(Publié en avril 2026)
L’exploration minérale joue un rôle clé pour ce qui est d’assurer la viabilité à long terme de l’industrie minière canadienne. Les activités d’exploration permettent de trouver et d’évaluer de nouveaux gisements de minéraux susceptibles de devenir des mines fournissant les minéraux et les métaux utilisés dans une large gamme de produits et de technologies. Toutefois, seule une petite partie des gisements sont finalement transformés en mines. Ces gisements sont souvent situés dans des régions isolées et nordiques, où le développement de nouveaux projets miniers peut générer des emplois, des investissements dans les infrastructures et des possibilités économiques pour les collectivités environnantes.
Découvrez les dernières tendances en matière d’exploration minérale au Canada :
- Aperçu
- Petites et grandes sociétés minières
- Provinces et territoires
- Minéraux valorisables
- Phases de travail
Aperçu
Les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une expansion significative de l’exploration et de la mise en valeur des gisementsFootnote 1, les dépenses prévues augmentant de 21 % pour atteindre 5,3 milliards de dollars, ce qui représenterait un nouveau record si les dépenses étaient réalisées. L’augmentation est en grande partie due à l’exploration ciblant l’or, car les prix records de l’or suscitent un regain d’intérêt et d’investissement. Les données préliminaires montrent que les dépenses ont augmenté de 4 % en 2025 pour atteindre 4,4 milliards de dollars, après des dépenses stables de 4,2 milliards de dollars en 2024.
Au début de la décennie, les dépenses d’exploration ont fortement rebondi après avoir diminué en 2020 en raison des perturbations liées à la pandémie de COVID-19. Les dépenses ont augmenté de 73 % en 2021 pour atteindre 3,8 milliards de dollars et ont continué à augmenter en 2022, atteignant 4,4 milliards de dollars - le niveau le plus élevé jamais enregistré à l’époque. Les dépenses ont légèrement diminué en 2023 pour atteindre 4,2 milliards de dollars, car le resserrement des conditions financières, la baisse des prix des métaux et l’incertitude macroéconomique plus générale ont pesé sur les décisions d’investissement.
Figure 1. Dépenses par type de société, dépenses mondiales et indices de prix, 2017 à 2026
Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec, Banque du Canada, S&P Global Market Intelligence
dpr = dépenses préliminaires; i = intentions de dépenses
Figure 1 — Version textuelle
Ce graphique à barres illustre les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gisements par type de société pour la période de 2017 à 2026. Chaque barre est divisée en deux segments représentant les grandes et les petites sociétés minières. Une ligne hachurée indiquant l’indice des prix des métaux et des minéraux de la Banque du Canada a été superposée au graphique à barres, accompagnée d’une ligne pleine indiquant l’indice des dépenses mondiales d’exploration. Le graphique illustre la forte relation historique entre les prix des métaux et des minéraux et les dépenses d’exploration.
L’évolution des dépenses d’exploration au cours de la dernière décennie reflète les cycles plus larges de l’économie mondiale et du marché des matières premières. Les prix des métaux et des minéraux ont atteint un sommet conjoncturel au début des années 2010, alimenté par la croissance économique rapide de la Chine et d’autres marchés émergents. Les prix ont ensuite baissé, l’offre étant supérieure à la demande, avant d’amorcer une reprise en 2016. Cette reprise s’est poursuivie tout au long de l’année 2019 avant d’être perturbée par des arrêts d’activité liés à la pandémie au début de l’année 2020. Les prix ont rebondi plus tard en 2020 et ont grimpé jusqu’au début de 2022 - en particulier pour les métaux de base et les minéraux pour batteries - avant de se tasser en 2023. En 2024 et 2025, les prix se sont stabilisés à des niveaux qui restent élevés par rapport aux moyennes d’avant la pandémie, ce qui maintient l’intérêt pour l’exploration dans de nombreux groupes de minéraux.
L’or reste la principale cible d’exploration au Canada. Au cours des dernières années, les prix de l’or ont atteint successivement des niveaux record ou quasi record, sous l’effet d’une incertitude géopolitique persistante, d’une forte demande de placements sûrs et d’achats soutenus de la part des banques centrales. Ces conditions ont contribué à soutenir les dépenses d’exploration dans le secteur des métaux précieux au Canada, en particulier parmi les petites sociétés d’exploration.
