L'animateur Joël Houle apparaît à l'écran dans le studio de La Science simplifiée.
« Quand on interviewe des scientifiques pour nos vidéos, on leur demande toujours : « Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail? » Eh bien, ce que j’adore dans mon travail, c’est qu’il m’arrive de temps en temps de me voir offrir des opportunités vraiment uniques. »
On voit Joël et quelques géologues à l'intérieur du cockpit d'un hélicoptère.
« Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe de géologues qui effectuaient des travaux sur le terrain dans le nord du Labrador. »
On voit des géologues sur le terrain utiliser une perceuse pour prélever un échantillon de rocher.
« C’était vraiment intéressant de voir ces géologues à l’œuvre! Quelles roches ou quels minéraux rechercher, lesquels prélever, et toutes ces choses passionnantes. »
Joël est de retour au studio.
« Mais il y a eu quelque chose lors de ce voyage qui m’a complètement pris au dépourvu — et c’est pour ça que j’ai voulu réaliser cette vidéo. »
Intro animée de la série de vidéos Joyaux de La Science simplifiée. Plan sur Joël en studio, suivi d'un montage présentant chacun des géologues.
« Pendant mon séjour dans le nord du Labrador, j’ai suivi trois géologues : Roger Paulen, Jessey Rice et Pierre-Marc Godbout. »
On revient sur Joël et les géologues dans l'hélicoptère. On voit ensuite Joël dans un endroit isolé, s'adressant directement à la caméra, avec l'hélicoptère et les géologues à l’arrière-plan.
« Voici mon bureau aujourd’hui. C’est plutôt sympa, non? »
Joël, sur le terrain, est filmé par le géologue Roger Paulen. Roger assure la narration et s'adresse à Joël.
« Et voici le vidéaste — hors de son élément, en pleine nature. Combien d’insectes as-tu mangés? »
« Cinq! Ils sont délicieux ! »
Les trois géologues marchent sur un terrain montagneux.
« Les trois géologues font partie d’une équipe chargée de cartographier la géologie de surface de la région. »
On voit Jessey en train de creuser pour prélever un échantillon de sol. On aperçoit ensuite les géologues au pied d'une immense dune, au cœur de la nature sauvage du Labrador.
« Pour ceux d’entre nous qui ne sont pas géologues, la géologie de surface désigne essentiellement ce qui se trouve au sol : les matériaux meubles comme la terre, le sable, le gravier et l’argile qui recouvrent le substrat rocheux solide sur d’anciens terrains glaciaires, qui couvraient plus de 95 % du Canada. »
Vue aérienne d’un paysage du nord du Labrador, suivie d'images d'un terrain montagneux recouvert de neige.
« Vous voyez, il y a environ 75 000 ans jusqu’à environ 8 000 ans, la majeure partie du Canada continental était recouverte par ce gigantesque glacier appelé la calotte glaciaire laurentidienne. »
Une carte animée du Canada s'affiche, illustrant la fonte de la calotte glaciaire laurentidienne.
« D’une épaisseur et d’une ampleur impressionnantes, ce glacier, plus vaste que n’importe quelle calotte glaciaire continentale actuelle, s’écoulait depuis les dômes de glace de l’intérieur du Canada vers les marges glaciaires. »
On aperçoit un hélicoptère qui vient d'atterrir sur un terrain montagneux, puis une vue aérienne d’un paysage du nord du Labrador.
« Ce processus a érodé et sculpté le paysage, déposant des roches, de la terre et des minéraux sur d’immenses étendues, et a essentiellement créé la morphologie de surface que nous observons aujourd’hui. »
Joël est de retour au studio.
« On peut encore en voir les traces si on sait où chercher. »
Roger se tient debout sur un affleurement rocheux à la périphérie d’Hopedale. On distingue clairement des rainures dans la roche.
« Cet affleurement est un très bon exemple de formation polie et érodée par les glaciers. Il est aussi lisse que si quelqu’un l’avait sablé avec une ponceuse à bande géante. Sur une ponceuse à bande, le papier sablé se déplace toujours dans une seule direction — tout comme le flux de glace qui se déplace dans une seule direction. Et ces rainures nous permettent de déterminer dans quelle direction le glacier s’écoulait lorsqu’il a érodé cet affleurement. »
On voit le géologue Jessey Rice prélever un échantillon de sol et l'assistante de terrain Shavonne Tuglavina prendre des notes.
