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Le Québec en évolution

Avec ou sans changement climatique, le Québec n'a jamais cessé d'évoluer dans le temps. Sa population, l'environnement naturel et bâti ainsi que les activités socio-économiques se sont transformés au cours des derniers siècles et, plus particulièrement, au cours des dernières décennies. Puisque la nature et l'ampleur des impacts du changement climatique dépendront autant des caractéristiques des trois éléments clés que du changement climatique proprement dit, il importe de faire une synthèse des caractéristiques de ces éléments et de celles du climat. Avant d'aborder les enjeux spécifiques et régionaux liés aux impacts du changement climatique, cette section présente les grandes caractéristiques et le portrait probable de l'évolution du Québec pour les décennies à venir.

2.1. POPULATION

Avec ses 7,5 millions de personnes (2005), le Québec est la deuxième province en importance au Canada. Une grande partie de sa population (82 p. 100) se concentre dans le sud du territoire et le long du Saint-Laurent, le reste étant réparti dans d'autres régions où l'économie est davantage axée sur l'exploitation des ressources naturelles. Le Québec est urbanisé : 75 p. 100 de sa population demeure dans 73 villes de plus de 10 000 habitants - dont 54 p. 100 dans les neuf villes de plus de 100 000 habitants, soit Montréal, Québec, Lévis, Gatineau, Sherbrooke, Laval, Longueuil, Saguenay et Trois-Rivières - et son économie est diversifiée. Le territoire rural (80 p. 100 du territoire habité) représente 1,6 million de personnes (22 p. 100 de la population) vivant dans près de 1 000 villages. Enfin, la population autochtone totale avoisine les 83 000 personnes, soit 73 000 am érindiens et 10 000 Inuits (Secrétariat aux affaires autochtones, 2006).

Au cours des prochaines décennies, la population du Québec sera marquée par une stabilisation du nombre d'habitants ainsi qu'une modification de la composition régionale et des groupes d'âge. Selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), elle passerait à près de 8 millions en 2026 et à 7,8 millions en 2051 selon le scénario de référence (voir la figure 2; Institut de la statistique du Québec, 2003). L'incertitude autour de cette prévision repose principalement sur les hypothèses concernant l'évolution de l'immigration nette et de la fécondité, qu'encadrent les scénarios faible et fort de l'ISQ.

Par ailleurs, 12 des 17 régions administratives du Québec verraient leur population décroître d'ici 2026. À long terme, cette décroissance serait encore plus marquée, allant de -16 p. 100 à -32 p. 100. Parallèlement, la population de la région de Montréal augmenterait de près de 450 000 personnes (+13 p. 100), celles-ci s'installant principalement dans les couronnes nord et sud, poursuivant ainsi une tendance à l'étalement urbain (Statistique Canada, 2007a). L'Outaouais connaîtrait également une forte croissance, avec une augmentation de 13 p. 100 en 2041. Le Nunavik, en raison de ses particularit és (voir la section 3.1), verrait sa population (10 000 personnes en 2001) augmenter de 28 p. 100 (13 000 personnes) à l'horizon 2021. Actuellement, cette population est jeune (en 2004, 56 p. 100 était âgé de moins de 25 ans) et est regroupée dans 14 villages établis le long des côtes de la baie d'Hudson, du détroit d'Hudson et de la baie d'Ungava (Institut de la statistique du Québec, 2004). Sa croissance se traduit déjà par une forte demande sur le plan de l'habitation (voir la section 3.1.).

Figure 2 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 2: Scénarios d'évolution de la population totale du Québec jusqu'en 2051 (Institut de la statistique du Québec, 2003).

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Graphique linéaire illustrant trois scénarios d’évolution de la population totale du Québec jusqu’en 2051. La première ligne représente une augmentation constante à partir de maintenant jusqu’à 2051, année où la province atteindrait les 9 millions d’habitants. La deuxième ligne indique une croissance de la population du Québec qui serait de 8,3 millions en 2031, population qui diminuerait ensuite à 7,8 millions en 2051. La troisième ligne montre un sommet en 2012, à 7,5 millions, puis une baisse à 6,3 millions en 2051.

 

Compte tenu de ces projections, les variations de la population par groupes d'âge seraient encore plus prononcées que celles prévues des populations totales des régions (voir la figure 3). En effet, en raison du rapport entre le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans et celui des plus jeunes, le profil démographique du Québec serait complètement transformé. En 2051, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus dépasserait les 2 millions et, en 2026, leur poids démographique dépasserait les 20 p. 100 dans toutes les régions, sauf dans le nord du Québec. En 1996, la région la plus âgée, soit la Mauricie, comptait moins de 15 p. 100 de personnes âgées de 65 ans et plus. À l'horizon 2026, seule une zone en forme de croissant, centrée sur la région de Montréal (de l'Outaouais au centre du Québec), présenterait une certaine vigueur démographique. Ainsi, une proportion croissante de la population viendrait augmenter les tranches d'âge souvent associées à des groupes actuellement vulnérables au changement climatique. Ce changement aura des impacts sur la vulnérabilité de la société québécoise, particulièrement sur les moyens financiers disponibles pour le soutien des services de sant é de plus en plus sollicités (Godbout et al., 2007).

Figure 3 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 3: Pyramide des âges de la population du Québec, de 2001 à 2051, scénario A de référence (Institut de la statistique du Québec, 2003).

