Ce que nous avons entendu : Table ronde sur la sécurité publique - Rapport sommaire

Le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT) à Ressources naturelles Canada (RNCan), en partenariat avec le Conseil canadien de géomatique (COCG)

25 avril 2025

Avis de non-responsabilité

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Le présent document a été préparé ou réalisé par TDV Global en leur qualité personnelle. Les opinions exprimées dans le présent résumé ne reflètent pas nécessairement les points de vue et les opinions de Ressources naturelles Canada.

Table des matières

Résumé

Objet

La table ronde sur la sécurité publique a eu lieu le 6 mars 2025 dans le cadre d’une initiative concertée codirigée par le Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre (CCCOT) et le Conseil canadien de géomatique (COCG) pour obtenir les points de vue des partenaires et des intervenants sur la façon de moderniser et de renforcer l’infrastructure de données spatiales (IDS) du Canada. Organisée virtuellement, cette table ronde a invité les intervenants et les partenaires du secteur géospatial à donner leur point de vue sur les principaux obstacles et les possibilités de coordination et d’utilisation efficaces des données et des technologies géospatiales dans les systèmes de sécurité publique du Canada. L’objectif était d’appuyer la gouvernance collaborative et l’alignement stratégique entre les différents ordres de gouvernement, les organisations autochtones, l’industrie et le milieu universitaire. La séance s’est concentrée sur deux sujets essentiels : Renforcer la collaboration et les capacités, et exploiter les données et la technologie.

Cette table ronde fait partie de huit tables rondes qui ont également examiné des sujets comme la gouvernance géospatiale, les technologies, les personnes, l’infrastructure et le renforcement de la participation des Autochtones.

Points importants

Les participants à la table ronde ont déterminé les forces, les domaines à améliorer et les recommandations suivantes :

1. Renforcer la collaboration et les capacités

  • Les rôles et les responsabilités des différentes administrations ne sont pas clairs, ce qui entraîne une fragmentation de la propriété des données et des pratiques de partage incohérentes.
  • Les municipalités et les communautés autochtones manquent souvent de ressources pour fournir et gérer efficacement les données géospatiales.
  • Les préoccupations concernant la qualité des données, les licences et les métadonnées empêchent le partage ouvert.
  • En l’absence d’accords de base et de connaissances adéquates, la coordination des questions géospatiales en cas d’urgence reste limitée.

2. Exploiter les données et la technologie

  • La dépendance à l’égard des plateformes de données étrangères souligne la nécessité d’une infrastructure infonuagique appartenant au Canada et d’une plus grande utilisation des solutions géospatiales libres.
  • Des formats cohérents, des ensembles de données nationales faisant autorité et des données prétraitées sont essentiels pour accélérer et coordonner les interventions en cas d’urgence.
  • Les outils de sécurité publique doivent être intuitifs et accessibles aux premiers intervenants et aux responsables locaux sans nécessiter d’expertise particulière.
  • Un soutien accru est nécessaire pour commercialiser la R et D en matière de sécurité publique, en veillant à ce que les innovations réussies soient visibles, accessibles et rapidement déployables.

Mesures recommandées

  • Mettre l’accent sur les mécanismes fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux pour simplifier l’accès en cas d’urgence.
  • Étudier la faisabilité d’un système canadien de données/infonuagique et l’intérêt des intervenants pour ce système.
  • Réinvestir dans les ensembles de données de base, comme les bâtiments, les zones inondables et les réseaux routiers.
  • Évaluer la demande et les voies de certification des professionnels de la sécurité publique dans le domaine géospatial.
  • Accroître la visibilité des cas d’utilisation efficaces et des innovations dans le domaine géospatial de la sécurité publique.

Conclusion

Les participants à la table ronde sur la sécurité publique ont souligné l’importance de renforcer l’infrastructure géospatiale du Canada pour améliorer la préparation aux situations d’urgence et la résilience. Ils ont souligné l’importance de tirer parti des forces existantes en faisant progresser la coordination nationale, en élargissant la collaboration avec tous les partenaires et en investissant dans les données et la technologie. Le renforcement des partenariats inclusifs, en particulier avec les municipalités et les communautés autochtones, contribuera à faire en sorte que l’information géospatiale continue à soutenir des résultats efficaces en matière de sécurité publique partout au Canada.