Les attentes de la demande à long terme associées à la transition vers l’énergie propre continuent d’influencer les stratégies d’exploration. Les engagements mondiaux en faveur d’émissions nettes zéro devraient nécessiter des quantités substantielles de minéraux et de métaux utilisés dans les véhicules électriques, les systèmes d’énergie renouvelable, les technologies de stockage de l’énergie et les réseaux de transport d’électricité. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande de plusieurs minéraux essentiels pourrait être multipliée d’ici 2040 dans les scénarios de transition énergétique.
Le cuivre, en particulier, joue un rôle central dans l’électrification en raison de son utilisation dans les infrastructures de transmission, les systèmes d’énergie renouvelable et les véhicules électriques. Les inquiétudes persistantes concernant l’équilibre futur entre l’offre et la demande ont soutenu l’intérêt de la prospection pour les métaux de base, notamment le cuivre et le nickel.
Au-delà de la transition énergétique, la croissance rapide des centres de données, tirée en partie par l’intelligence artificielle (IA), est apparue comme une nouvelle source importante de demande d’électricité. Les projections indiquent que la consommation d’électricité des centres de données pourrait augmenter considérablement pendant le reste de la décennie, ce qui renforce la nécessité de développer la production d’électricité et les réseaux électriques.
Cette demande croissante d’électricité renforce les perspectives à moyen et long terme pour les métaux associés à l’infrastructure électrique et à la capacité industrielle, ce qui contribue à maintenir l’intérêt de l’exploration pour les minéraux de base et les minéraux critiques.
Outre l’énergie et les infrastructures numériques, les besoins croissants en matière de défense et de sécurité influencent également la demande à long terme de plusieurs minéraux et métaux. La montée des tensions géopolitiques et l’augmentation des dépenses de défense dans de nombreuses économies avancées ont ravivé l’intérêt pour des chaînes d’approvisionnement sûres pour les matériaux utilisés dans l’équipement militaire, les systèmes aérospatiaux et les technologies de pointe. Les métaux tels que le nickel, le cuivre, les éléments des terres rares et le titane sont utilisés dans des applications allant des avions et des navires de guerre aux systèmes de guidage de précision, en passant par l’équipement de communication et l’électronique de pointe. Ces considérations ont renforcé l’intérêt des pays alliés pour la diversification et le renforcement de l’approvisionnement en minéraux, contribuant ainsi à l’intérêt pour l’exploration d’une série de minéraux de base et de minéraux critiques.
Ensemble, ces moteurs structurels de la demande - transition énergétique, électrification, expansion de l’infrastructure de l’IA, l’évolution des besoins en matière de défense et de sécurité et la demande soutenue d’investissements dans le secteur de l’or - façonnent les attentes en matière de demande minérale future. Ces facteurs fournissent un contexte important pour la stabilité observée en 2024 et 2025 et les intentions de dépenses plus importantes signalées pour 2026. Le Canada reste l’une des principales destinations au monde pour les investissements dans la prospection minière, puisqu’il représente près d’un cinquième des dépenses mondiales dans ce domaine et qu’il possède d’importantes ressources minérales susceptibles de soutenir l’offre future.
Bien que les dépenses nominales d’exploration restent historiquement élevées, l’inflation a réduit le pouvoir d’achat réel des budgets d’exploration. L’indice des prix à la consommation du Canada a augmenté de 6,8 % en 2022 et de 3,9 % en 2023, avant de redescendre à 2,4 % en 2024 et à 2,1 % en 2025. L’augmentation des coûts d’exploitation et de développement a réduit le pouvoir d’achat effectif des dépenses d’exploration.
Corrigées de l’inflation, les dépenses d’exploration en dollars constants de 2006 restent inférieures à leur niveau record de 2011, malgré les récents sommets nominaux, ce qui met en évidence l’impact cumulatif de l’augmentation des coûts sur l’activité d’exploration.