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Pyramide d’âges de la population du Québec (hommes et femmes) pour 2001 et 2051. La figure montre qu’il y aura un changement démographique en 2051; la population la plus élevée d’hommes et de femmes se situera dans la tranche d’âge de 60 à 80 ans, comparativement à la répartition de 2001, où le nombre le plus élevé d’hommes et de femmes se situait entre 40 et 54 ans.

 

Par ailleurs, l'état de santé de la population québécoise évolue positivement et est bien documenté pour les différentes régions administratives du Québec (Institut national de la santé publique du Québec, 2006). Bien que la majorité des indicateurs socio-économiques et de santé révèlent une amélioration graduelle et constante de l'état de santé, un rapport précédent avait signalé certains comportements, perceptions et indicateurs favorables à un accroissement potentiel du nombre de personnes vulnérables (sédentarité, excès de poids, personnes âgées vivant seules; Institut national de la santé publique du Québec, 2006). Depuis, ces tendances ne se sont généralement pas confirmées sauf pour les populations demeurées vulnérables qui ont vu leur vulnérabilité s'accroître.

Puisque les tendances démographiques ne se modifient que graduellement, les projections semblent indiquer la poursuite du vieillissement d émographique, de la croissance des populations urbaines et de la dépopulation des régions éloignées. En conséquence, l'évolution de la démographie et de l'état de santé pourront contribuer à accroître ou diminuer la vulnérabilité des populations au changement climatique.

2.2. ACTIVITÉ SOCIO-ÉCONOMIQUE

2.2.1. Économie

Première province du Canada sur le plan de la superficie, le Québec avait en 2005 un produit intérieur brut de près de 274 milliards de dollars (Statistique Canada, 2007b). Son économie diversifiée, largement tournée vers l'extérieur, assure à sa population un haut niveau de vie et lui donne d'importants moyens financiers pour faire face aux impacts potentiels du changement climatique (voir la section 2.3 au chapitre 2).

Longtemps reconnu pour ses ressources naturelles, le Québec a vu au cours des dernières décennies son économie se transformer en profondeur. Il compte maintenant sur un secteur des services (secteur tertiaire) o ù les activités commerciales et financières, les services de santé et d'éducation, les loisirs et l'administration publique occupent près de 70 p. 100 du PIB, contre 30 p. 100 pour celles des industries productrices de biens des secteurs primaire et secondaire (Statistique Canada, 2007b). Tout indique que cette tendance vers la tertiarisation se poursuivra, notamment avec la croissance des industries de l'information, des loisirs et du tourisme ainsi qu'avec la croissance des services de santé.

Prédominant au début du XXe siècle, le secteur primaire, aux activités telles que l'agriculture, la foresterie ou encore la chasse et la pêche, ne représentait en 2005 que 2,3 p. 100 du PIB. Pour ce qui est du secteur secondaire manufacturier, plusieurs industries reposent sur la transformation des ressources, dont l'agroalimentaire et la transformation du bois. Cette dernière industrie représente près de 3 p. 100 du PIB de même qu'une proportion importante des exportations du Québec. Aussi, la production d'électricité au Québec, à 96 p. 100 d'origine hydraulique, représente 4 p. 100 du PIB et devrait s'accroître passablement au cours de la prochaine décennie. Il en va de même avec la filière éolienne, une industrie actuellement en plein essor grâce à la nouvelle politique énergétique du Québec et dont la puissance installée devrait passer de 100 à 4 000 MW d'ici à 2015 (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, 2006a).

L'économie québécoise est aussi caractérisée par de profondes différences entre ses régions. Si dans le sud du Québec, où l'économie est très diversifiée, les activités manufacturières et tertiaires occupent une place considérable dans la production du travail et dans l'emploi, dans certaines autres régions, l'agriculture, la forêt, la production hydroélectrique, les mines et les industries de transformation des ressources continuent de fournir une part importante des emplois directs (12 p. 100 à 20 p. 100). Au total, plusieurs centaines de collectivités dépendent directement d'une (ou des) ressource(s) naturelle(s) en place. Ce portrait de l'économie québécoise devrait évoluer fortement au cours des prochaines décennies. Selon les tendances actuelles de la démographie et de la productivité du travail (+1,6 p. 100 selon Lafrance et Desjarlais, 2006), le Québec connaîtrait une croissance économique soutenue et doublerait sa production d'ici 50 ans (Ministère des Finances du Québec, 2005). Les ménages et les individus verraient ainsi leurs revenus augmenter substantiellement, disposant alors de moyens accrus pour satisfaire leurs besoins. L'augmentation de la scolarisation et de l'urbanisation sont également envisagées (Institut de la statistique du Québec, 2003). En région, l'évolution démographique créerait des différences importantes sur le plan de la croissance économique globale et par habitant, auxquelles viendraient s'ajouter les effets de la croissance différenciée des industries des ressources par rapport à ceux de la croissance des autres secteurs économiques.

Enfin, de nombreux changements commerciaux (nouveaux accords commerciaux, développement économique des pays émergents), technologiques (demande, méthodes ou procédés de production) ou encore reliés à la disponibilité et aux coûts des approvisionnements influeront sur les différentes activités de production de biens et services. Si l'évolution de certains secteurs est facile à prévoir pour les premières décennies, elle l'est moins pour les 50 ou les 100 prochaines années, notamment pour les industries comme celles des pâtes et papiers, de la transformation du bois et de l'agroalimentaire, sujettes à de rapides changements socio-économiques.