« Ces géologues étudiaient la région afin de mieux comprendre l’impact des glaciers en mouvement. »
Une carte du Canada s'affiche, indiquant l'emplacement d’Hopedale.
« Ils sont allés à différents endroits autour d’Hopedale, au Labrador, pour prélever des échantillons qui les aideront à cartographier la géologie de surface de la région. »
On voit Jessey sur le terrain, agenouillé, s'apprêtant à prélever un échantillon de sol.
« Nous avons trouvé un site contenant des sédiments glaciaires. Nous allons prélever des échantillons afin d’obtenir des données de référence sur la géochimie régionale et les minéraux lourds. Vous pouvez voir les sédiments glaciaires juste à la surface ici. C’est ce que nous recherchons. »
Joël est de retour au studio.
« C’était vraiment génial et un peu surréaliste d’explorer cette nature sauvage à la recherche d’indices de ce qui s’est passé il y a des milliers d’années. En plus, Roger, Jessey et Pierre-Marc étaient des guides formidables ! »
On voit Jessey dans la nature sauvage du Labrador, s'adressant à la caméra et montrant du doigt des excréments d'ours.
« Salut ! Je m’appelle Jessey. Je travaille pour la Commission géologique du Canada. Et j’ai trouvé des -bip- d’ours ! Juste ici ! »
Joël est de retour au studio.
« Oh oui ! Il fallait faire attention aux ours ! Ce qui n’était pas du tout inquiétant ! D’ailleurs, voici Shavonne, une habitante d’Hopedale et assistante de terrain, qui fait de son mieux pour me rassurer. »
On voit Shavonne debout au milieu d'une dune, avec un hélicoptère en arrière-plan. Joel, derrière la caméra, pose une question à Shavonne.
« Faut-il s’inquiéter des ours? »
« Pas pour l’instant, je ne pense pas, mais si jamais vous voyez des traces vraiment fraîches, alors je dirais qu’il faudrait s’inquiéter et ouvrir l’œil. En plus, les ours ont peur de l’hélicoptère. Ça les fait fuir. »
On aperçoit des géologues sur le terrain en train de discuter avec Edmund Saunders, habitant d’Hopedale et prospecteur, puis une vue aérienne d’Hopedale.
« Curieusement, ce qui m’a le plus marqué pendant ce voyage, ce n’était pas la science en tant que telle ni le fait d’esquiver la faune locale, mais plutôt la relation entre les géologues et la communauté où nous avons séjourné — cette magnifique ville côtière d’Hopedale.
Cette ville d’environ 600 habitants était à l’origine un village inuit appelé Agvituk, ce qui veut dire « lieu des baleines » en inuktitut. »
Vues sur des maisons et des bateaux d’Hopedale depuis l'un des nombreux quais de la ville.
« Aucune route ne relie la ville à d’autres communautés. Pour aller à Hopedale, il faut prendre soit un bateau, soit un petit avion, soit un hélicoptère. »
On voit Edmund, dans la nature sauvage du Labrador, s'adresser à la caméra.
« Vivre à Hopedale comporte son lot de défis. On ne peut pas toujours faire un saut au magasin pour acheter ce dont on a besoin. Mais quand on regarde autour de soi et qu’on admire la nature — j’ai vécu dans de grandes villes, j’ai vécu un peu partout au Canada —, en ce moment, il n’y a aucun autre endroit où je préférerais être. »
Vue depuis un véhicule circulant dans les rues d’Hopedale.
« Quand on travaille sur un projet scientifique dans une communauté ou avec une communauté, il est important que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. »
On voit le géologue Roger Paulen, debout dans la nature sauvage du Labrador devant un hélicoptère, s'adressant à la caméra.
« En fait, on ne lance pas de projets scientifiques avant d’avoir établi un dialogue avec la communauté. »
Photo de Roger s'adressant à un groupe d'habitants de la communauté dans un espace commun.
« Avant de mener toute recherche, on se rend dans les communautés pour présenter ce qu’on propose de faire, les avantages pour la communauté, la nature de la recherche et notre impact sur le territoire. »
On voit Roger sur le terrain en train de discuter avec un autre géologue.
« Nos géologues ne travaillent pas seuls à Hopedale. »
« C’est une collaboration avec la province de Terre-Neuve-et-Labrador. »
On voit le géologue ramasser une pierre et la montrer à Edmund.