Figure 2. Dépenses d’exploration et inflation, 2006 à 2025
Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec, Statistique Canada.
dpr = dépenses préliminaires
Figure 2 — Version textuelle
Ce graphique linéaire montre la tendance des dépenses d’exploration en dollars constants et courants par rapport à l’évolution du taux d’inflation. Le graphique illustre l’impact de l’inflation sur les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gisements.
Petites et grandes sociétés
En 2024, les petites sociétés d’exploration ont dépensé 2,11 milliards de dollars, soit un montant pratiquement identique à celui de 2023 (2,12 milliards de dollars). Les données préliminaires pour 2025 indiquent que les dépenses pour les petites sociétés minières ont augmenté pour atteindre 2,27 milliards de dollars (+8 %), et les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une augmentation substantielle pour atteindre 2,91 milliards de dollars. Cela représenterait un nouveau record nominal pour les dépenses d’exploration des petites sociétés minières.
Le Canada est reconnu pour son grand nombre de petites sociétés qui n’ont généralement pas de revenus d’exploitation et dépendent du financement par actions. Elles sont habituellement petites, font preuve de flexibilité et se spécialisent dans les activités d’exploration à risque élevé et à un stade précoce. Alors que certaines petites sociétés minières peuvent développer un projet par elles-mêmes ou avec un partenaire, les grandes sociétés (producteurs) sont celles qui sont les plus susceptibles de mettre une mine en production.
Les petites sociétés continuent de jouer un rôle essentiel dans le paysage de l’exploration au Canada. En 2024, elles représentaient environ la moitié des dépenses totales d’exploration et de mise en valeur de gisements. Comme les petites sociétés dépendent fortement des marchés boursiers pour leur financement, leurs niveaux de dépenses sont étroitement liés au sentiment des investisseurs, aux prévisions de prix des produits de base et aux conditions financières plus générales. Par conséquent, leurs dépenses ont tendance à être plus volatiles que celles des grandes sociétés minières.
Les dépenses des petites sociétés ont toujours été très fluctuantes. Après avoir dépassé les 2 milliards de dollars en 2008 et 2011, les dépenses ont fortement diminué, atteignant en 2015 leur niveau le plus bas depuis 12 ans. Une reprise s’est amorcée en 2016 et s’est renforcée en 2021 et 2022 avant de s’atténuer en 2023. La stabilisation en 2024 et le rebond reflété dans les intentions pour 2025-2026 suggèrent une amélioration des conditions de financement et un regain d’intérêt des investisseurs pour l’exploration, soutenus en partie par des prix de l’or record.
Les grandes sociétés minières ont dépensé 2,12 milliards de dollars en 2024, soit un peu plus qu’en 2023. Les résultats préliminaires pour 2025 montrent que les dépenses des grandes sociétés minières augmentent légèrement pour atteindre 2,13 milliards de dollars, tandis que les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une expansion plus forte pour atteindre 2,43 milliards de dollars.
Contrairement aux petites sociétés, les grandes sociétés bénéficient généralement de revenus d’exploitation qui peuvent soutenir l’activité d’exploration tout au long des cycles de prix des matières premières, ce qui contribue à une plus grande stabilité des dépenses au fil du temps.
La répartition des dépenses entre les petites et les grandes sociétés minières peut varier d’une année à l’autre en fonction des allocations budgétaires globales, de l’accès au capital, des ventes de projets ou des coentreprises, et des sociétés minières qui passent de l’exploration à la production. Les grands projets individuels ou les transactions de sociétés peuvent également influencer de manière significative les totaux annuels.
Provinces et territoires
En 2024, l’Ontario a enregistré les dépenses les plus élevées sur le plan de l’exploration et de la mise en valeur des gisements à 1,09 milliard $, suivie du Québec (890 millions $) et de la Colombie-Britannique (747 millions $). Ensemble, ces trois provinces ont représenté environ 64 % des dépenses totales d’exploration et de mise en valeur des gisements au Canada, ce qui reflète la concentration des activités d’exploration dans les juridictions minières établies.
