 -6,0
2024 1,6 -1,7

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • La contribution au PIB nominal est l’un des principaux indicateurs permettant d’évaluer la taille du secteur forestier du Canada par rapport aux autres secteurs économiques du pays.

Quelles sont les perspectives?

  • Malgré les défis commerciaux actuels et des taux d’intérêt comparativement plus élevés, les perspectives à long terme pour les produits en bois massif demeurent favorables, appuyées par la forte demande attendue de nouveaux logements au Canada et aux États-Unis, et par les objectifs des deux pays de s’attaquer au problème de l’accessibilité du logement.
  • La demande de contenants en carton et d’autres produits d’emballage constitue un moteur de croissance pour le sous-secteur des pâtes et papiers en raison de l’évolution continue vers le commerce en ligne et la livraison à domicile. D’autres possibilités existent dans le domaine du papier et des produits hygiéniques, ainsi que dans celui des bioproduits à haute valeur ajoutée.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Tableau 18-10-0265-01. Indice des prix des produits industriels, par principaux groupes de produits, mensuel; Févr. 2025–juin 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810026501&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  2. Statistique Canada. Tableau 18-10-0267-01. Indice des prix des produits industriels, par industries, mensuel; Févr. 2025–juin 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810026701&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  3. Statistique Canada. Tableau 18-10-0268-01. Indice des prix des matières brutes, mensuel; Févr. 2025–juin 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1810026801&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  4. Statistique Canada. Tableau 36-10-0434-04. Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, par industries, mensuel (x 1 000 000); Janv. 2025–mai 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610043401&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  5. Statistique Canada. Tableau 36-10-0401-01. Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, par industries (x 1 000); 2017–2021 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610040101&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  6. Statistique Canada. Tableau 36-10-0434-04. Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, par industries, mensuel (x 1,000,000); Janv. 2025-mai 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610043401&request_locale=fr (voir les remarques ce)

Remarques

  1. Pour le PIB nominal jusqu’à (et incluant) 2017.
  2. PIB en prix constants 2017 et déflateurs de prix estimés de l’industrie, indexés à 2017.
  3. PIB réel en prix constants de 2017.
  4. Les PIB nominal et réel diffèrent l’une de l’autre dans la mesure où les valeurs réelles sont corrigées en fonction de l’inflation alors que les valeurs nominales ne le sont pas. Le PIB réel est donc utilisé pour comparer différentes périodes (p. ex., comparer le PIB des deux années précédentes).
  5. Les données du Compte satellite des ressources naturelles (CSRN) de Statistique Canada constituent une source d’information essentielle sur la contribution économique du secteur forestier au Canada. Le CSRN, fruit de la collaboration entre Ressources naturelles Canada et Statistique Canada, est en mesure de saisir l’activité économique dans les segments de l’industrie forestière qui ont traditionnellement été difficiles à mesurer, comme la fabrication de meubles en bois. Selon les données du CSRN, le secteur forestier a généré une contribution directe de 31,5 milliards de dollars au PIB nominal du Canada (1,1 % du PIB total) en 2024.

Indicateur : production de produits forestiers

Le Canada est l’un des principaux producteurs mondiaux de papier journal, de pâte kraft blanchie de résineux de l’hémisphère Nord et de bois d’œuvre de résineux.

En 2024, la production de produits forestiers au Canada est restée stable, ce qui constitue un changement notable par rapport aux tendances à la baisse observées dans la plupart des groupes de produits forestiers au cours des dernières années. Le bois lamellé-collé (11 %) et le bois en placage stratifié (12 %) ont connu une croissance notable par rapport à 20231.

  • La production de bois d’œuvre de résineux est demeurée relativement stable, avec un recul de 1 % en 2024 par rapport à 2023. Cela fait suite à des baisses annuelles de 5 % en 2023 et de 10 % en 2022. La tendance à la baisse de la production de bois d’œuvre depuis 2018 est liée à la réduction de la disponibilité de fibres à faible coût dans les principales régions productrices (p. ex., la Colombie-Britannique) à la suite de l’épidémie de dendroctone du pin ponderosa et des feux de forêt, de plus en plus nombreux et sévères2,3.
  • La production de panneaux structuraux a augmenté de 3 % en 2024 par rapport à 2023, après une baisse de 5 % en 2023. Cette croissance est principalement attribuable à une hausse de la production annuelle de panneaux de copeaux orientés (4 %), soutenue par des prix plus élevés1.
  • La production de pâte de bois d’une année à l’autre a poursuivi sa tendance à la baisse à long terme en 2024, bien qu’à un rythme plus modeste par rapport aux dernières années : en 2024, – 2 %; en 2023, -8 %; et en 2022, -5 %. Bien que la demande d’exportation de pâte de bois ait augmenté en 2024, la production a été limitée en raison de la disponibilité réduite des résidus de scierie (utilisés pour produire la pâte) à la suite de réductions des activités et de fermetures de scieries4.
  • La production de papier graphique est restée stable en 2024 (hausse de 1 % par rapport à l’année précédente), après une forte baisse de 15 % en 20234.