Les changements démographiques et socioculturels auront aussi des répercussions notables sur la demande de biens et services, comme une hausse des besoins en services de sant é requis par une population vieillissante ou encore des besoins en loisirs des retrait és, allant de pair avec des moyens technologiques mis au point pour les satisfaire. En somme, le contexte socio- économique sera, lui aussi, différent du contexte actuel et les liens accrus avec les marches internationaux viendront modifier (voir le chapitre 9) de façon complexe la sensibilité du système socio-économique aux répercussions ayant lieu au Québec et ailleurs.

2.2.2. Évolution sociale

L'évolution des systèmes humains est étroitement liée à de nombreux aspects sociaux, allant des perceptions individuelles aux politiques publiques et au capital social (Adger, 2003), en passant par le leadership (Bacal, 2006) et l'évolution des valeurs. Au-delà des impacts physiques et économiques plus aisément mesurables, l'importance accordée aux divers impacts du changement climatique sera influencée par l'évolution difficile à évaluer des perceptions et des valeurs de la société. Les acquis socio-économiques importants, le niveau croissant d'éducation, la sensibilité accrue à la protection de l'environnement, les communications et la complexité des enjeux influenceront particulièrement les prises de décisions permettant de composer avec les impacts du changement climatique (Bryant et al., 2007). Ainsi, les inquiétudes de la société québécoise liées à la qualité de l'environnement ont incité, par exemple, les gouvernements à renforcer les balises encadrant la gestion des déjections animales (Institut national de recherche sur les eaux, 2004) et à abandonner d'autres projets majeurs comme la centrale thermique du Suroît, ou encore à légiférer afin de préserver les ressources en eau (Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, 2002). Les événements climatiques extrêmes, les études scientifiques et leurs couvertures médiatiques ont probablement eu des conséquences sociales variées et importantes parfois difficiles à mesurer. Déjà, des réalités et perceptions similaires avaient fait en sorte que le Québec avait adhéré dès novembre 1992 aux principes et à l'objectif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Depuis, le Qu ébec a réalisé différentes actions, y compris la mise en œuvre de son Plan d'action 2006-2012 sur les changements climatiques (Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, 2006a), ainsi que l'adoption d'une loi sur le développement durable (Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, 2006b), prenant position en faveur d'un concept encore inconnu il y a à peine une vingtaine d'années.

Sur un autre plan, une proportion non négligeable de la population vit dans des conditions de précarité socio-économique reliées aux conditions d'emploi, à la démographie et à l'immigration, à la diminution du pouvoir d'achat et au défi d'acquérir un niveau d'éducation plus élevé (Institut national de santé publique du Québec, 2006). Cette population est concentrée dans les grandes villes en valeur absolue et pose des défis particuliers. Pour d'autres groupes, comme les Inuits du Nunavik et les Premières Nations d'autres régions, les réalités socio-économiques particulières augmenteraient ou diminueraient leur vulnérabilité quant à divers aspects du changement climatique.

Néanmoins, tout porte à croire que l'intérêt des populations pour les enjeux environnementaux, tels que le changement climatique, s'accroîtra malgré l'obligation de composer avec d'autres transformations nombreuses et rapides, comme la concurrence internationale accrue, la d émographie, les avancées technologiques ainsi que les enjeux sociaux, d'éducation et de bien-être individuel et collectif.

2.3. ENVIRONNEMENT

2.3.1. Environnement bâti

L'environnement bâti a connu une progression fulgurante au Québec depuis le début du XXe siècle, s'expliquant par l'urbanisation, l'enrichissement, les développements technologiques, la croissance et l'étalement de la population, ainsi que par l'interdépendance et la complexité croissante des activités socio-économiques. Généralement exposé au climat, l'environnement bâti devient vulnérable au moment d'événements climatiques dépassant un seuil coût/risque établi. Considérant le climat stationnaire, les concepteurs d'ouvrages intègrent les données climatiques des dernières décennies à leurs plans afin de concevoir des infrastructures et bâtiments répondant aux attentes. Naturellement, toute modification de cet état stationnaire du climat pourra avoir une incidence sur l'efficacité, la durée de vie et la sécurité des ouvrages à cause de l'occurrence d'impacts directs ou indirects susceptibles de provoquer la destruction, la défaillance, la perte d'efficacité ou la création d'une nuisance externe.