Les résultats préliminaires pour 2025 montrent que l’activité régionale reste forte, l’Ontario restant en tête avec 1,08 milliard de dollars, suivie du Québec (955 millions de dollars) et de la Saskatchewan (711 millions de dollars). Plusieurs juridictions ont enregistré des augmentations notables des dépenses en 2025, notamment la Saskatchewan, le Yukon, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nouveau-Brunswick, alors que les dépenses ont diminué en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest.
Les intentions de dépenses pour 2026 laissent supposer une large expansion des activités d’exploration dans l’ensemble du pays. Les dépenses prévues les plus importantes sont signalées au Québec (1,16 milliard de dollars), en Colombie-Britannique (1,03 milliard de dollars), en Ontario (999 millions de dollars) et en Saskatchewan (823 millions de dollars). Des augmentations significatives sont également prévues dans les régions nordiques, en particulier au Yukon (323 millions de dollars) et au Nunavut (268 millions de dollars), reflétant l’intérêt continu de l’exploration pour le potentiel minéral du nord du Canada.
Minéraux valorisablesFootnote 2
Les métaux précieux (principalement l’or) sont restés les produits de base les plus recherchés en 2025, représentant 50 % des dépenses totales d’exploration et de mise en valeur, en hausse comparativement à 46 % en 2024. Cette augmentation reflète la vigueur continue de l’activité d’exploration aurifère, soutenue par des prix de l’or historiquement élevés. Les dépenses consacrées aux métaux précieux ont augmenté de 12 % pour atteindre 2,18 milliards de dollars en 2025, et les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une nouvelle augmentation de 24 % pour atteindre 2,69 milliards de dollars, ce qui maintient la part dominante du groupe dans les dépenses d’exploration.
Malgré la part croissante des dépenses consacrées aux minéraux critiques ces dernières années, les métaux précieux restent le groupe de produits de base le plus recherché dans la plupart des provinces et territoires du Canada. L’activité d’exploration continue de refléter le rôle de l’or en tant que réserve de valeur pendant les périodes d’incertitude économique et en tant qu’élément central de l’exploration pour les petites sociétés.
Figure 3. Dépenses, par groupe de produits, 2025 (dpr)
Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
dpr = dépenses préliminaires
Figure 3 - Version textuelle
Ce diagramme circulaire montre les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gisements par groupe de produits en 2025 (dépenses préliminaires). Les métaux précieux représentent 50 % des dépenses totales, suivis par les métaux de base (27 %), l’uranium (10 %), les autres métaux (9 %), les non-métaux (2 %), le charbon (1 %), le minerai de fer (1 %) et les diamants (<1 %).
Les métaux de base - dont le cuivre, le nickel, le zinc et le plomb - restent la deuxième catégorie d’exploration, représentant 27 % des dépenses totales en 2025. Les dépenses d’exploration ciblant les métaux de base ont augmenté de 5 % pour atteindre 1,17 milliard de dollars en 2025, après une hausse de 6 % en 2024. Les intentions de dépenses pour 2026 indiquent des dépenses relativement stables à 1,16 milliard de dollars, bien que la part du groupe de produits dans les dépenses totales d’exploration devrait diminuer légèrement pour atteindre 22 %, étant donné que l’activité d’exploration globale se développe plus rapidement dans d’autres produits de base.
Les dépenses d’exploration ciblant les métaux de base ont largement suivi les tendances des prix des métaux au cours de la dernière décennie, augmentant pendant le cycle fort des matières premières de 2017 à 2022 avant de se modérer en 2023. La forte demande d’infrastructures d’électrification, de systèmes d’énergie renouvelable et de véhicules électriques continue de soutenir l’intérêt à long terme pour l’exploration de ces métaux, en particulier le cuivre.
L’exploration de l’uranium a connu une forte résurgence ces dernières années. Les dépenses ont augmenté de 95 % en 2022, puis de 33 % en 2023, de 21 % en 2024 et de 20 % en 2025, pour atteindre 458 millions de dollars. Les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une augmentation significative de 61 % pour atteindre 737 millions de dollars, ce qui porte la part de l’uranium dans les dépenses totales d’exploration à 14 %. La Saskatchewan reste la principale destination des dépenses d’exploration de l’uranium au Canada en raison de ses gisements de classe mondiale et de son infrastructure minière bien établie.