Production canadienne de papier graphique et de pâte de bois, 2014–20244

Résumé du graphique

Comparaison entre la production canadienne du papier graphique total et de la pâte de bois pour chaque année de 2014 à 2024.

Production (en million de tonnes)
Année Papier graphique total Pâte de bois
2014 7,27 16,96
2015 6,54 16,55
2016 6,34 16,51
2017 6,03 16,30
2018 6,05 16,18
2019 5,29 15,42
2020 4,22 14,30
2021 4,32 14,26
2022 4,44 13,58
2023 3,77 12,56
2024 3,81 12,30

Production canadienne de bois d'œuvre résineux et de panneaux de bois structuraux, 2014–202413

Résumé du graphique

Comparaison entre la production de bois d’œuvre résineux et de panneaux de bois structuraux pour chaque année de 2014 à 2024.

Production (en million de mètres cubes).
Année Bois d’œuvre résineux Panneaux de bois structuraux
2014 7,69 1,50
2015 7,97 1,72
2016 8,73 1,60
2017 8,92 1,49
2018 9,17 1,25
2019 8,45 1,03
2020 8,30 1,00
2021 8,94 0,88
2022 8,87 0,87
2023 8,42 0,90
2024 8,64 0,86

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le Canada est l’un des principaux fabricants et exportateurs de produits forestiers au monde, et ses niveaux de production servent d’indicateur précoce des tendances économiques et des conditions du marché qui touchent le secteur forestier.

Quelles sont les perspectives?

  • Un approvisionnement limité en bois commercial dû à la hausse des coûts des billes et à la réduction de la disponibilité de fibres économiques, devrait se poursuivre en 2025, ce qui freinera la production de produits en bois massif et de pâte. Les arrêts de production dans les scieries réduisent aussi l’approvisionnement en copeaux de bois, un intrant essentiel pour la pâte et le papier.
  • À moyen terme, les efforts visant à accroître l’offre de logements au Canada devraient soutenir l’activité de construction nationale et la demande de produits en bois massif (bois d’œuvre et panneaux structuraux).

Sources et informations

  1. Rapports trimestriels sur les approvisionnements. APA: The Engineered Wood Association; consulté le 3 septembre 2025.https://shop.apawood.org/product/quarterly-production-report-subscription/ (voir la remarque a)
  2. Statistique Canada. Tableau 16-10-0045-01. Bois sciés, production, livraisons et stocks, données mensuelles, inactif (x 1 000); Août 2018–déc. 2018 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1610004501&request_locale=fr (voir les remarques bd)
  3. Statistique Canada. Tableau 16-10-0017-01. Bois sciés, production, livraisons et stocks par espèces, données mensuelles (x 1 000); Janv. 2025–mai 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1610001701&request_locale=fr (voir les remarques b, c et e)
  4. Données de production du papier graphique total et de la pâte de bois. Communication personnelle. Conseil des produits des pâtes et papiers; 16 avril 2025 (voir les remarques f et g)

Remarques

  1. Pour les données de production des panneaux structuraux (contreplaqués et panneaux de copeaux orientés).
  2. Les sources de Statistique Canada sont pour les données de production de bois d’œuvre, qui comprennent la production totale de bois résineux pour le Canada.
  3. En janvier 2019, Statistique Canada a indiqué avoir apporté des modifications aux méthodes d’échantillonnage et d’estimation de l’enquête mensuelle sur les scieries, qui est la source des données sur la production de bois d’œuvre de résineux pour cet indicateur. À la suite de ces changements, Statistique Canada a remplacé le tableau 16-10-0017-01 par le tableau 16-10-0045-01 en janvier 2019. Pour plus de renseignements, consultez https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/200302/dq200302a-fra.htm.
  4. Données sur la production de bois d’œuvre pour les années 2010 à 2013 (inclusivement).
  5. Données sur la production de bois d’œuvre pour les années 2014 à 2023 (inclusivement).
  6. Pour les données de production du papier graphique total et de la pâte de bois.
  7. En raison des changements apportés aux méthodes d’échantillonnage et d’estimation dans l’enquête sur les scieries, les lecteurs doivent faire preuve de prudence lorsqu’ils comparent directement des données provenant de sources différentes.

Indicateur : exportations de produits forestiers

En 2024, le Canada demeurait le premier exportateur mondial de bois d’œuvre de résineux, de pâte kraft blanchie de résineux de l’hémisphère Nord, de panneaux de copeaux orientés et de papier journal2.