Le regroupement par type d'infrastructures et édifices qui composent l'environnement bâti s'inspire de la Loi sur les ingénieurs du Québec (Ordre des ingénieurs du Québec, 2006). Les infrastructures de transport permettent la réalisation d'activités socio-économiques dans plusieurs régions (isolées, côtières, urbaines, rurales) au moyen de divers modes de transport (terrestre [routier ou ferroviaire], maritime, a érien). Les infrastructures reliées aux ressources hydriques, comme les barrages (5144 au Québec, incluant 333 grands barrages selon l'Institut national de recherche sur les eaux, 2004), les canaux et les ports, exploitent l'hydrosphère. Les infrastructures associées aux domaines de l'énergie et de la géologie ont rapport notamment à l'exploitation ou à l'intégrité des paysages. Les infrastructures municipales assurent, par exemple, la distribution de l'eau et son traitement, la gestion de l'eau de surface ou encore, l'élimination des déchets. Les édifices abritent souvent la population et représentent un grand nombre de bâtiments. Les ouvrages de protection, parfois qualifiés d'essentiels, servent à garantir la sécurité des populations, des activités socio-économiques et de l'environnement naturel et bâti; on compte au nombre des exemples biens connus, les digues bordant la ville de Winnipeg, celles de la Nouvelle-Orl éans, ainsi que plusieurs enrochements côtiers ou brise-lames de l'est du Québec. Enfin, l'environnement naturel peut être aménagé ou modifié volontairement (ou involontairement) afin de maintenir ou de rehausser l'environnement bâti et naturel (talus au bas d'une route ou rive artificielle).

Globalement, l'environnement bâti, en particulier les infrastructures municipales, sont vieillissantes, plusieurs ayant déjà dépassé leur durée de vie utile (Infrastructure Canada, 2004; Villeneuve et al., 1998). Les besoins en nouvelles infrastructures, mais surtout en réhabilitation d'infrastructures existantes, demeurent et demeureront importants, et les investissements massifs attendus et pr évus au cours des prochaines décennies sont déjà amorcés (Statistique Canada, 2006). De par leur spécificité régionale, les villages nordiques du Nunavik reçoivent depuis une trentaine d'années d'importants investissements afin de se doter d'infrastructures municipales, scolaires et commerciales ainsi que d'infrastructures de transport. N'étant pas reliés entre eux ni au sud du Québec par un réseau routier, ils sont desservis par bateau et par avion; ce dernier mode de transport dispose d'aéroports dont les pistes sont pour la plupart non asphaltées et construites sur le pergélisol.

Bien que l'environnement bâti poursuivra sa croissance, les tendances quant au vieillissement des infrastructures, aux investissements publics, à la démographie et à l'urbanisation, ainsi qu'à la densification du sud du Québec, portent à croire qu'une proportion grandissante de l'attention ira à la réhabilitation et au renouvellement des infrastructures en place afin de répondre aux besoins d'une population vieillissante aux activités et intérêts socio-économiques différents de ceux du XXe siècle. Ces tendances font penser que l'intégration, lorsque pertinente, de nouvelles données climatiques ou nouvelles approches considérées lors de la conception et de la réhabilitation à venir sera déterminante quant à la vulnérabilité future de l'environnement bâti du Québec.

2.3.2. Environnement naturel

D'une superficie de 1 667 441 km2, le Québec est constitué du Bouclier canadien (collines, vastes forêts et nombreux lacs), de la plaine argileuse des basses terres du Saint-Laurent et d'une partie des Appalaches aux sommets allongés. Notamment, en raison des reculs et des avancées glaciaires récurrents, le relief du territoire est peu accentué, dépassant rarement les 900 m d'altitude. La partie extrême nord présente une végétation de toundra, un sol reposant sur du pergélisol plus ou moins continu et un climat rigoureux aux vents forts sous lequel évoluent une faune et une flore adaptées. Plus au sud, le couvert forestier (757 900 km2) est dominé par une forêt boréale (73,7 p. 100) dense, qui abrite une importante faune et une grande variété d'oiseaux. La forêt mixte, mélange de feuillus et de conifères, couvre les basses terres du Saint-Laurent et compte une grande diversité d'espèces végétales et animales. Par ailleurs, grâce à son important réseau hydrographique et ses milliers de lacs et de rivières recensés, le Québec détient, d'après les estimations, 3 p. 100 des eaux renouvelables de la planète. Enfin, 10 p. 100 de l'eau souterraine se trouve en région habitée, et un tiers du territoire fait partie du bassin versant du Saint-Laurent, fleuve qui dessert 80 p. 100 de la population (Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, 2006b; Le Québec géographique, 2006). D'ailleurs, les ressources naturelles sont graduellement devenues de plus en plus exploit é afin de générer une quantité croissante (en valeur absolue mais pas en pourcentage du PIB) de produits et services à la base de l'économie et de la société du Québec.

Quant à l'atmosphère, sous-système climatique initiateur des impacts du changement climatique, de nombreuses caract éristiques climatiques, notamment la température moyenne et les précipitations totales annuelles (voir la figure 4), ont contribué au fil des siècles à façonner la cryosphère, l'hydrosphère, la biosphère et même la lithosphère du Québec. De par son exposition continuelle aux conditions atmosphériques et considérant la nature essentiellement spontanée des processus d'adaptation, ceci laisse présager un plus fort potentiel d'impacts directs et indirects significatifs consécutif à toute transformation de l'atmosphère.

Cette situation est en contraste avec les populations et leurs activités socio-économiques; ces dernières sont généralement moins exposées et munies d'une variété de moyens pour anticiper le changement climatique et s'y adapter, offrant un potentiel d'impacts plus indirects et complexes.

Figure 4 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 4: À gauche, températures (en °C) et à droite, précipitations moyennes annuelles (en mm) au Québec, entre 1966 et 1996 (Ouranos, 2004).