Le regain d’intérêt pour l’uranium reflète la demande mondiale croissante pour l’énergie nucléaire en tant que source d’énergie fiable à faible teneur en carbone, ainsi que les préoccupations croissantes en matière de sécurité énergétique. Plusieurs pays ont annoncé des plans d’expansion de leur capacité nucléaire, soutenant ainsi le regain d’intérêt pour l’exploration des ressources en uranium.
Les dépenses consacrées aux autres métaux, dont le lithium, le cobalt et les terres rares, ont fortement augmenté au début de la décennie en raison de l’accroissement de la demande de matériaux pour les batteries. Les dépenses d’exploration dans cette catégorie ont bondi de 135 % en 2023, atteignant 616 millions de dollars, avant de se modérer à 552 millions de dollars en 2024 et à 389 millions de dollars en 2025, les prix du lithium s’étant corrigés après les augmentations rapides de 2021-2022. Les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une reprise modeste à 447 millions de dollars, ce qui représente 8 % des dépenses totales d’exploration.
Figure 4. Dépenses, par minéraux valorisables, 2024 à 2026
Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
Figure 4 — Version textuelle
Ce graphique à barres illustre les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gisements par minéraux valorisables pour la période de 2024 à 2026. Les métaux précieux représentent toujours la plus grande part des dépenses, suivis par les métaux de base et les autres métaux. Les dépenses en uranium affichent une forte tendance à la hausse au cours de la période.
Le Québec a accueilli 132 des 228 projets d’exploration actifs au Canada en 2025 visant le lithium comme matière première principale, parfois avec d’autres matières premières, ce qui en fait la principale province pour l’exploration du lithium au Canada. L’exploration du lithium a également lieu en Ontario, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, dans les Territoires du Nord-Ouest et à Terre-Neuve-et-Labrador. Le Québec et l’Ontario dominent également l’exploration du cobalt, qui est généralement un coproduit de l’extraction des métaux de base.
Bien que les prix du lithium aient fortement baissé après avoir atteint des sommets historiques en 2022 en raison d’une offre excédentaire sur les marchés mondiaux des batteries, l’activité d’exploration reste élevée par rapport aux niveaux d’avant 2020, reflétant les attentes persistantes de la demande à long terme associée aux véhicules électriques et aux technologies de stockage de l’énergie.
Les dépenses pour les non-métaux, principalement la potasse, sont restées relativement stables à 79 millions de dollars en 2025, ce qui représente environ 2 % des dépenses totales d’exploration. Les intentions de dépenses pour 2026 indiquent une augmentation de 64 % pour atteindre 130 millions de dollars, ce qui reflète la poursuite des activités de développement dans le secteur de la potasse de la Saskatchewan. Le Canada reste le premier producteur mondial de potasse, et les activités d’exploration sont soutenues par la demande à long terme d’engrais et les investissements récents dans de nouvelles capacités de production, notamment le développement du projet de potasse Jansen en Saskatchewan.
Les dépenses d’exploration ciblant le minerai de fer se sont progressivement redressées après les creux observés au début de la décennie. Les dépenses ont augmenté pour atteindre près de 54 millions de dollars en 2025, et les intentions de dépenses indiquent une nouvelle augmentation pour atteindre 114 millions de dollars en 2026. Les activités d’exploration restent concentrées au Québec, au Nunavut et à Terre-Neuve-et-Labrador, en particulier dans la fosse du Labrador, une importante ceinture de minerai de fer qui couvre le nord du Québec et l’ouest de Terre-Neuve-et-Labrador et qui abrite certains des plus grands gisements de minerai de fer du Canada ainsi qu’une infrastructure minière bien établie. Les gisements canadiens ont également tendance à être de haute qualité et à produire du minerai de fer de grande pureté, qui est de plus en plus recherché pour la production d’acier à faible teneur en carbone à l’aide de procédés tels que le fer à réduction directe.