En 2024, la valeur des exportations totales de produits forestiers du Canada a augmenté de 1 milliard de dollars par rapport à 2023, soit une hausse de 3 %, pour atteindre 37,2 milliards de dollars, une progression principalement attribuable à la hausse des prix. Cela fait suite à une période d’ajustement du marché après des années de volatilité des prix et de perturbations de la chaîne d’approvisionnement1.

  • Les valeurs des exportations de panneaux en bois structuraux ont connu la plus forte croissance en 2024, avec une augmentation de 0,4 milliard de dollars (12 %), marquant ainsi un certain redressement après une forte baisse (33 %) l’année précédente. Cette croissance a été favorisée par une demande soutenue sur les marchés de la construction et de la rénovation. La valeur des exportations de pâte de bois a également augmenté de 0,4 milliard de dollars (5 %), tandis que la valeur des exportations de bois d’œuvre de résineux a légèrement augmenté de 0,3 milliard de dollars (3 %)1.
  • La valeur des exportations de papier d’impression et d’écriture a légèrement augmenté de 16 millions de dollars (0,7 %). Toutefois, le volume exporté a fortement diminué (24 %), reflétant la poursuite du virage vers des solutions numériques1.
  • D’autres produits ont enregistré des tendances variées : les volumes de pâte de bois et de papier journal ont notamment tous deux augmenté de 4 %. En revanche, les volumes d’exportation de bois d’œuvre de résineux ont légèrement diminué de 0,3 %, l’approvisionnement demeurant limité par les réductions de la production et les fermetures d’usines1.

Exportations de produits forestiers canadiens, 2014–20241

Remarque : Les exportations sont présentées en dollars non indexés (non corrigés en fonction de l’inflation).

Résumé du graphique

Comparaison de la valeur des exportations de divers produits forestiers canadiens, pour chaque année de 2014 à 2024.

Exportations (en milliard de dollars)
Année Bois d’œuvre résineux Papier journal Papier d’impression et d’écriture Panneaux de bois structuraux Pâte de bois Autres produits forestiers
2014 8,3 2,6 2,5 1,4 7,5 8,6
2015 8,5 2,3 2,6 1,6 8,0 9,8
2016 10,0 2,2 2,2 2,2 7,6 10,3
2017 10,4 2,0 2,1 2,5 8,3 10,7
2018 10,2 2,3 2,4 2,7 9,7 11,1
2019 8,0 1,9 2,4 2,0 8,0 10,9
2020 10,0 1,3 2,0 2,9 6,7 10,4
2021 16,4 1,4 2,0 5,5 7,7 12,1
2022 13,7 1,8 2,6 4,7 8,9 13,8
2023 8,5 1,7 2,3 3,2 7,5 13,1
2024 8,8 1,5 2,3 3,6 7,9 13,3

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Les exportations de produits forestiers sont l’un des principaux moteurs du secteur forestier et des économies rurales du Canada. Le pays, l’un des plus grands exportateurs de produits forestiers au monde, reste un fournisseur important sur les marchés internationaux.
  • Grâce à un approvisionnement en bois abondant et géré de façon durable, le secteur forestier canadien répond aux besoins des consommateurs du monde entier. En exportant ses produits, il contribue aux objectifs d’atténuation des changements climatiques, tout en apportant une contribution substantielle à l’économie et à la balance commerciale du Canada.

Quelles sont les perspectives?

  • Les perspectives à court terme des exportations de produits forestiers sont incertaines en raison des difficultés commerciales avec les États-Unis. Les droits d’importation imposés par les États-Unis sur le bois d’œuvre de résineux canadien devraient augmenter de manière importante en 2025, et l’enquête de sécurité nationale menée par les États-Unis en vertu de l’article 232 concernant les importations de produits forestiers3 pourrait entraîner de nouvelles mesures commerciales contre les produits forestiers canadiens.
  • Au-delà des défis commerciaux actuels, les perspectives à long terme pour les exportations de produits en bois massif, y compris le bois d’œuvre et les panneaux (structuraux et non structuraux), demeurent favorables. Les efforts visant à accroître l’offre de logements ainsi que l’augmentation des activités de réparation et de rénovation en Amérique du Nord devraient continuer à soutenir la croissance des exportations de produits en bois massif.
  • Les tendances démographiques sous-jacentes devraient entraîner une hausse de la demande en matière de construction, de réparation et de rénovation de logements, tant au Canada qu’aux États-Unis, ce qui soutiendrait la croissance des produits forestiers.
  • La valeur des exportations de certains produits de pâtes et papiers devrait diminuer, car la demande de produits comme le papier journal et le papier d’impression et d’écriture poursuivra sa tendance à la baisse à long terme.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Données sur le commerce de marchandises (extraction spéciale, 4 avril, 2025). (voir la remarque a)
  2. Global Trade Atlas (extraction spéciale, 5 mai 2025). IHS Connect. (voir les remarques bd)
  3. Addressing the threat to national security from imports of timber and lumber. La Maison-Blanche; 1er mars 2025 [consulté le 8 août 2025]. https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/03/addressing-the-threat-to-national-security-from-imports-of-timber-lumber/

