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La science du feu dans les livres

Par Vanessa Greebe
Le 11 Juillet 2018

Avec tous les outils, fournitures et pièces d’équipement dont les gestionnaires responsables de la gestion des incendies ont besoin, la dernière chose que vous pourriez vous attendre de les voir prendre avant de se diriger vers un incendie de forêt est un livre.

Mais le petit livre rouge de Steve Taylor, Field Guide to the Canadian Forest Fire Behavior Prediction (FBP) System, fait partie de la trousse d’outils des responsables et des chefs d’équipes de gestion des incendies depuis plus de 20 ans.

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Kris Johnson, gestionnaire de la science des incendies et de la planification, gouvernement du Yukon, consulte le « livre rouge » des incendies.

Lorsqu’il n’y a pas de service Internet

Les tablettes et les téléphones intelligents ne fonctionnent pas toujours dans les régions éloignées où des incendies de forêt font rage. Et si vous passez d’un endroit à l’autre en hélicoptère, il est facile de consulter rapidement le livre rouge, un outil très visuel et facile à lire pourvu de graphiques par codes de couleurs.

« Il contribue à bâtir ce que l’on a appelé au fil du temps une connaissance de la situation et à déterminer la réponse appropriée à toute situation d’incendie », déclare Steve Taylor, un chercheur scientifique en incendies de forêt établi à Victoria qui travaille pour le Service canadien des forêts. « Le livre rouge est devenu un outil de formation sur la manière de réagir lors d’incendies; il est très utilisé au Canada et dans d’autres pays qui utilisent le Système canadien de prévision du comportement des incendies (PCI). »

Lorsque même les secondes comptent

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Feu de surface actif dans une forêt de pins gris, intensité de niveau 3.

Ce qui brûle, l’inflammabilité du combustible, les vents et la topographie sont des facteurs clés du comportement des incendies dans le Système de PCI. Taylor ainsi que Marty Alexander, chercheur à la retraite spécialisé dans les incendies, ont mélangé la série complexe d’équations mathématiques qui forment le système avec leurs propres connaissances et expertise dans le guide de 120 pages. Par exemple, les incendies de forêt les plus dangereux au Canada pour les pompiers luttant contre les feux de végétation ne sont pas alimentés par les arbres, mais par l’herbe. Les feux d’herbe n’ont peut-être pas l’air trop menaçants, mais ils peuvent se propager très rapidement.

Les forêts d’épinettes noires, de pins gris ou de pins tordus se situent tout près au deuxième rang pour ce qui est du danger. Le feu peut se déplacer à travers une forêt d’épinettes noires ou de pins gris à des vitesses de plus de 100 mètres en une minute, en excluant l’influence du repérage sur de longues distances.

Quand il faut prendre des décisions

En consultant le graphique du livre rouge sur les rémanents de pins gris, les gestionnaires de lutte aux incendies peuvent voir à quelle rapidité un incendie se propagera, selon l’humidité du combustible, la vitesse et la direction projetées des vents ainsi que la pente. Ils peuvent alors planifier quoi faire, où et quand. Des zones de sécurité sont planifiées. Des parcours d’évacuation sont cartographiés.

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Un feu de surface de faible intensité (intensité de niveau 2) est utilisé pour revégétaliser un rare pré de chênes de Garry, Rocky Point, C.-B.

Le livre rouge indique également que les mêmes conditions dans une forêt de peuplements de pins gris présentent un comportement d’incendie encore plus extrême. Même de légères variations des vents peuvent signifier qu’un incendie de surface peut se transformer en feu de cime et l’équipe doit être prête à évacuer ou à se déplacer dans une zone de sécurité.

Le livre rouge contribue à indiquer des seuils importants. Par exemple, lorsqu’un incendie atteint une intensité critique au sol et se déplace dans les cimes des arbres, son taux de propagation et son intensité se multiplient par trois, principalement en raison des vents plus forts.

Le comportement de l’incendie détermine quand il est sécuritaire de travailler, quand il faut se retirer ou quand il faut alerter la population qu’une évacuation pourrait être nécessaire. Il documente également les décisions sur les tactiques, le personnel, l’équipement et les situations où il est préférable d’attendre que les conditions s’améliorent. Tout au long de la journée, les équipes de lutte surveillent les changements de comportement de l’incendie et modifient leurs plans. Le comportement de l’incendie est aussi essentiel à l’utilisation sécuritaire et efficace de la gestion des sols et à l’utilisation efficace des pratiques qui consistent à modifier la réponse ou à le laisser brûler.

Lorsque des vies sont en jeu

Des milliers de pompiers luttant contre les feux de végétation protègent les forêts et les collectivités au Canada chaque année. La science du comportement des incendies est un des facteurs principaux de la sécurité des pompiers et de la population. L’étude du comportement des incendies et les outils comme le livre rouge jouent un grand rôle dans la prise de décisions sécuritaires.

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