Les dépenses pour l’exploration du charbon, qui comprend à la fois le charbon métallurgique et le charbon thermique, sont tombées à 60 millions de dollars en 2025 et devraient rester relativement stables en 2026, à environ 58 millions de dollars, ce qui représente environ 1 % des dépenses totales d’exploration. L’activité de prospection du charbon au Canada est principalement axée sur les ressources en charbon métallurgique utilisées dans la production d’acier.
Les dépenses d’exploration ciblant les diamants ont poursuivi leur déclin à long terme, tombant à 6,8 millions de dollars en 2025, contre 35 millions de dollars en 2023. Les intentions de dépenses pour 2026 restent modestes, à 7,3 millions de dollars. L’activité d’exploration a diminué alors que plusieurs mines de diamants canadiennes approchent de la fin de leur durée de vie et que les marchés mondiaux du diamant sont confrontés à des défis structurels.
Minéraux critiquesFootnote 3
En 2025, 2,1 milliards de dollars ont été consacrés à l’exploration des minéraux critiques, soit une légère baisse (2 %) par rapport à l’année précédente. Les prix records de l’or ont attiré les investissements d’exploration vers les métaux précieux, tandis que les prix de plusieurs minéraux critiques, dont le nickel et le lithium, ont baissé. Bien que les intentions de dépenses pour 2026 ne soient pas disponibles pour les minéraux critiques en tant que catégorie distincte, les dépenses globales devraient rester globalement stables. La forte croissance de l’exploration de l’uranium devrait être partiellement compensée par des baisses dans d’autres groupes de produits de base qui comprennent des minéraux critiques, en particulier d’autres métaux et des métaux de base.
Figure 5 Dépenses, par principaux minéraux critiques, 2023 à 2025
Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
dpr = dépenses préliminaires,
Figure 5 — Version textuelle
Ce graphique à barres illustre les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gisements pour les principaux minéraux critiques pour la période de 2023 à 2025. Pour chaque année, il y a des barres pour le cuivre, le lithium, le nickel, l’uranium, le zinc, les métaux du groupe du platine, la potasse, les terres rares, le cobalt et le graphite.
Les dépenses d’exploration de minéraux tels que le cuivre, le nickel, le lithium, l’uranium, les éléments des terres rares, le graphite et la potasse ont augmenté de manière significative depuis 2020, reflétant à la fois la forte demande mondiale de matériaux utilisés dans les technologies énergétiques propres et les efforts politiques visant à renforcer la sécurité des chaînes d’approvisionnement au Canada et chez ses alliés. En 2025, les dépenses d’exploration ciblant les minéraux critiques ont continué à représenter une part substantielle des dépenses totales d’exploration au Canada, soit 47 %, contre 25 % en 2020, ce qui souligne l’importance stratégique croissante de ces ressources pour le secteur minier et le développement économique à long terme du pays.
En mars 2021, le gouvernement du Canada a publié une liste de 31 minéraux critiques considérés comme essentiels à la sécurité économique du Canada et à la transition mondiale vers des systèmes énergétiques plus propres. La liste a ensuite été élargie à 34 minéraux critiques en 2024, à la suite d’une révision visant à refléter l’évolution des technologies, la dynamique du marché et les priorités de la chaîne d’approvisionnement. Sur la base de ces travaux, le gouvernement fédéral a lancé la Stratégie canadienne sur les minéraux critiques en décembre 2022, qui définit une approche globale pour renforcer les chaînes de valeur des minéraux critiques du Canada, de l’exploration et de l’exploitation minière à la transformation, à la fabrication et au recyclage.
L’un des principaux objectifs de la stratégie est d’accélérer l’exploration et de soutenir la découverte de nouveaux gisements de minéraux critiques au Canada. Plusieurs initiatives fédérales soutiennent directement les activités d’exploration. Le crédit d’impôt pour l’exploration de minéraux critiques (CIEMC) offre un crédit d’impôt de 30 % aux investisseurs dans des financements par actions accréditives admissibles visant à couvrir les dépenses d’exploration de minéraux critiques. Le CIEMC complète le crédit d’impôt pour l’exploration minière, qui existe depuis longtemps et qui prévoit un crédit d’impôt de 15 % pour les investissements en actions accréditives dans l’exploration d’autres minéraux. Ensemble, ces incitatifs sont conçus pour encourager les investissements dans l’exploration à un stade précoce et améliorer l’accès au capital pour les petites sociétés d’exploration.