Remarques

  1. Chaque produit de cet ensemble de données représente le total d’un regroupement personnalisé de codes SH.
  2. Les produits forestiers ne comprennent que les codes SH 44, 47 et 48.
  3. Le bois d’œuvre de résineux ne comprend que les codes SH 440710, 440711, 440712, 440713, 440714 et 440719.
  4. Les comparaisons de valeurs mondiales se font en fonction du dollar américain.

Comment le secteur forestier évolue-t-il?

Bien que le secteur forestier canadien continue de faire face à des défis persistants, ses différentes composantes font preuve de stabilité, selon les données les plus récentes présentées dans cette section.

La fabrication secondaire

En 2024, la fabrication de diverses lignes de produits à valeur ajoutée qui contribuent à l’économie canadienne est restée relativement stable. Cette stabilité est essentielle pour l’avenir du secteur, qui dépend de sa capacité à innover, à s’adapter à l’évolution des technologies et des préférences des clients, et à maintenir une base d’exploitation saine au sein de l’industrie des produits forestiers primaires. Par exemple, une grande partie des billes de bois récoltées est transformée dans des scieries, fournissant des matières premières (p. ex., des résidus de bois) aux activités de fabrication conventionnelles comme émergentes.

La bioéconomie circulaire et de pointe

La bioéconomie forestière de pointe offre de nouvelles possibilités, notamment par le développement de matériaux de construction novateurs à base de bois pour le secteur résidentiel canadien, comme le bois massif et les modules préfabriqués. De plus, les activités de bioéconomie circulaire qui utilisent les résidus de bois pour créer des bioproduits permettent de valoriser toutes les parties des arbres récoltés.

Les activités de construction circulaire peuvent réutiliser ou recycler les matériaux. Par exemple, des panneaux composites peuvent être fabriqués à partir de déchets de construction et de démolition. Une autre option, pour les matériaux en fin de vie, est la bioénergie, qui permet de renforcer la sécurité énergétique du Canada tout en évitant l’enfouissement des matériaux en bois.

L’énergie et le climat

Bien que le secteur forestier procure des avantages pour la population canadienne, son efficacité énergétique et ses émissions de gaz à effet de serre font l’objet d’une surveillance. Le secteur forestier canadien continue de réduire sa consommation d’énergie totale au fil du temps, grâce à l’amélioration des installations et à l’utilisation de la bioénergie issue des résidus de bois. Toutefois, le déclin de la fabrication de certains produits forestiers a également contribué à la réduction globale des besoins énergétiques du secteur.

En utilisant les résidus de bois pour produire de la chaleur et de l’électricité, les installations du secteur forestier créent de la valeur à partir de la biomasse et contribuent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre provenant des combustibles fossiles. À mesure que le secteur progresse avec de nouveaux produits et une fabrication davantage axée sur la valeur ajoutée, d’autres possibilités émergent pour offrir des avantages économiques, sociaux et environnementaux.

Indicateur : rendement financier du secteur forestier

Le bénéfice d’exploitation et le rendement des capitaux engagés montrent la compétitivité économique du secteur forestier. Le bénéfice d’exploitation mesure la différence entre les revenus et les dépenses d’exploitation. Le rendement des capitaux engagés mesure l’efficacité du capital à générer des profits pour le secteur.

Le rendement financier du secteur forestier s’est redressé en 2024, après une forte baisse en 2023. En 2024, les bénéfices d’exploitation ont augmenté de plus de 30 % par rapport à 2023; par rapport à 2019 (le niveau le plus bas de la dernière décennie), il s’agit d’une hausse de 210 %. Cependant, le niveau de bénéfices d’exploitation de 2024 est demeuré inférieur à la moitié du sommet record atteint en 2021, durant l’essor lié à la pandémie1,2, alors que les prix du bois d’œuvre étaient au plus haut3. Le secteur forestier, qui est une industrie à forte intensité de capital – nécessitant des investissements importants – a généré un rendement des capitaux engagés de 3 % en 2024, soit légèrement supérieur au niveau de 2023, mais le deuxième plus bas au cours de la dernière décennie1,2.

