- Qu’est-ce que la « diversité fantôme »?
- Sudbury : un exemple de réussite en matière de restauration
- Pourquoi certaines plantes ont-elles des feuilles plus épaisses?
- Pourquoi ces plantes ne sont-elles pas revenues?
Qu’est-ce que la « diversité fantôme »?
La biologiste des écosystèmes forestiers Élise Deschênes se tient dans une zone boisée et s’adresse à la caméra.
« Par exemple, dans cette petite zone arbustive, au lieu de m’intéresser aux espèces que je peux réellement compter et observer, j’essaie avec la diversité fantôme d’estimer les espèces qui ne sont pas là mais qui pourraient y être à mon avis. »
On voit des images d’une jeune forêt.
« Pour y arriver, je dois savoir quelles espèces vivent dans les environs et lesquelles poussent ensemble. »
Retour sur Élise, qui s’adresse à la caméra.
« En gros, ici je vois trois espèces, mais je sais que dans d’autres coins, on les voit presque toujours avec deux espèces supplémentaires. Comme je sais que les cinq espèces sont associées et poussent habituellement dans les mêmes zones – dans les mêmes conditions –, alors les deux espèces supplémentaires feraient partie de ma diversité fantôme à cause de cette association. »
Le logo « Canada » apparaît à l’écran.
Sudbury : un exemple de réussite en matière de restauration
La biologiste des écosystèmes forestiers Kierann Santala se tient sur une falaise rocheuse, d’où elle contemple la forêt en s’adressant à la caméra.
« Sudbury est un endroit assez particulier. »
Photos historiques d'anciennes exploitations minières et forestières montrant notamment des bâtiments et des paysages rocheux.
« On l’a déjà considéré comme l’un des endroits au monde où l’environnement était le plus dégradé, mais maintenant on y voit un exemple de restauration réussie. À Sudbury, il y a eu de l’exploitation forestière intensive, puis la fonte de minerais métalliques riches en soufre, ce qui a fait disparaître en grande partie notre couvert végétal. »
Retour sur Kierann, qui s’adresse à la caméra.
« Là où je me trouve en ce moment, on voyait autrefois de la roche nue, peut-être un peu de terre. »
Vues aériennes de la ville de Sudbury telle qu’elle se présente aujourd’hui.
« Vers les années 1970, l’industrie, des universitaires de la région, les autorités locales et les groupes de protection de la nature se sont concertés pour restaurer le paysage. »
Retour sur Kierann, qui s’adresse à la caméra.
« Cinquante ans après le début du Programme de reverdissement, 35 000 hectares ont été chaulés et ensemencés de graminées, et plus de 10 millions d’arbres ont été plantés. La plupart des forêts de Sudbury ressemblent aujourd’hui à ce qu’on voit autour de moi, c’est-à-dire une jeune forêt. »
Images de jeunes bouleaux dans un décor forestier.
« Malheureusement, on pense que leur biodiversité demeure faible. »
Le logo « Canada » apparaît à l’écran.
Pourquoi certaines plantes ont-elles des feuilles plus épaisses?
La biologiste des écosystèmes forestiers Kierann Santala est agenouillée dans une forêt, au milieu de petites plantes, et s’adresse à la caméra.
« Une bonne partie du travail fait dans notre labo consiste à examiner les traits fonctionnels des végétaux. Ces traits nous disent comment une espèce végétale va réagir à son environnement, mais aussi comment elle va influer sur l’environnement. »
Kierann ramasse quelques feuilles de plantes.
« Un des deux traits qu’on regarde souvent, c’est la superficie de la feuille – sa grandeur donc – par rapport à sa teneur en matière sèche, c’est-à-dire son épaisseur et sa rigidité. »
Gros plan sur des plants de bleuets.
« Par exemple, pour des bleuets qui poussent dans un milieu sec et ouvert, les feuilles ont tendance à être plus petites et plus épaisses, ce qui permet à la plante de pousser pendant les sécheresses. »
Kierann tient dans sa main deux feuilles de tailles différentes.
« À l’opposé, une plante comme la fleur de mai, qui pousse dans les sous-bois, a des feuilles plus grandes et plus minces. C’est un peu comme un panneau solaire : la plante veut produire de grandes feuilles capables de capter la lumière que bloquent les arbres au-dessus d’elle. »
Le logo « Canada » apparaît à l’écran.
Pourquoi ces plantes ne sont-elles pas revenues?
La biologiste des écosystèmes forestiers Élise Deschênes se tient dans une zone boisée et s’adresse à la caméra.
« Nous avons constaté que beaucoup des espèces manquantes à Sudbury étaient des orchidées et des fougères. Les deux ont de très petites graines qui se dispersent très facilement. Elles peuvent se disperser n’importe où, mais ont besoin de conditions de germination et de sols très précises. »
Gros plan sur une botte de randonnée en train de dégager des débris forestiers, puis sur une pelle qui commence à creuser un trou.
« On en déduit qu’elles sont capables de se rendre là, mais pas de pousser; alors pour assurer leur rétablissement, il faudrait d’abord améliorer le sol. »
Retour sur Élise, qui s’adresse à la caméra.
« Parmi les autres espèces qui manquent à l’appel, il y a les arbustes et les arbres porteurs de fruits. »
Vue de petites baies sur un arbre, suivie d’un oiseau se posant sur la face extérieure d’un nichoir.
« Ils ont des graines beaucoup plus grosses, qui ne se dispersent pas aussi facilement, et dépendent beaucoup plus des oiseaux, par exemple, qui avalent les graines et les transportent. »
Retour sur Élise, qui s’adresse à la caméra.
« Ça nous indique que l’absence de ces arbustes et arbres peut être causée par un manque de dispersion par les oiseaux et qu’il faudrait probablement créer des conditions propices au retour des oiseaux. »
Le logo « Canada » apparaît à l’écran.