Pour de plus amples renseignements, consultez le site : Parlons Ressources Naturelles .

Remerciements

La rédaction de ce rapport n’aurait pas été possible sans la contribution des personnes et des organisations qui ont pris le temps de participer à la table ronde. Nous exprimons notre gratitude aux participants de l’industrie, du milieu universitaire, d’organisations autochtones, des ONG et des administrations fédérales, provinciales et municipales pour leurs précieux commentaires sur l’infrastructure géospatiale du Canada.

Introduction

Le CCCOT et le COCG utilisent le modèle de pratiques exemplaires du CIIG des NU (en anglais seulement) comme cadre pour évaluer l’état actuel et la planification de l’évolution future de l’écosystème des données géospatiales du Canada – l’Infrastructure canadienne des données géospatiales (ICDG). L’ICDG regroupe l’ensemble des données géospatiales, ainsi que les normes, les politiques, les applications et les mécanismes de gouvernance qui facilitent leur accès, leur utilisation, leur intégration et leur préservation au Canada.

La phase 1 comprenait un exercice de bilan réalisé à l’aide de trois méthodes de collecte de données : 1) des entrevues individuelles ou en petits groupes avec des producteurs et des utilisateurs de données géospatiales provinciaux, territoriaux et fédéraux; 2) un inventaire/sondage écrit pour recueillir des informations plus détaillées auprès des organisations interrogées; 3) une étude documentaire fondée sur la recherche et réalisée par une tierce partie.

La phase 2 est passée de l’évaluation de l’ICDG à la collecte de divers points de vue afin de contribuer à la modernisation et à l’évolution de la manière dont le Canada gère et utilise les données spatiales. Dans le cadre d’une table ronde, les principaux intervenants et partenaires ont été invités à faire part de leurs points de vue afin d’orienter l’avenir géospatial du Canada pour qu’il soit plus adapté, novateur et efficace pour tous les Canadiens. Les résultats de chaque table ronde seront examinés par le Conseil canadien de géomatique (COCG) lors de l’élaboration d’une stratégie géospatiale concertée.

La table ronde sur la sécurité publique a eu lieu le 6 mars 2025. Organisée virtuellement, cette table ronde a invité les intervenants et les partenaires à présenter leur point de vue sur les principaux obstacles et les possibilités de coordination et d’utilisation efficaces des données et des technologies géospatiales dans les systèmes de sécurité publique du Canada. L’objectif était d’appuyer la gouvernance collaborative et l’alignement stratégique entre les différents paliers de gouvernement, les organisations autochtones, l’industrie et le monde universitaire.

L’événement s’est concentré sur deux sujets.

  1. Renforcer la collaboration et les capacités : Le renforcement de la collaboration et des capacités garantit un accès aux données en temps réel, une intervention unifiée en cas de situations d’urgence, la résilience des infrastructures, des décisions éclairées et une gestion proactive des risques pour des communautés plus sûres et plus résilientes.
  2. Exploiter les données et la technologie : L’exploitation de données géospatiales modernes, de l’IA et de plateformes interopérables renforce les interventions d’urgence, améliore la prévision des risques et la prise de décisions pour la résilience aux catastrophes à tous les paliers de gouvernement.

Les participants ont décelé des défis systémiques et mis en évidence des possibilités concrètes pour renforcer le rôle des données géospatiales dans la préparation aux situations d’urgence, la réduction des risques et la coordination des efforts d’intervention en matière de sécurité publique. Les sections suivantes donnent des détails sur les défis, les solutions, les possibilités et les réflexions des participants à la table ronde de chacune des sujets.

Résultats

Thème 1 : Renforcer la collaboration et les capacités

Principaux défis déterminés 

  • Responsabilités fragmentées : Le manque de clarté quant à la propriété et à la conservation des données au sein des gouvernements, en particulier entre les municipalités et les autorités fédérales.
  • Accords limités de partage de données : Absence de mécanismes juridiques et opérationnels préétablis pour le partage des données en cas d’urgence.
  • Normes et licences incohérentes : De nombreuses organisations utilisent des normes, des formats et des licences différents, ce qui crée des incompatibilités techniques et juridiques.
  • Manque de ressources : Les petites administrations et les communautés autochtones manquent souvent de fonds et de personnel pour gérer et partager les données géospatiales.
  • Faible confiance à l’égard des données : Les inquiétudes concernant la qualité ou l’utilité des données découragent les détenteurs de données de les partager à grande échelle.