  • La diminution de la disponibilité du bois d’œuvre économique, l’augmentation des coûts de production, la faiblesse de la demande et la baisse des prix du bois d’œuvre3 ont entraîné des réductions de production et des fermetures de scieries en 20244. Cette réduction de l’offre a contribué à la hausse des prix plus tard dans l’année, améliorant ainsi les marges bénéficiaires des producteurs qui ont maintenu leur production.
  • Dans le secteur des pâtes et papiers, la faible demande mondiale en début d’année a été atténuée par des perturbations imprévues de l’offre à l’échelle internationale en milieu d’année, notamment des fermetures de scieries et des difficultés logistiques en Chine. Ces perturbations ont réduit l’offre mondiale, fait grimper les prix de la pâte5 et augmenté les volumes d’exportation canadiens, ce qui a stimulé la rentabilité globale.
  • Les marchés nord-américains ont continué de composer avec l’inflation et des taux d’intérêt élevés, ce qui a freiné la demande et les investissements. En réponse, les entreprises ont donné la priorité aux mesures de contrôle des coûts, comme des réductions sélectives dans les installations à coûts élevés et des investissements prudents visant à améliorer l’efficacité et à réduire les coûts d’exploitation. Elles ont également poursuivi des projets dans les régions à faibles coûts, comme le sud des États-Unis, où une logistique favorable et l’abondance du bois favorisent des activités plus compétitives6-8.

Rendement financier du secteur forestier canadien, 2014–20242

Remarque : Les bénéfices d’exploitation sont présentés en dollars non indexés (non corrigés en fonction de l’inflation).

Résumé du graphique

Les bénéfices d’exploitation et le rendement des capitaux engagés dans le secteur forestier pour chaque année de 2014 à 2024.

Année Bénéfices d’exploitation (en million de dollars) Rendement des capitaux engagés (%)
2014 2 811 5,4
2015 3 508 5,7
2016 5 121 8,6
2017 6 816 9,8
2018 7 698 11,5
2019 2 743 4,4
2020 7 834 4,7
2021 18 129 9,1
2022 15 237 6,4
2023 6 389 2,6
2024 8 494 3,1

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Un bon rendement financier est essentiel pour que le secteur forestier puisse attirer des investissements et rester économiquement compétitif, et ainsi générer des avantages économiques pour la population canadienne.
  • Le bénéfice d’exploitation et le rendement des capitaux engagés sont des indicateurs clés de ce rendement.

Quelles sont les perspectives?

  • Les activités de construction aux États-Unis et au Canada sont un moteur important de la demande de produits en bois massif, tandis que les mesures commerciales protectionnistes créent des conditions de marché incertaines qui pourraient nuire aux résultats financiers du secteur forestier canadien.
  • À moyen terme, le Canada et les États-Unis entendent remédier à l’accessibilité du logement en augmentant l’offre de logements, ce qui devrait profiter au secteur forestier8,9.
  • Le secteur des pâtes et papiers devrait continuer à subir la pression de la baisse des ventes de papier traditionnel, partiellement compensée par la croissance du secteur des emballages10. L’innovation dans l’ensemble du secteur et l’évolution vers des produits à plus forte valeur ajoutée peuvent soutenir la résilience financière à l’avenir.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Tableau 33-10-0007-01. Archivé – Éléments du bilan financier trimestriel des entreprises, selon le type d’industrie, inactif (x 1 000 000) (extraction spéciale, 10 mars 2020). (voir la remarque a)
  2. Statistique Canada. Tableau 33-10-0225-01. Éléments du bilan et de l’état des résultats financiers trimestriel ainsi que certains ratios, selon les branches d’activité non financières, données non désaisonnalisées (x 1 000 000); T1 2024–T1 2025 [consulté le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3310022501&request_locale=fr (voir la remarque b)
  3. Prix actuel du bois d’œuvre, de la pâte, et des panneaux. Ressources naturelles Canada; Mis à jour le 6 août 2025. https://ressources-naturelles.canada.ca/marche-national-marches-internationaux/prix-actuel-bois-doeuvre-pate-panneaux
  4. Forest Economic Advisors; consulté le 1er mai 2025. https://getfea.com/publication/sawmill-profiles/sawmill-profiles
  5. Rapports mensuels sur le marché des pâtes. TTO BMA. https://ttobma.com/market-pulp-monthly
  6. Forest products annual market review 2023–2024. FAO et CEE-ONU; 2024 [consulté le 8 août 2025].https://openknowledge.fao.org/items/0966581f-f8ad-42bd-a69c-8ffcd9ee325d
  7. Jannke P. 2025. Lumber markets outlooks. Canadian Forest Industries; 2025 Feb 18 [consulté le 8 août 2025]. www.woodbusiness.ca/2025-lumber-markets-outlook/
  8. Gouvernement du Canada. Logement, Infrastructures et Collectivités Canada. Résoudre la crise du logement : Plan du Canada sur le logement; consulté le 8 août 2025. https://logement-infrastructure.canada.ca/housing-logement/housing-plan-logement-fra.html
  9. La Maison-Blanche. 20 Janvier, 2025. Delivering Emergency Price Relief for American Families and Defeating the Cost-of-Living Crisis. https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/01/delivering-emergency-price-relief-for-american-families-and-defeating-the-cost-of-living-crisis/
  10. Cavanagh, P. Market sentiment showing signs of recovery: global pulp outlook: 2025 preview. Fastmarkets; 14 mars 2025 [consulté le 8 août 2025]. www.fastmarkets.com/insights/market-signs-recovery-global-pulp-outlook-2025/