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Deux cartes du Québec montrant 1) la température annuelle moyenne (en degrés Celsius) et 2) les précipitations annuelles moyennes (en mm) entre 1966 et 1996. Les températures annuelles moyennes sont plus élevées dans le sud de la province (2,7 à 6,6 ºC) et diminuent vers le nord, pour atteindre -10,8 à -8,9 ºC dans les régions les plus au nord. Les précipitations annuelles moyennes sont moins variables dans l’ensemble de la province, mais suivent une tendance similaire à la baisse du sud au nord.

 

L'activité humaine a contribué à une transformation des paysages, de la faune et de la flore, surtout en raison de la croissance démographique et de l'exploitation des ressources naturelles. Malgré une tertiarisation de l'économie et une importance accrue accordée à l'environnement naturel, elle occasionnera de nouveaux changements, mais les conditions climatiques anticip ées pourront en induire encore davantage, étant donné la sensibilité des écosystèmes au climat. Quelques conclusions sur les tendances et les projections climatiques concernant le Qu ébec sont abordées à partir de la section suivante, mais des discussions détaillées sur ces points sont également disponibles dans d'autres documents (Ouranos, 2007).

2.3.3. Climat

Outre les conditions initiales et les tendances des trois éléments clés (population, environnement naturel et bâti, activités socio-économiques), l'évolution régionale, voire locale, du climat sera naturellement aussi déterminante quant à la nature et l'ampleur des impacts et des mesures d'adaptation spontanées ou planifiées qui en résulteront.

Tendances climatiques historiques

Barrow et al. (2004) et Gachon et al. (2005) ont fait état des changements statistiquement significatifs à la hausse sur plusieurs décennies pour des indicateurs tels que la température annuelle, les précipitations totales annuelles et le nombre de jours de pluie, tandis qu'ils constataient une diminution du couvert de glace.

Figure 5 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 5: Interpolation de la tendance des températures annuelles moyennes entre 1960 et 2003. Les tendances présentées ici sont cohérentes avec les analyses faites à l'échelle du continent. Les masses d'eau imposantes à l'est du Québec expliqueraient la différence est-ouest (Yagouti et al., 2006).

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Carte du Québec illustrant l’interpolation des tendances de la température annuelle moyenne au Québec de 1960 à 2003. La région la plus à l’est de la province présente la plus basse augmentation de température (0 – 0,50 ºC/44 ans). L’augmentation la plus marquée de la température (1 – 1,25 °C/44 ans) a été observée dans la partie centre-sud du Québec. Les augmentations de température dans les régions du centre de la province ont varié de 0,50 à 1 ºC/44 ans.

 

Dans des études récentes, Yagouti et al. (2006, sous presse) ont constaté un réchauffement notable du climat dans plusieurs régions du Québec méridional entre 1960 et 2003. Un réchauffement marqué des températures annuelles moyennes, entre 0,5 ºC et 1,2 ºC, a été constaté dans l'ouest et le centre du Québec méridional. Le réchauffement suit un gradient décroissant orienté d'ouest en est. Ainsi, dans l'est du Québec méridional, un réchauffement peu important et inférieur à 0,5 ºC s'est produit au cours de la même période. À la majorité des stations, on a constaté que le réchauffement a été plus rapide à partir de la deuxième moitié des années 1990 et a été plus prononcé la nuit que le jour, principalement en été. L'hiver et l'été constituent les saisons où le réchauffement le plus marqué a été constaté. Ainsi, par exemple, le centre et l'ouest du Québec méridional ont connu en été des augmentations des températures minimales variant entre 0,4 et 2,2 °C alors que, dans l'est, la majorité des stations n'a enregistré aucune tendance significative (voir la figure 5). Enfin, le réchauffement des températures hivernales et estivales s'est traduit par une évolution notable de plusieurs indicateurs climatiques, notamment les degrés-jours de croissance, les degrés-jours de chauffage, ou encore la durée de la saison sans gel. Le lecteur intéressé par une analyse détaillée de l'évolution des températures et des indicateurs climatiques dérivés pourra consulter l'ouvrage de Yagouti et al. (2006).

Figure 6 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 6: Tendance des températures moyennes annuelles pour cinq stations nordiques non homogénéisées (M. Allard, communication personnelle, 2006).

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Graphique montrant les tendances des températures annuelles moyennes pour cinq stations climatiques situées dans le nord du Québec. De 1950 à 1998, les températures se situaient en moyenne à -6 °C, baissant à -4 °C de 2000 à 2007 à Kuujuaq, Inukjuak, Kuujuarapick et Schefferville. De 1950 à 1998, à Iqaluit, les températures étaient plus basses, se situant en moyenne à -10 °C, puis baissant en moyenne à -8 °C de 2000 à 2007.”

 

Quant au climat du nord du Québec, l'analyse des données homogénéisées des quelques stations semble indiquer un réchauffement plus important que dans toute autre région du Québec au cours du XXe siècle. À Inukjuak, par exemple, où l'on dispose de la plus longue série de données climatiques, la tendance de la température moyenne annuelle est de +2,9 °C de 1922 à 2004. Toutefois, il faut noter que l'ensemble des stations nordiques (voir la figure 6), incluant Inukjuak, ont vécu une tendance nulle, voire légèrement négative entre 1950 et le début des années 1990, suivi par une période plus chaude d'au moins 1°C que les normales de 1961 à 1990. À titre d'exemple d'impact de cet épisode chaud, la température du pergélisol en surface a augmenté de près de 1°C en dix ans à plusieurs sites couvrant l'ensemble du nord du Québec (Allard et al., 2004).

