Des failles anciennes aux villes modernes, la science de RNCan aide le Nord à résister aux futurs tremblements de terre.
Mars 2026
Le résumé en sept secondes :
De nouvelles recherches caractérisant les sols et les sédiments du Yukon aident les scientifiques à mieux prévoir comment ils se comportent lors de séismes. Ces recherches considèrent aussi les impacts des vibrations sismiques sur les infrastructures et les bâtiments dans le nord du Canada. De la cartographie de la rigidité du sol à la découverte d’anciennes failles présentant des risques futurs, les travaux de RNCan améliorent la prise en compte des risques sismiques dans le domaine de la sécurité publique.
Événements récents
Le 6 décembre 2025, un tremblement de terre de magnitude 7 s’est produit près de la frontière entre le Yukon et l’Alaska et a été ressenti dans les communautés voisines, notamment à Whitehorse et dans le village de Haines Junction. Les scientifiques de Ressources naturelles Canada (RNCan) travaillent en étroite collaboration avec la commission géologique du Yukon (CGY) pour suivre les répliques et en évaluer les répercussions sur les infrastructures et les communautés.
« Cet événement récent confirme que nos activités scientifiques nous permettent de mieux comprendre les risques de tremblement de terre dans la région. Le séisme a également rappelé l’importance de nos recherches pour comprendre la façon dont les secousses sismiques évoluent sur le territoire. » — Jeremy Gosselin, chercheur scientifique, Ressources naturelles Canada
Le rôle des sédiments dans l’amplification des ondes sismiques : cartographie de la sécurité au Yukon
Lorsqu’un tremblement de terre se produit, les secousses ressenties peuvent varier considérablement en fonction des types de sol et de sédiments. En règle générale, plus le site est formé de sol mou, plus les secousses sont intenses. Toutefois, l’effet est plus complexe dans le nord, où le sol gelé, également appelé pergélisol, peut rendre les sédiments mous plus rigides.
Dans une étude publiée récemment, des scientifiques ont mesuré la rigidité des sols sur 14 sites dans le sud-ouest du Yukon. Ils ont ainsi réalisé une première étape dans la classification des sols en vue de l’évaluation des risques et l’amélioration des codes de construction.
Quand le sol tremble lors d’un séisme, les sols rigides se comportent différemment des sols plus mous, ce qui influe sur la manière dont les bâtiments, les autoroutes et les infrastructures communautaires réagissent. Cette étude fournit désormais des données que les ingénieurs peuvent utiliser pour prévoir où les secousses peuvent être plus fortes ou plus faibles, ce qui contribue à la conception de bâtiments et d’infrastructures résistants et sécuritaires.
Faille ancienne, risque actuel
Les travaux sur la rigidité des sols au Yukon s’inscrivent dans les recherches sismiques plus vastes menées par RNCan dans le Nord. RNCan et la CGY ont travaillé ensemble pour modéliser les risques de tremblement de terre et l’activité tectonique dans la région frontalière du Yukon et de l’Alaska. Ils ont aussi mené des recherches sismiques récentes sur l’activité sismique près de la faille de Denali, qui s’étend sur des centaines de kilomètres dans le sud-ouest du Yukon, le long de la route de l’Alaska.
Le potentiel sismique de la région est révélé par des événements tels que le tremblement de terre de Saint Elias, survenu en février 1979, d’une magnitude de 7,1, qui a frappé le sud-est de l’Alaska et le sud-ouest du Yukon. Les données géologiques montrent que de nombreux tremblements de terre se sont produits dans la région au cours des derniers milliers d’années. De plus, des recherches récentes de RNCan ont permis de cartographier les contraintes et les déformations des plaques tectoniques dans la région suggérant que la zone de faille pourrait générer des tremblements de terre importants dans le futur.
Interprétation
L’ensemble de ces études montre que :
- le type de sol sous une communauté influe sur l’intensité des secousses qu’elle peut subir lors d’un tremblement de terre;
- certaines failles inactives actuellement ont des antécédents sismiques qui doivent être pris en compte dans la planification des risques futurs;
- de nombreux sites du Yukon pourraient connaître des changements quant à la rigidité du sol avec le réchauffement du climat et le dégel du pergélisol. Les risques pourraient augmenter dans ces zones.
« Nos recherches aident les Canadiens à rendre leurs communautés plus sûres et résilientes, déclare Jeremy. Le récent tremblement de terre d’une magnitude de 7 nous rappelle également que nous pouvons, en tant qu’individus et communautés, prendre des mesures pour mieux nous préparer à ce type de risques naturels. »
Si vous êtes un membre des médias ou un éducateur et que vous souhaitez en savoir plus sur Jeremy et cette recherche, communiquez avec nous à l’adresse suivante : sciencecommunications-communicationsscientifiques@nrcan-rncan.gc.ca