Remarques

  1. Pour les données avant et incluant 2019, car Statistique Canada a cessé d’utiliser et de mettre à jour cette source (à partir de 2020, le tableau 33-10-0225-01 sert de remplacement).
  2. Pour les données incluant 2020 et au-delà.

Indicateur : fabrication secondaire dans le secteur forestier

La fabrication secondaire dans le secteur forestier consiste à transformer les produits primaires que sont le bois d’œuvre et le papier brut en produits plus finis comme des armoires, des sacs en papier, etc.

Le PIB réel de l’industrie est une valeur corrigée en fonction de l’inflation. Il est obtenu en calculant la différence, en dollars, entre la valeur de production de l’industrie et celle des intrants qu’elle achète à d’autres industries (p. ex., énergie ou matériaux).

En 2024, le sous-secteur de la fabrication secondaire de produits forestiers au Canada a généré 6,95 milliards de dollars en produit intérieur brut (PIB)1, demeurant relativement stable au cours des dernières années.

  • Le sous-secteur de la fabrication secondaire du bois a contribué à hauteur de 3,94 milliards de dollars au PIB réel1, soit une augmentation de 1,8 % par rapport au niveau de 2023. Les exportations nettes ayant baissé de 12 %2, cette hausse s’explique en grande partie par la hausse de la consommation intérieure.
  • Le PIB réel du sous-secteur de la fabrication secondaire du papier s’élève à 3,01 milliards de dollars1, soit une baisse de 0,6 % par rapport au niveau de 2023. Une hausse de 4 % de la consommation intérieure a été contrebalancée par la croissance des importations concurrentes, ce qui a entraîné une légère baisse2,3.

Produit intérieur brut (PIB) réel des sous-secteurs primaires et secondaires du bois et du papier au Canada, 2014–202413

Résumé du graphique

Comparaison du produit intérieur brut des produits primaires et secondaires du bois et du papier au Canada pour chaque année de 2014 à 2024.

Produit intérieur brut (en milliard de dollars)
Année Produits primaires du papier Produits primaires du bois Produits secondaires du papier Produits secondaires du bois
2014 5,6 7,5 3,4 2,8
2015 5,7 7,8 3,6 2,8
2016 5,7 8,4 3,5 2,9
2017 5,3 8,3 3,5 2,8
2018 5,1 8,1 3,5 2,9
2019 4,6 7,9 3,4 3,1
2020 4,2 7,0 3,1 3,4
2021 4,4 7,7 3,3 3,5
2022 4,6 8,0 3,2 3,7
2023 4,3 7,2 3,0 3,9
2024 3,8 7,3 3,0 3,9

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le secteur de la fabrication secondaire des produits forestiers génère des emplois et des revenus supplémentaires et fait partie intégrante de l’industrie des produits forestiers, représentant 38 % du PIB réel1, 38 % des ventes3, 20 % des exportations et 57 % de la consommation intérieure2,3.
  • En complément au secteur primaire, le secteur de la fabrication secondaire de produits forestiers atténue les risques connexes à l’approvisionnement en bois et à la demande du marché. Il permet d’atténuer les chocs de l’approvisionnement en amont pour les communautés et de stabiliser les économies en se concentrant sur les marchés intérieurs plutôt que sur les marchés mondiaux volatils, réduisant ainsi la dépendance à l’égard des exportations.

Quelles sont les perspectives?

  • Le sous-secteur de la fabrication secondaire du bois bénéficiera de l’élan positif engendré par les besoins du Canada en matière de logement et d’infrastructures, ainsi que par la demande croissante de matériaux durables et renouvelables dans l’industrie de la construction. Il est confronté à des défis tels que les droits de douane américains et les pénuries de bois d’œuvre, bien que les politiques des États-Unis puissent faire pression sur les fabricants primaires pour qu’ils se tournent vers des produits à valeur ajoutée.
  • Malgré la hausse de la demande d’emballages en papier, le sous-secteur des produits secondaires du papier pourrait continuer à être confronté à des défis tels que la concurrence des importations et l’augmentation des coûts de production.