« Dès le début, on s’est associé au Service géologique de Terre-Neuve-et-Labrador. Comme ils avaient déjà travaillé dans la région et disposaient même de contacts dans la communauté, ça nous a aidés à démarrer. »
Photo de la géologue Heather Campbell en train de discuter avec des habitants d’Hopedale.
« Et certains de leurs géologues ont déployé des efforts considérables pour nouer des liens avec la communauté et montrer que notre travail a un impact positif. »
Joël est de retour au studio.
« Les géologues du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador travaillent en fait avec la communauté depuis plusieurs années. Ils ont appris à bien connaître les habitants d’Hopedale. »
La géologue Heather Campbell s'adresse à la caméra lors d'une interview.
« Hopedale est un merveilleux village. »
On voit un habitant préparer du poisson fraîchement pêché, puis des géologues marchant dans la nature sauvage du Labrador.
« Beaucoup de gens pêchent, chassent et parcourent le territoire. »
Vue d'une falaise aux roches affleurantes, suivie d’une photo d'une sculpture représentant une orque, réalisée par Edmund Saunders, prospecteur et artiste local.
« Les roches sont spectaculaires. Certaines datent de près de 3,2 milliards d’années. Il existe un lien unique entre les motifs des roches, la façon dont les gens les perçoivent et la manière dont ils les intègrent dans leur art et leurs observations quotidiennes. Pour moi, c’est vraiment remarquable. Je suis venue ici pour la première fois en 2017 et les gens sont incroyablement accueillants; c’est merveilleux de pouvoir échanger avec les membres de la communauté. »
La géologue Alana Hinchey s'adresse à la caméra, debout à côté d'une maison à Hopedale.
« On apprend vraiment à connaître les gens et on se fait une idée précise de la communauté et de ses habitants. Dans ces petites villes, au bout de quelques années, on connaît pratiquement tout le monde. On se sent donc vraiment intégré, et on s’implique à un niveau bien différent de ce qu’on ferait si on travaillait dans une grande ville. »
On voit Heather dans le cadre d'une interview.
« En fait, ce sont les habitants eux-mêmes qui sont venus nous interroger sur les nombreuses roches qu’ils voyaient. L’un des sculpteurs et prospecteurs locaux est venu nous voir pour nous poser des questions sur une roche. »
Nous retrouvons Edmund dans la nature sauvage du Labrador, s'adressant à la caméra.
« Il y a peut-être sept ou huit ans, l’oncle de ma femme est venu me voir, et ça ressemblait beaucoup à un échantillon de Voisey’s Bay. »
Une carte est présentée, indiquant l'emplacement de Voisey’s Bay par rapport à Hopedale, puis Joël s’adresse à la caméra en studio.
« Voisey’s Bay est une mine de nickel, de cuivre et de cobalt située à environ 150 km au nord-ouest d’Hopedale. Un important gisement de nickel y a été découvert au milieu des années 1990, et il était considéré à l’époque comme l’une des découvertes minières les plus importantes au Canada depuis des années. »
Retour sur Edmund.
« David Corgan et Heather Campbell se trouvaient en ville à ce moment-là, et j’ai contacté David parce que j’avais déjà discuté avec lui quelques fois. Quand je lui ai montré l’échantillon sur place, il m’a demandé de le donner à Heather, et c’est là que notre travail a commencé. »
On voit des géologues se diriger vers une formation rocheuse, puis le géologue David Diekrup s'adresser au public près de l'aéroport d’Hopedale.
« Donc, ce qu’on fait, c’est à la fois essayer de comprendre la géologie à plus grande échelle, mais les prospecteurs ici s’intéressent vraiment à tout ce qui a une valeur économique : les métaux, les gisements d’or, tout ce qui pourrait avoir une valeur économique. »
On voit David, Roger et Edmund marcher dans la nature sauvage et observer des rochers.
« Pour cela, nous essayons de les aider à replacer ce qu’ils trouvent dans le contexte de la géologie à plus grande échelle. Les prospecteurs sont vraiment doués pour repérer des détails que nous, en tant que cartographes régionaux, avons complètement ignorés. Eux sont vraiment doués pour repérer des détails infimes que nous n’avons généralement pas le temps d’examiner. Alors on essaie d’aider les prospecteurs dans leur travail, et en retour, ce qu’ils trouvent alimente nos efforts de cartographie. C’est un échange de bons procédés. Il y a une très bonne dynamique ici. »
Nous retrouvons le géologue Roger Paulen, debout dans la nature sauvage du Labrador, devant un hélicoptère, s'adressant à la caméra.