D'autres études climatiques non spécifiques au Québec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, 2007) font état de potentielles tendances climatiques se manifestant sur son territoire, à savoir :

  • une augmentation du couvert nuageux (Milewska, 2004);
  • une diminution du gradient de pression entre le nord et le sud-est du Canada (Gillett et al., 2003 : Wijngaard et al., 2003);
  • une augmentation récente de l'activité cyclonique intense (McCabe et al., 2001; Lambert, 2004);
  • un déplacement de 181 km vers le nord de la trajectoire moyenne des dépressions hivernales dans l'Atlantique nord (Wang et al., 2006);
  • une augmentation de la précipitation automnale (Stone et al., 2000) bien que, globalement, la variabilité inter-décennale semble dominer (Zhang et al., 2001);
  • une disponibilité en eau moindre entre 1950 et 2002 principalement sur le centre du Québec (Dai et al., 2004; Ouranos, 2004; Déry et Wood, 2005);
  • quelques modifications de la cryosphère, notamment une disparition printanière devancée entre 1966 et 1995 (Groisman et al., 2003; Duguay et al., 2006).

Plusieurs chercheurs relient ces observations à des indices tels l'oscillation nord-atlantique (North Atlantic Oscillation ou NAO), particulièrement pour la saison froide (Voituriez, 2003), et ce, même pour les températures (Wettstein et Mearns, 2002). Higuchi et al. (2000) ont même avancé que la persistance d'un NAO positif et des conditions de type El Niño dans l'océan Pacifique favorisent les tempêtes de pluie verglaçante sur le sud-est du Canada. Une description exhaustive de ces études sort cependant du cadre de ce chapitre.

Scénarios climatiques projetés

À l'instar du chapitre deux, les changements saisonniers des températures et des précipitations projetés par six modèles de circulation générale (MCG) utilisant différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre sont présentés pour quatre sous-régions (voir la figure 7). Les changements moyens projetés pour trois décennies centrées sur les décennies 2020, 2050 et 2080 sont présentés et interprétés par rapport aux normales climatiques de 1961 à 1990 (Environnement Canada, 1993). Les quatre diagrammes de dispersion (voir les figures 8 à 11) et les tableaux synthèses associés (voir les tableaux 1 à 4) résument les plus récentes projections saisonnières (voir pour les interprétations : Barrow et al., 2004; Ouranos, 2004; Chaumont, 2005; Chaumont et Chartier, 2005). Les modèles régionaux du climat (MRC), au traitement plus fin des composantes de la dynamique et de la physique, produisent des r ésultats aux échelles spatiales et temporelles d'intérêt pour l'évaluation des impacts régionaux (Ouranos, 2004). De plus en plus, les résultats de MRC, dont le modèle canadien (MRCC), permettront d'élaborer des projections de changement climatique plus raffinées (Plummer et al., 2006), d'où l'inclusion de résultats du MRCC dans les diagrammes de dispersion (voir les figures 8 à 11).

Dans l'ensemble, les températures moyennes augmenteraient pour les trois horizons climatiques, particulièrement pour la saison froide. Les précipitations saisonnières totales augmenteraient aussi, surtout en hiver et au printemps. Dans les sous-r égions sud et maritime, les changements dans les précipitations totales de l'été et de l'automne sont incertains car autant de scénarios indiquent des diminutions que des augmentations; certaines de ces diminutions peuvent m ême atteindre 25 p. 100. Les changements projetés se démarquent généralement de la variabilité naturelle du climat simulée par le modèle couplé canadien de circulation générale (MCCG3) dès l'horizon 2020 dans le cas de la température et beaucoup plus tard, soit parfois sur l'horizon 2050, voire même après l'horizon 2080, dans le cas de la précipitation.

Figure 7 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 7: Les quatre sous-régions choisies afin d'établir des scenarios équiprobables exprimés sous forme de diagrammes de dispersion des températures et des précipitations. La grille du modèle couplé canadien de circulation générale (MCCG3) est ajoutée afin d'illustrer la resolution spatiale typique des modèles de circulation générale (MCG).

Version textuelle

Carte de l’est du Canada, comprenant l’Ontario, le Québec et les provinces de l’Atlantique, et montrant l’emplacement des quatre sous-régions (le sud, le centre, la région maritime et le nord) qui ont été choisies pour établir des scénarios équiprobables exprimés sous forme de diagrammes de dispersion (température/précipitations). La grille du modèle couplé canadien de circulation générale (MCCCG3) a été ajoutée pour illustrer la résolution spatiale typique des modèles de circulation générale (MCG).

 
Figure 8 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 8: Diagramme de dispersion des changements de températures et de précipitations pour la sous-région nord par saison et par période climatique future, par rapport aux normales de 1961 à 1990. Les valeurs proviennent de plusieurs MCG (couleurs) pour divers scénarios d'émissions de GES (formes). Les losanges gris indiquent la variabilité naturelle du climat sur 1000 ans de la simulation contrôle du MCCG3. Chaque losange représente une moyenne de 30 ans. Les changements simulés par le MRCC 4.1.1 portent uniquement sur l'horizon 2050. La légende se trouve à la figure 11.

