Les forêts canadiennes sont continuellement menacées par un large éventail d’insectes et de maladies. Leur détection précoce, leur identification précise et leur surveillance rigoureuse permettent aux aménagistes forestiers de :
- surveilr la santé des forêtler la santé des forêts;
- préserver la résilience des milieux forestiers naturels, ruraux et urbains du Canada;
- prendre rapidement des décisions d’intervention permettant de limiter les répercussions sur les forêts et les collectivités.
Consultez la base de données Arbres, insectes, acariens et maladies des forêts du Canada pour des renseignements détaillés sur plus de 200 arbres indigènes et plus de 400 insectes, acariens, agents pathogènes et autres agents nuisibles pouvant toucher les milieux naturels, ruraux et urbains du Canada.
Le Service canadien des forêts (SCF) mène des recherches visant à appuyer la surveillance et la protection de la santé des forêts partout au pays. Il met au point et perfectionne des outils, des techniques et des stratégies de surveillance permettant aux aménagistes forestiers de détecter, d’identifier et de surveiller les insectes et maladies présentant les risques les plus élevés pour les forêts canadiennes et le secteur forestier. Ces travaux donnent aux aménagistes les moyens de protéger les forêts, d’assurer le suivi et la gestion des nouveaux ravageurs, et de freiner leur propagation.
Détection, surveillance et diagnostic
Les aménagistes forestiers font appel à plusieurs méthodes et outils pour détecter et surveiller les insectes et maladies des forêts, par exemple :
- des pièges à appât (comme les phéromones) pour assurer la détection précoce et le suivi des populations de certaines espèces d’insectes;
- des relevés aériens ou des images satellites pour repérer et cartographier des dommages généralisés ou des signes de stress chez les arbres.
L’identification des insectes et maladies des forêts repose sur une combinaison d’observations sur le terrain, d’outils de suivi, d’expertise taxonomique (qui permet aux spécialistes de reconnaître et de classer les organismes selon leurs caractéristiques) ainsi que d’analyses en laboratoire. Au besoin, des méthodes de laboratoire, comme des analyses moléculaires permettant de détecter les organismes à partir de leur signature génétique, offrent une identification plus précise de la cause exacte des problèmes de santé forestière.
Les signes observables d’infestation d’insectes comprennent :
- des trous de sortie;
- des débris ressemblant à de la sciure;
- des galeries sous l’écorce;
- la défoliation.
Les signes de maladie comprennent :
- un jaunissement ou un dépérissement des tissus;
- des chancres;
- une décoloration du bois;
- des fructifications fongiques visibles.
Ensemble, ces approches favorisent une détection, une surveillance et un diagnostic efficaces des insectes et maladies nuisant àla santé des forêts.
Quelques ravageurs et maladies notables
Voici des exemples d’insectes et de maladies indigènes et introduits faisant l’objet de recherches par le SCF. Cette liste n’est pas exhaustive et ne permet pas d’établir des diagnostics définitifs pour l’ensemble des insectes et maladies présents au Canada. Toute observation doit être signalée aux autorités locales, qui détermineront si une déclaration à l’Agence canadienne d’inspection des aliments est nécessaire.
- Tordeuse des bourgeons de l’épinette
- Agrile du frêne
- Dendroctone du pin ponderosa
- Puceron lanigère de la pruche
- Rouille vésiculeuse du pin blanc
Tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) : Défoliateur indigène de pessières-sapinières partout en Amérique du Nord.
- ADULTES : Papillons bruns ou gris tachetés, qui émergent au milieu de l’été pour s’accoupler et pondre des masses d’œufs.
- LARVES : Petites, au corps brun verdâtre et à la tête brun foncé.
- SIGNES D’INFESTATION : Les larves se nourrissent des bourgeons et des aiguilles au printemps, entraînant un feuillage clairsemé ou des branches dépourvues de feuilles.
- MESURES À PRENDRE : Surveiller les signes de dommages sur les nouveaux bourgeons ou aiguilles, l’éclaircissement du feuillage et la présence de larves. Signaler toute défoliation inhabituelle aux autorités locales.
Parcourir les publications du SCF sur la TBE
Agrile du frêne : Perce-bois introduit, désormais présent dans de nombreuses régions du Canada.
- ADULTES : Petits, au corps vert métallique, mesurant environ 8 à 14 millimètres de long.
- LARVES : Blanchâtres, au corps aplati, mesurant jusqu’à 25 à 30 millimètres de long.