Sources et informations

  1. Statistique Canada. Tableau 36-10-0434-04. Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, par industries, mensuel; Janv. 2025–mai 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=3610043401&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  2. Statistique Canada. Tableau 12-10-0136-01. Le commerce international de marchandises du Canada par industrie pour tous les pays, inactif; Févr. 2024–juin 2024 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1210013601&request_locale=fr (voir les remarques a et b)
  3. Statistique Canada. Tableau 16-10-0047-01. Stocks, ventes, commandes et rapport des stocks sur les ventes pour les industries manufacturières, selon l’industrie (dollars sauf indication contraire); Janv. 2025–mai 2025 [mis à jour le 8 août 2025]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1610004701&request_locale=fr (voir les remarques a et b)

Remarques

  1. PIB réel en prix constants de 2017.
  2. La consommation intérieure est calculée comme suit : ventes intérieures − exportations + importations.

Indicateur : émissions de carbone fossile du secteur forestier

Cet indicateur ne prend en compte que les émissions de GES provenant de la combustion de combustibles fossiles (principalement le gaz naturel et le pétrole) pour les activités de l’industrie forestière, y compris les émissions indirectes provenant des combustibles fossiles pour l’électricité utilisée dans le secteur.

En 2022, les usines de pâtes et papiers ont généré 72 % des émissions de GES d’origine fossile du secteur forestier, principalement en raison de leur consommation de gaz naturel et d’électricité. La fabrication de produits en bois a également eu recours au gaz naturel et à l’électricité, mais en quantités plus faibles. Les activités forestières ont utilisé du carburant diesel à forte intensité de GES pour faire fonctionner l’équipement de récolte.

Après une baisse marquée entre 2005 et 2011, les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’utilisation de combustibles fossiles dans les installations du secteur forestier ont diminué plus lentement depuis 20111. La réduction des émissions de GES fait suite à une amélioration de l’efficacité énergétique, à l’utilisation accrue de la biomasse forestière pour la production de chaleur et d’électricité, et à la réduction de la capacité de production pour certains types de produits forestiers.

  • La bioénergie répond à 53 % de la demande énergétique annuelle totale du secteur forestier. L’augmentation de la part de la bioénergie dans la fabrication de produits en bois ainsi que l’abandon de combustibles comme le charbon et le mazout lourd ont contribué à réduire de 52 % les émissions de GES provenant de combustibles fossiles (émissions directes et indirectes) dans les activités de l’industrie forestière entre 2005 et 20221.
  • La demande énergétique totale du secteur a diminué de 32 % entre 2005 et 2022 en raison de la réduction des activités industrielles et de l’amélioration de l’efficacité énergétique1.
  • La consommation d’énergie en 2022 et les émissions de GES restent essentiellement inchangées par rapport à 2021, demeurant à des niveaux inférieurs à ceux d’avant la pandémie de COVID-19.

Émissions de gaz à effet de serre (GES) des combustibles fossiles et utilisation totale d’énergie dans le secteur forestier canadien, 2005–20221

Résumé du graphique

La consommation d’énergie totale et les émissions de gaz à effet de serre du secteur forestier canadien pour chaque année de 2005 à 2022.

Année Utilisation totale d’énergie (en pétajoule) Émissions de gaz à effet de serre (en million de tonnes d’équivalent CO₂)
2005 924 25,1
2006 847 22,5
2007 827 22,3
2008 735 19,1
2009 674 16,4
2010 655 16,0
2011 640 14,5
2012 625 13,6
2013 657 13,9
2014 669 13,5
2015 671 13,6
2016 628 13,2
2017 647 14,0
2018 669 13,7
2019 663 13,2
2020 602 11,7
2021 625 12,0
2022 624 11,9

Pourquoi cet indicateur est-il important?

  • Le suivi des émissions annuelles provenant des combustibles fossiles est important pour mesurer la transition du secteur forestier vers la carboneutralité dans ses activités industrielles.
  • Des données fiables sur les émissions de GES dues aux combustibles fossiles et liées aux activités de l’industrie forestière s’ajoutent aux informations sur les émissions et les absorptions de carbone biogénique des forêts et des produits en bois (voir l’indicateur « flux de gaz à effet de serre des forêts »). La prise en compte des deux types de données sur les émissions permet d’obtenir un portrait plus précis des émissions de GES associées à l’ensemble du secteur forestier. Une partie des émissions s’inscrit dans le cycle naturel du carbone, où elles s’accompagnent d’absorptions du carbone à mesure que les arbres repoussent et que le carbone est stocké avant d’être libéré par les produits forestiers en fin de vie, contrairement aux émissions fossiles, qui sont des ajouts nets dans l’atmosphère.