Solutions et possibilités 

  • Accords de partage de données préétablis : Élaborer des cadres juridiques et opérationnels entre les partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux avant que les situations d’urgence ne surviennent.
  • Plateformes partagées : Mettre en place une plateforme centralisée et conforme aux normes (p. ex. une version améliorée de Geo.ca) pour le partage de données en temps réel entre plusieurs administrations.
  • Normes de métadonnées simplifiées : Créer des normes de métadonnées à plusieurs niveaux, plus faciles à appliquer et favorisant l’intégration rapide des données d’urgence.
  • Investissement dans la littératie et les capacités : Mettre en place des programmes nationaux de formation à la culture géospatiale et à la gérance des données, en particulier pour les collectivités locales et les communautés autochtones.
  • Promotion des cas d’utilisation et les exemples de réussite : Diffuser les résultats d’initiatives comme la PG911 et les tableaux de bord locaux d’intervention en cas de danger afin de favoriser l’adoption et la visibilité.

Voix des participants 

  • Participant du milieu universitaire : « Il semble que nous ne disposons pas de données, il n’y a pas de données “juste au cas où”. Nous avons besoin d’une infrastructure en place pour aider à alimenter les technologies de l’IA… avec des moyens programmatiques et l’interopérabilité. »
  • Participant du milieu universitaire : « Les communautés n’ont pas besoin de données pour le plaisir d’en avoir. Ce dont elles ont besoin, ce sont des produits de la connaissance et des données en temps réel. Faire correspondre les données avec l’aménagement du territoire; transformer les ensembles de données existants en récits ou en outils que les communautés peuvent utiliser. »
  • Participant du gouvernement fédéral : « Il existe de nombreux cas d’utilisation des données sur les bâtiments pour soutenir les technologies énergétiques, les réductions de gaz à effet de serre et à l’échelle de la communauté. Il y a d’importants recoupements avec la sécurité publique. »
  • Participant d’organisme à but non lucratif : « L’ICDG a été créée il y a 20 ans. Je suis déçu de voir que le gouvernement continue d’y revenir. Le monde a évolué… Les IDS sont un concept dépassé. »

Thème 2 : Exploiter les données et la technologie

Principaux défis déterminés 

  • Dépendance à l’égard de l’infrastructure : La forte dépendance à l’égard de solutions logicielles et d’informatique en nuage étrangères soulève des préoccupations quant à la souveraineté et à la résilience.
  • Obstacles à l’interopérabilité : Les données géospatiales existantes ne sont pas présentées dans des formats ou cadres d’intégration uniformes, ce qui limite leur réutilisation en cas d’urgence.
  • Lacunes dans les données : L’absence d’ensembles de données nationaux normalisés et faisant autorité (p. ex. bâtiments, couches d’adresses, etc.) fait obstacle à une intervention rapide.
  • Surabondance en situation de la crise, pénurie pendant les étapes de préparation : Les données inondent les organisations lors des urgences, mais les données utilisables et prétraitées font défaut pendant les étapes de préparation.
  • Faible convivialité des outils relatifs à la sécurité publique : Les outils nécessitent souvent des connaissances spécialisées, ce qui limite leur utilisation par les premiers intervenants et les responsables locaux.

Solutions et possibilités 

  • Infrastructure géospatiale infonuagique du Canada : Étudier la mise au point de systèmes infonuagiques souverains pour l’hébergement et la communication des données en situation d’urgence.
  • Solutions de rechange libres : Promouvoir l’utilisation de logiciels géospatiaux libres, en s’inspirant d’exemples internationaux comme l’approche de la France.
  • Investissement dans des couches de données faisant autorité : Donner la priorité à la constitution et à la mise à jour d’ensembles de données nationaux sur les infrastructures, les zones à risque et les populations vulnérables.
  • Mesure du temps nécessaire pour obtenir un premier résultat fonctionnel : Créer des produits géospatiaux suffisamment intuitifs pour être utilisables en quelques minutes par des non-spécialistes.
  • Soutien à la commercialisation : Élaborer des programmes de financement pour combler le fossé entre la R et D en sécurité publique et les produits prêts à être commercialisés.