Version textuelle

Douze diagrammes de dispersion illustrant les changements prévus de températures et de précipitations pour la sous-région nord par saison (hiver, printemps, été, automne) et par période climatique future (les années 2020, 2050 et 2080), par rapport aux normales climatiques de 1961 à 1990. Les valeurs sont issues de sept modèles de circulation générale utilisant six scénarios différents. La variabilité naturelle du climat y est également représentée. Une augmentation de la température moyenne est prévue avec le temps pour chaque saison, et la variation entre les projections sera également plus grande avec le temps.

Une hausse des températures est prévue pour toutes les saisons d’ici les années 2020, allant de 0 à 5 ºC. Pour les années 2050, les changements prévus sont de l’ordre d’environ 0 à 5 ºC au printemps, en été et à l’automne, et d’environ 4 à 10 ºC en hiver. Quant aux années 2080, une augmentation des températures d’environ 2 à 10 ºC est prévue au printemps et à l’automne, d’environ 2 à 7 ºC au printemps et d’environ 5 à 15 ºC en hiver.

 
Figure 9 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 9: Diagramme de dispersion des changements de temperatures et de précipitations pour la sous-région centrale par saison et par période climatique future, par rapport aux normales de 1961 à 1990. Les valeurs proviennent de plusieurs MCG (couleurs) pour divers scenarios d'émissions de GES (formes). Les losanges gris indiquent la variabilité naturelle du climat sur 1000 ans de la simulation contrôle du MCCG3. Chaque losange représente une moyenne de 30 ans. Les changements simulés par le MRCC 4.1.1 portent uniquement sur l'horizon 2050. La légende se trouve à la figure 11.

Version textuelle

Douze diagrammes de dispersion illustrant les changements de températures et de précipitations pour la sous-région centrale par saison (hiver, printemps, été, automne) et par période climatique future (les années 2020, 2050 et 2080), par rapport aux normales climatiques de 1961 à 1990. Les valeurs sont issues de sept modèles de circulation générale utilisant six différents scénarios d’émissions. La variabilité naturelle du climat y est également représentée. Une augmentation de la température moyenne est prévue avec le temps pour chaque saison, et la variation entre les projections sera également plus grande avec le temps.

Une hausse des températures est prévue pour toutes les saisons d’ici les années 2020, allant de 0 à 5 ºC. Pour les années 2050, les changements prévus sont de l’ordre d’environ 0 à 5 ºC au printemps, en été et à l’automne, et d’environ 4 à 10 ºC en hiver. Quant aux années 2080, une augmentation des températures d’environ 3 à 6 ºC est prévue en été et à l’automne, d’environ 2 à 7 ºC au printemps et d’environ 5 à 15 ºC en hiver.

 
Figure 10 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 10: Diagramme de dispersion des changements de températures et de précipitations pour la sous-région maritime par saison et par période climatique future, par rapport aux normales de 1961 à 1990. Les valeurs proviennent de plusieurs MCG (couleurs) pour divers scénarios d'émissions de GES (formes). Les losanges gris indiquent la variabilité naturelle du climat sur 1000 ans de la simulation contrôle du MCCG3. Chaque losange représente une moyenne de 30 ans. Les changements simulés par le MRCC 4.1.1 portent uniquement sur l'horizon 2050. La légende se trouve à la figure 11.

Version textuelle

Douze diagrammes de dispersion des changements de températures et de précipitations pour la région maritime par saison (hiver, printemps, été, automne) et par période climatique future (les années 2020, 2050 et 2080), par rapport aux normales climatiques de 1961 à 1990. Les valeurs sont issues de sept modèles de circulation générale utilisant six différents scénarios d’émissions. La variabilité naturelle du climat y est également représentée. Une augmentation de la température moyenne est prévue avec le temps pour chaque saison, et la variation entre les projections sera également plus grande avec le temps.

Une hausse des températures est prévue pour toutes les saisons d’ici les années 2020, allant d’environ 0 à 2 ºC. Pour les années 2050, les changements prévus sont de l’ordre d’environ 2 à 4 ºC au printemps, en été et à l’automne, et d’environ 2 à 5 ºC en hiver. Quant aux années 2080, une augmentation des températures d’environ 3 à 6 ºC est prévue en été et à l’automne, d’environ 2 à 8 ºC au printemps et d’environ 2 à 8 ºC en hiver.

 
Figure 11 : S'il vous plaît voir le lien de la version du texte.

FIGURE 11: Diagramme de dispersion des changements de températures et de précipitations pour la sous-région sud par saison et par période climatique future, par rapport aux normales de 1961 à 1990. Les valeurs proviennent de plusieurs MCG (couleurs) pour divers scénarios d'émissions de GES (formes). Les losanges gris indiquent la variabilité naturelle du climat sur 1000 ans de la simulation contrôle du MCCG3. Chaque losange représente une moyenne de 30 ans. Les changements simulés par le MRCC 4.1.1 portent uniquement sur l'horizon 2050.

Version textuelle

Douze diagrammes de dispersion illustrant des changements de températures et de précipitations pour la sous-région sud par saison (hiver, printemps, été, automne) et par période climatique future (les années 2020, 2050 et 2080), par rapport aux normales climatiques de 1961 à 1990. Les valeurs sont issues de sept modèles de circulation générale utilisant six différents scénarios d’émissions. La variabilité naturelle du climat y est également représentée par des losanges gris. Une augmentation de la température moyenne est prévue avec le temps pour chaque saison, et la variation entre les projections sera également plus grande avec le temps.