Quelles sont les perspectives?

  • Le secteur forestier canadien continue de réduire les émissions dans d’autres secteurs. Le remplacement des matériaux et des sources d’énergie à forte intensité de carbone en faveur de produits forestiers comme le bois massif, le biocharbon et le biocarbone peut réduire les émissions de GES dans l’ensemble de l’industrie canadienne.
  • La biomasse utilisée à des fins énergétiques est principalement un sous-produit de la fabrication de produits forestiers (bois d’œuvre, pâtes et papiers, etc.), et, de plus en plus, des déchets de post-consommation et de démolition. À l’avenir, les résidus issus d’activités comme l’éclaircie des forêts et l’utilisation de pratiques Intelli-feu pourraient devenir des sources de bioénergie.
  • La bioénergie associée au captage et stockage du carbone (BECCS) est une technologie qui peut appuyer les objectifs de décarbonisation du Canada et mener à une production d’énergie à émissions nettes négatives. Les usines de pâtes et papiers émettent de grandes quantités de dioxyde de carbone biogénique en brûlant des déchets de biomasse pour produire de l’énergie, ce qui en fait de bonnes candidates pour le développement de la technologie BECCS, en particulier dans les provinces disposant déjà d’une infrastructure de transport et de stockage du dioxyde de carbone, comme l’Alberta. Quelques projets de BECCS sont en activité au Canada, et d’autres sont en cours de développement.

Sources et informations

  1. Base de données complète sur la consommation d’énergie. Ressources naturelles Canada; consulté le 29 avril 2025. (voir les remarques ac)

Remarques

  1. L’Office de l’efficacité énergétique de RNCan a modifié l’année de base liée à sa Base de données nationale sur la consommation d’énergie de 1990 à 2000, à compter de la publication des données de 2018. Ce changement de méthodologie a entraîné des modifications mineures des données sur la consommation d’énergie et les émissions de GES depuis 2000. Cette nouvelle base a pour but de s’assurer que la Base de données nationale sur la consommation d’énergie reflète l’évolution des tendances et des structures de l’utilisation finale de l’énergie au Canada et de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs. Elle synchronise également la déclaration des données sur la consommation d’énergie du Canada avec les changements récemment apportés par l’Agence internationale de l’énergie. Bien que les nouvelles estimations ne soient plus disponibles pour les années antérieures à 2000, les données de la nouvelle année de référence devraient mieux servir l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques, programmes et projets gouvernementaux, la prise de décision fondée sur des données probantes, l’analyse et la projection des industries et des marchés, ainsi que la sensibilisation, l’éducation et la mobilisation des parties prenantes en matière d’utilisation de l’énergie.
  2. Les émissions directes proviennent de sources détenues ou contrôlées par l’entité déclarante. Les émissions indirectes sont des émissions qui découlent des activités de l’entité déclarante, mais qui se produisent à des sources détenues ou contrôlées par une autre entité. Pour cet indicateur, les émissions indirectes déclarées ne comprennent que les émissions provenant de la production d’électricité.
  3. La base de données complète sur la consommation d’énergie de RNCan est compilée à partir des sources suivantes :
    1. The Canadian Energy and Emissions Data Centre, Université Simon Fraser. 2024.
    2. Statistique Canada. 2024. Rapport sur la disponibilité et écoulement d’énergie au Canada 2000-2022.
    3. Ressources naturelles Canada. 2024. Modèle d’utilisation finale industrielle.
    4. Environnement et Changement climatique Canada. 2024. Rapport d’inventaire national 1990–2022 : Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada.

Faits et chiffres clés

Sources et informations

  1. Association canadienne des pépinières forestières. Rapport d’analyse économique du secteur des pépinières forestières. Ottawa (ON) : Association canadienne des pépinières forestières; 2025. https://ctna-acpf.ca/s/Nursery-Sector-Economic-Analysis-Report_Jan-23_25.pdf
  2. Certification Canada. Certification Summary 2024-year end status report. Forest Products Association.
  3. Évaluation canadienne des espèces sauvages. Espèces sauvages – Rapports. Ottawa (ON) : gouvernement du Canada; 2022.https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-public-especes-peril/situation-generale/especes-sauvages-2020.html
  4. The Great Lakes wetlands as amphibian habitats: a review. Aquatic Ecosystem Health & Management. 2004;7(2):289-303. https://doi.org/10.1080/14634980490461542
  5. Historica Canada. L’Encyclopédie canadienne. Toronto (ON) : Historica Canada; [consulté le 17 novembre 2025]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/
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