- SIGNES D’INFESTATION : Bien que les adultes causent une certaine défoliation, la majeure partie des dommages est attribuable aux larves qui creusent des galeries sous l’écorce, perturbant la circulation de l’eau et des nutriments. Les arbres atteints présentent un jaunissement du feuillage et un dépérissement des branches. Les arbres infestés meurent souvent dans l’espace de deux à quatre ans.
- MESURES À PRENDRE : Surveiller les frênes présentant une cime clairsemée et des trous de sortie en forme de « D » dans l’écorce. Des insecticides chimiques peuvent être injectés dans des arbres de grande valeur afin de les protéger. L’abattage des arbres infestés demeure toutefois la méthode la plus courante pour ralentir la propagation. Éviter de déplacer du bois potentiellement infesté. Dans les régions où l’agrile du frêne n’est pas encore présent, signaler toute observation aux autorités locales.
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Dendroctone du pin ponderosa (DPP) : Scolyte indigène des pinèdes de l’ouest de l’Amérique du Nord. Le DPP transporte le champignon du bleuissement qui, combiné à l’activité de l’insecte, bloque la circulation de l’eau et des nutriments, provoquant ainsi la mort de l’arbre.
- ADULTES : Très petits, au corps brun à noir.
- LARVES : Blanchâtres, sans pattes, à tête brun rougeâtre, se nourrissant sous l’écorce durant l’hiver.
- SIGNES D’INFESTATION : Surveiller les grands pins dont la cime rougit ou devient rouge en commençant par la partie inférieure, la présence de sciures sur le tronc et au pied de l’arbre, ainsi que des tubes de résine sur le tronc. Les infestations importantes peuvent entraîner une mortalité généralisée des arbres, modifier l’habitat faunique, accroître le risque de feux de végétation et perturber l’approvisionnement en bois ainsi que les pratiques d’aménagement forestier.
- MESURES À PRENDRE : Surveiller les signes de dépérissement des pins, particulièrement chez les grands arbres présentant des amas de résine sur le tronc. Dans les régions où le DPP n’est pas encore présent, signaler toute observation aux autorités locales.
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Puceron lanigère de la pruche : Insecte piqueur-suceur introduit, présent dans certaines régions de l’est du pays et toujours en propagation.
© Robert L. Anderson, USDA Forest Service, www.forestryimages.org (en anglais seulement)
- ADULTES : Minuscules, au corps mou et piriforme, mesurant environ 1,4 millimètre de long.
- ŒUFS : pondus dans un ovisac blanc et cireux.
- SIGNES D’INFESTATION : Le puceron lanigère de la pruche se nourrit des nouvelles pousses, perturbant la photosynthèse, épuisant les réserves de l’arbre et compromettant ainsi sa santé. Une substance blanche, laineuse et cireuse recouvrant le corps de l’insecte est observable sur la surface inférieure des rameaux de pruche. Les arbres atteints présentent une perte d’aiguilles, un dépérissement des pousses et une décoloration de la couronne. La mort de l’arbre peut survenir dans l’espace de trois ans.
- MESURES À PRENDRE : Surveiller la présence de masses blanches laineuses sur les rameaux de pruche. Signaler immédiatement toute observation du puceron à l’Agence canadienne d’inspection des aliments.
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Rouille vésiculeuse du pin blanc : Maladie introduite touchant le pin blanc, présente partout au Canada et provoquant des dommages importants. Il s’agit de la seule rouille non indigène de la tige du pin blanc.
- SIGNES D’INFECTION : Le champignon s’attaque d’abord aux aiguilles à l’automne, sur lesquelles apparaissent des points jaunes le printemps suivant. L’infection se propage avec le temps et des fructifications blanches se forment sur l’écorce, avec développement de chancres sur la tige. À mesure que les chancres s’agrandissent, la circulation de l’eau et des nutriments dans l’arbre est perturbée. Par conséquent, le feuillage jaunit au-dessus du chancre, puis devient brun-rougeâtre. La progression des chancres entraîne le déclin de l’arbre, le dépérissement et, enfin, la mortalité de la partie supérieure.
- MESURES À PRENDRE : Surveiller les signes tels que le jaunissement du feuillage, le ralentissement de la croissance, la mortalité des branches et le dépérissement de la cime. Élaguer les branches inférieures, même en l’absence de signes d’infection. Une telle approche peut contribuer à limiter la propagation de la rouille vésiculeuse dans les plantations exemptes d’hôtes secondaires, dont les espèces du genre Ribes spp. (gadelliers et groseilliers).
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