Voix des participants 

  • Participant de l’industrie : « Un nouveau modèle d’analyse de simulation d’inondation a été créé et est disponible pour les simulations relatives aux villes, aux municipalités, etc. »
  • Participant d’organisme à but non lucratif : « Au lieu d’investir dans des services en infonuagiques, devrions-nous essayer de créer quelque chose de souverain pour le Canada?... La France n’utilise que les logiciels libres… sans recourir à des logiciels sous licence. »
  • Participant de l’industrie : « Nous devrions annoter et améliorer [les ensembles de données] et proposer des outils de cartographie… Un mécanisme qui pourrait fonctionner : quoi que nous produisions, nous devrions penser au “temps nécessaire pour obtenir un premier résultat fonctionnel”. »
  • Participant de l’industrie : « Dans le domaine de la sécurité publique, il y a eu de nombreux succès, mais ils ne sont pas visibles. »

Thèmes transversaux

Gouvernance et renforcement des capacités

  • Leadership et coordination : Une entité nationale est nécessaire pour diriger la coordination de l’infrastructure géospatiale de sécurité publique, avec des rôles et des responsabilités clairement définis.
  • Inclusion des Autochtones : Les organisations autochtones sollicitent la souveraineté en matière de données, un financement durable pour le renforcement des capacités et des produits du savoir accessibles plutôt que de simples ensembles de données brutes.
  • Formation et accréditation : De nouveaux programmes universitaires, des certifications et des formations appliquées sont essentiels pour doter les utilisateurs municipaux et autochtones de compétences géospatiales en matière de sécurité publique.

Fiabilité et accessibilité des données

  • Métadonnées et normes : Il est préférable d’avoir des directives pratiques et simplifiées sur les métadonnées au lieu de créer de nouvelles normes qui ajoutent à la complexité.
  • Ouverture des données et accès à plusieurs niveaux : Les couches géospatiales de base devraient être ouvertes par défaut, avec des protections d’accès à plusieurs niveaux pour les données sensibles ou liées à la sécurité.
  • Octroi de licences et assurance de la qualité : Une plus grande clarté est nécessaire en ce qui concerne les conditions d’octroi des licences et les processus de validation de la qualité des données géospatiales dans les différents systèmes.

Prochaines étapes

Mesures suggérées 

  • Élaborer des accords de partage de données préétablis : Mettre l’accent sur les mécanismes fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux pour simplifier l’accès en cas d’urgence.
  • Explorer les modèles d’infrastructure souveraine : Étudier la faisabilité d’un système canadien de données/infonuagique et l’intérêt des intervenants pour ce système.
  • Revitaliser les couches de données nationales : Réinvestir dans les ensembles de données de base, comme les bâtiments, les zones inondables et les réseaux routiers.
  • Appuyer l’accréditation dans le domaine de la sécurité publique : Évaluer la demande et les voies de certification des professionnels de la sécurité publique dans le domaine géospatial.
  • Publier des cas de réussite : Accroître la visibilité des cas d’utilisation efficaces et des innovations dans le domaine géospatial de la sécurité publique.

Questions ouvertes mises en avant par les participants à la table ronde 

  • Qui est responsable de la coordination de la gouvernance géospatiale en matière de sécurité publique à l’échelle nationale?
  • Quel modèle de licence et de métadonnées permettrait un partage rapide des données tout en protégeant la vie privée?
  • Comment les petites municipalités et les communautés autochtones peuvent-elles être mieux dotées en ressources pour fournir des données?
  • Quels modèles issus des normes et de la gouvernance internationales (p. ex., européennes, asiatiques) sont les mieux adaptés au Canada?

Conclusion

Les participants à la table ronde sur la sécurité publique ont réaffirmé l’engagement commun à renforcer l’infrastructure géospatiale du Canada afin de mieux soutenir la préparation aux situations d’urgence et la résilience des communautés. Ils ont reconnu la solidité des fondations existantes et ont cerné des possibilités d’améliorer la coordination à l’échelle nationale, de maximiser la valeur des données disponibles et de favoriser la collaboration entre les administrations. Les participants ont conclu qu’un leadership continu, des investissements durables et des partenariats inclusifs, en particulier avec les municipalités et les communautés autochtones, seront importants pour faire progresser une infrastructure de données spatiales moderne et fédérée qui appuie les résultats en matière de sécurité publique pour tous les Canadiens.

Pour une mobilisation continue, consultez le site Parlons Ressources Naturelles.