« Le type de géologie de fond que nous fournissons aide les prospecteurs locaux. »
On voit Edmund sur une falaise, en train d'utiliser une masse pour prélever un échantillon de roche.
« Ils peuvent en effet venir dans cette région en s’appuyant sur une partie de la cartographie que nous réalisons, sur certains échantillonnages, puis effectuer un suivi et prospecter. »
On voit Edmund, Roger et David sur le terrain, en train de pointer du doigt au loin et de discuter de la possibilité d’explorer plus loin.
« Plusieurs membres de la communauté souhaitent la découverte d’un gisement minéral ou un gisement de pierres précieuses – quelque chose qui permettrait aux habitants de bénéficier non seulement de la découverte, mais aussi des opportunités d’emploi qui pourraient en découler. »
Nous retrouvons Edmund dans la nature sauvage du Labrador, s'adressant à la caméra.
« J’aimerais que notre travail ait des retombées économiques pour la région. Beaucoup de gens vivent malheureusement dans la pauvreté et d’autres difficultés dans notre ville. J’aimerais vraiment qu’il y ait beaucoup plus d’emplois, ce qui est tout à fait possible. »
Retour sur David.
« Ce sont vraiment des communautés comme celle-ci, où nous menons des actions de participation communautaire, qui m’ont donné envie de me lancer dans ce type de travail. On tisse des liens avec la communauté, on bénéficie vraiment de son soutien, et on apporte aussi notre contribution. C’est ce qui m’a vraiment attiré vers ce travail, et c’est pourquoi j’ai vraiment cherché à obtenir un poste ici; je suis ravi que ça ait marché. »
Joël est de retour au studio.
« Aussi passionnante que soit la science, ce qui rend ce type de travail vraiment spécial, c’est l’établissement de ces liens humains. »
Retour sur Roger.
« En fin de compte, ce sont les personnes avec lesquelles on travaille et les amis qu’on se fait. Mon projet précédent se déroulait dans le sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest, et j’ai encore là-bas des membres de la communauté qui sont devenus des amis. »
Vue aérienne d’Hopedale.
« Et je fais rapidement connaissance et me lie d’amitié avec la communauté ici, à Hopedale. »
Joël est de retour au studio.
« Ce voyage à Hopedale était incroyable! C’était un plaisir de rencontrer Edmund et sa famille. »
On voit Shavonne Tuglavina, assistante de terrain, faire le signe de la paix, tandis que les géologues Roger et Jessey creusent dans une dune.
« C’était formidable de voir une future prospectrice comme Shavonne apprendre les ficelles du métier. »
On voit un chiot noir et blanc en train de se faire caresser.
« Nous nous sommes fait un nouvel ami qui s’appelle Oreo. »
On voit Allen « Sonny » Pijogge, habitant d'Hopedale et assistant de terrain, aux commandes d'un bateau près d'un rivage rocheux.
« Et c’était sympa de passer du temps avec Sonny pendant qu’on faisait le tour des îles pour prélever des échantillons. »
« L’aspect humain qui se cache derrière le travail scientifique m’a ouvert les yeux. »
Vue d’un véhicule circulant dans les rues d’Hopedale.
« J’ai moi-même grandi dans un petit village, alors je comprends facilement ce que les habitants d’Hopedale ressentent pour leur communauté. »
On voit Sonny assis dans un bateau, s'adressant au public.
« Vivre dans une petite ville a son lot d’inconvénients, mais aussi beaucoup d’avantages. J’imagine qu’il faut être né dans un endroit comme ça pour comprendre ce que c’est de grandir là. C’est difficile à expliquer, je crois. C’est chez moi. C’est ce que j’aime. »
Vue aérienne d’un paysage du Labrador.
« Où que l’on aille, tout est magnifique ici. »
Joël est de retour au studio.
Merci beaucoup de nous avoir permis de raconter cette histoire.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les travaux scientifiques menés au cours de ce voyage, vous pouvez regarder la vidéo qui s’affiche actuellement à l’écran.
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