Le soutien fédéral supplémentaire à l’exploration comprend des investissements dans des programmes géoscientifiques tels que l’Initiative géoscientifique ciblée et la Géocartographie de l’énergie et des minéraux, qui améliorent les connaissances géologiques dans les régions prometteuses, en particulier dans le nord du Canada. Les programmes qui soutiennent le développement des infrastructures, les partenariats autochtones et les améliorations réglementaires visent également à faciliter l’exploration et l’exploitation responsables des ressources en minéraux critiques. Ces initiatives, ainsi que celles des provinces et des territoires, ont contribué à l’augmentation des activités d’exploration ciblant des minéraux critiques dans tout le Canada.
Découvrez-en plus sur les minéraux critiques au Canada, y compris les programmes disponibles et le financement des projets, ainsi qu’une carte interactive des projets avancés, des mines et des installations de traitement dans l’ensemble du pays.
Phases de travail
En 2025, les dépenses totales d’exploration et de mise en valeur des gisements ont augmenté par rapport à 2024, en raison de la hausse des dépenses liées aux activités de mise en valeur des gisements, malgré une légère baisse des dépenses d’exploration. Les sites hors mine, qui ne sont pas situés sur le site des mines en production, ont continué à représenter la majorité des activités d’exploration au Canada :
Les phases de travail correspondent aux différents stades de l’exploration minière et du développement de projets :
- L’exploration s’étale de l’exploration préliminaire (du début) jusqu’à la confirmation que le projet est économiquement faisable.
- La mise en valeur de gisements nécessite un travail précis qui inclut les études de faisabilité qui documentent la décision de production.
- Le développement des complexes miniers (non traité dans ce rapport) comprend l’aménagement des mines, usines et infrastructures connexes.
- Dépenses des sites - hors mine
- exploration - diminution de 5 %
- évaluation des gisements - augmentation de 12 %
- Dépenses sur le site minier
- exploration - augmentation de 17 %
- évaluation des gisements - augmentation de 52 %
Les dépenses d’exploration hors des sites miniers ont diminué de 119 millions de dollars en 2025, pour se chiffrer à 2,24 milliards de dollars. Des baisses notables ont été enregistrées en Colombie-Britannique (-93 millions de dollars), en Ontario (-82 millions de dollars) et au Manitoba (-29 millions de dollars). En revanche, plusieurs juridictions ont enregistré des augmentations, notamment le Yukon (+65 millions de dollars) et le Québec (+57 millions de dollars).
Les dépenses d’exploration sur les sites miniers ont augmenté de 76 millions de dollars, pour atteindre 529 millions de dollars en 2025. Les augmentations les plus importantes ont été observées en Ontario (+63 millions de dollars) et en Colombie-Britannique (+45 millions de dollars), reflétant les activités d’exploration visant à prolonger la durée de vie des opérations minières existantes.
Les dépenses d’évaluation des gisements ont augmenté de manière significative en 2025, avec une hausse de 215 millions de dollars par rapport à 2024. Les augmentations les plus importantes ont été observées en Saskatchewan (+158 millions de dollars) et à Terre-Neuve-et-Labrador (+67 millions de dollars), ce qui reflète l’augmentation des investissements dans l’évaluation et la mise en valeur des gisements minéraux.
Figure 6. Dépenses, par site minier et site hors mine, 2025 à 2026
Sources : Ressources naturelles Canada, Institut de la statistique du Québec.
G = milliard
Figure 6 — Version textuelle
Ces deux diagrammes circulaires montrent les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gisements pour les activités sur les sites miniers et hors de ceux-ci pour 2025 et 2026. Chaque année, la majorité des dépenses d’exploration sont effectuées en dehors des sites miniers, ce qui reflète l’importance de l’exploration précoce dans la découverte de nouveaux gisements de minéraux.
Remarques
- Les totaux peuvent être différents en raison de l’arrondissement.
- Les valeurs sont en dollars canadiens.