Une hausse des températures est prévue pour toutes les saisons d’ici les années 2020, allant d’environ 0 à 4 ºC. Pour les années 2050, les changements prévus sont de l’ordre d’environ 1 à 6 ºC en hiver et au printemps, et d’environ 1 à 5 ºC en été et à l’automne. Quant aux années 2080, une augmentation des températures d’environ 3 à 12 ºC est prévue en hiver et au printemps et d’environ 2 à 7 ºC en été et à l’automne.

 

TABLEAU 1 : Normales climatiques et synthèse du diagramme de dispersion pour la sous-région nord.
Saison   Climat des 1980 Changement d'ici 2020 Changement d'ici 2050 Changement d'ici 2080
Hiver Température -21 à 25°C +2,5 à +3,5°C +4 à +7°C +6 à +12,5°C
Précipitations 60 à 180 mm +1 à +18 p. 100 +2 à +32 p. 100 +5 à +53 p. 100
Printemps Température -7 à -17°C +0,5 à +2°C +1,5 à +3.5°C +2,5 à +7°C
Précipitations 75 à 125 mm +1 à +12 p. 100 +4 à +26 p. 100 +8 à +35 p. 100
Été Température 6 à 10°C +1 à +2,5°C +1,5 à +4°C +2 à +6°C
Précipitations 150 à 230 mm +1 à +12 p. 100 +3 à +19 p. 100 +5 à +28 p. 100
Automne Température 1 à 4°C +1,5 à +2,5°C +2 à +3,5°C +2,5 à +6°C
Précipitations 150 à 240 mm +2 à +16 p. 100 +5 à +24 p. 100 +9 à +42 p. 100

TABLEAU 2 : Normales climatiques et synthèse du diagramme de dispersion pour la sous-région centrale.
Saison   Climat des 1980 Changement d'ici 2020 Changement d'ici 2050 Changement d'ici 2080
Hiver Température -11 à -21°C +1,5 à +3°C +3 à +5,5°C +4,5 à +9,5°C
Précipitations 130 à 325 mm +1 à +18 p. 100 +4 à +32 p. 100 +6 à +47 p. 100
Printemps Température 3 à -7°C +0,5 à +2°C +1,5 à +4,5°C +2,5 à +8,5°Cnbsp;
Précipitations 125 à 300 mm +1 à +19 p. 100 +6 à +25 p. 100 +8 à +45 p. 100
Été Température 10 à 17°C +1 à +2°C +2 à +3,5°C +2,5 à +5,5°C
Précipitations 230 à 310 mm 0 à +8 p. 100 -2 à +13 p. 100 0 à +13 p. 100
Automne Température -1 à 6°C +1 à +2°C +1,5 à +4°C +2,5 à +5.5°C
Précipitations 215 à 300 mm 0 à +13 p. 100 0 à +20 p. 100 +2 à +26 p. 100

TABLEAU 3 : Normales climatiques et synthèse du diagramme de dispersion pour la sous-région maritime.
Saison   Climat des 1980 Changement d'ici 2020 Changement d'ici 2050 Changement d'ici 2080
Hiver Température -10 à -13°C +1 à +2°C +2 à +4°C +3 à +6°C
Précipitations 295 à 400 mm -2 à +12 p. 100 -1 à +21 p. 100 +1 à +32 p. 100
Printemps Température -1 à -3°C +1 à +2°C +1,5 à +3,5°C +2,5 à +5°C
Précipitations 250 à 325 mm -3 à +13 p. 100 -2 à +16 p. 100 +1 à +23 p. 100
Été Température 13 à 17°C +1 à +1,5°C +1,5 à +3°C +2,5 à +5°C
Précipitations 250 à 350 mm -6 à +7 p. 100 -10 à +9 p. 100 -11 à +9 p. 100
Automne Température 3 à 6°C +1 à +1,5°C +1,5 à +3°C +2 à +5°C
Précipitations 275 à 350 mm +2 à +11 p. 100 -3 à +11 p. 100 -3 à +11 p. 100

TABLEAU 4 : Normales climatiques et synthèse du diagramme de dispersion pour la sous-région sud.
Saison   Climat des 1980 Changement d'ici 2020 Changement d'ici 2050 Changement d'ici 2080
Hiver Température -7,5 à -11°C +1 à +2,5°C +2 à +5°C +3,5 à +8°C
Précipitations 270 à 330 mm -5 à +19 p. 100 0 à +32 p. 100 +1 à +43 p. 100
Printemps Température 3,5 à 6°C +1 à +3°C +2 à +5°C +2,5 à +8°C
Précipitations 240 à 280 mm -1 à +19 p. 100 +2 à +25 p. 100 +4 à +39 p. 100
Été Température 18 à 20°C +1 à +2°C +2,5 à +4°C +2,5 à +6°C
Précipitations 280 à 350 mm -5 à +10 p. 100 -7 à +13 p. 100 -11 à +15 p. 100
Automne Température 6,5 à 9°C +1 à +2,5°C +2 à +4°C +2,5 à +5,5°C
Précipitations 270 à 330 mm -1 à +10 p. 100 -8 à +16 p. 100 -7 à +18 p. 100

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