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Adaptation

Dans quelle mesure s’attend-on à des changements dans les prévisions du climat, et qu’est-ce que cela pourrait signifier dans le cas des forêts et de l’aménagement forestier au Canada?

Le Canada travaille à répondre à ces questions pour aider le secteur forestier et la société en général à s’adapter aux changements des conditions climatiques. Aujourd’hui, les aménagistes forestiers doivent considérer une gamme de climats potentiels futurs — par exemple, ceux qui sont cause de changements dans les saisons de croissance, de l’augmentation des infestations par les insectes, des feux de végétation et de l’accélération de la fonte du pergélisol.

Dans un premier temps, il faut cerner les vulnérabilités sociales, économiques et environnementales à ces conditions forestières changeantes. La prochaine étape importante sera de planifier des mesures destinées à réduire les incidences de ces vulnérabilités.

Par exemple, on s’attend à ce que l’augmentation du nombre de sécheresses, de feux, de tempêtes de vent, d’infestations par les insectes et d’épidémies entraîne une mortalité accrue des arbres. Une diminution du nombre d’arbres contribuera à réduire l’approvisionnement en bois au Canada, ce qui à son tour aura des incidences sur la compétitivité économique de l’industrie forestière canadienne. Cette situation laisserait les collectivités dépendantes des forêts vulnérables aux pertes d’emplois, à la fermeture des installations de transformation du bois et à un ralentissement général de l’économie.



Nouveau chantier de réflexion sur les nouvelles conditions

Les aménagistes forestiers ont traditionnellement tenu pour acquis que les conditions climatiques des décennies précédentes prévaudraient au cours des prochaines décennies. Aujourd’hui, avec l’augmentation des connaissances sur le climat et les schémas de changement, les aménagistes forestiers ont changé leur façon de penser.

L’adaptation signifiera la prise de mesures visant à réduire les effets négatifs des changements. Or, en même temps, certains changements (comme l’augmentation de la durée des saisons de croissance ou des régimes climatiques plus humides) pourraient en fait offrir de nouvelles occasions au secteur forestier. Par conséquent, l’adaptation consistera également à tirer parti des incidences positives des changements climatiques.

Le défi de l’incertitude

Plusieurs incertitudes demeurent : comment et dans quelle mesure les changements climatiques agiront-ils sur les forêts du Canada? En raison de ces incertitudes, les efforts déployés en planification de mesures d’adaptation représentent un exercice complexe.

Pour traiter l’incertitude plus efficacement, il faut :

  • utiliser de nouveaux outils et de nouvelles techniques se rapportant aux décisions, comme les exercices de planification de scénarios;
  • posséder de bonnes connaissances sur les forêts;
  • comprendre les risques;
  • faire preuve de souplesse pour s’adapter aux changements.

La gestion des risques est une technique reconnue permettant de cerner les problèmes potentiels et par la suite, d’élaborer des mesures visant à :

  • les réduire ou à les éviter;
  • intervenir pour réduire les incidences négatives, là où les problèmes sont inévitables.

Dans le domaine de la foresterie, cela signifie fixer des objectifs de gestion adaptés au fait que les forêts de l’avenir différeront de celles d’aujourd’hui. Grâce à la définition des risques associés à ces nouvelles conditions, les planificateurs et les aménagistes forestiers peuvent axer leurs efforts sur la recherche de solutions destinées à réduire ou à optimiser les impacts de ces risques.

Soutien à l’adaptation provenant de toutes les parties

Le Conseil canadien des ministres des forêts (CCMF) a reconnu que l’adaptation aux changements climatiques était une priorité pour le secteur forestier. De nombreuses parties travaillent à appuyer cette priorité :

  • Les chercheurs et les praticiens forestiers partout au pays évaluent les besoins et les options en matière d’adaptation.
  • Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux collaborent à la création d’une gamme de produits destinés à aider les aménagistes forestiers à prendre des mesures d’adaptation.
  • Les gouvernements provinciaux et territoriaux élaborent des approches pour s’attaquer aux changements climatiques, appuyer la recherche sur le climat et sensibiliser davantage les parties aux besoins en matière d’adaptation.
  • Les entreprises forestières ont commencé à s’attaquer aux questions liées aux changements climatiques dans leurs plans d’aménagement.

Outils pratiques contribuant aux stratégies d’adaptation

Outils servant à analyser les vulnérabilités de la forêt
Les scientifiques forestiers élaborent une gamme d’outils pour évaluer et gérer les risques liés au climat et les options d’adaptation. Par exemple :

  • Les chercheurs du Service canadien des forêts (SCF) ont élaboré un nouveau logiciel connu sous le nom de BioSIM, qui sert à prévoir les étapes du développement des insectes au cours de la saison de croissance. BioSIM a servi à prévoir comment les changements climatiques auront des incidences sur le risque d’infestation par le dendroctone du pin ponderosa dans l’Ouest canadien.
  • Les scientifiques du SCF ont mis à jour la carte des zones de rusticité des plantes du Canada en utilisant les données récentes sur le climat. La nouvelle carte montre les changements dans les zones de rusticité compatibles avec les changements climatiques.
  • Dans ses partenariats avec les provinces, le SCF élabore des cadres, des guides et des outils pour aider les aménagistes forestiers à :
    • mieux comprendre leur état de préparation à l’adaptation;
    • cerner les sources de vulnérabilité dans l’aménagement forestier durable.

Outils pour aider les forêts et le secteur forestier à s’adapter
Des travaux sont en cours pour trouver des façons d’aider les peuplements forestiers à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques et aux nouveaux régimes de perturbation. Par exemple :

  • Les chercheurs explorent des façons de réduire la vulnérabilité des forêts aux dommages causés par les incendies et les insectes.
  • L’industrie explore de nouveaux marchés pour le bois des arbres tués par les dendroctones.
  • Certaines entreprises forestières ont commencé à utiliser des pneus à grande portance pour se déplacer dans les zones humides, ce qui leur permet de prolonger leur saison d’exploitation.

Des outils pour orienter les décisions en matière d’aménagement forestier
Les scientifiques intègrent leurs données sur les changements des conditions climatiques à leurs outils de recherche et de planification. Les aménagistes forestiers disposent ainsi de meilleures informations pour prendre des décisions. Par exemple :

  • Le logiciel Seedwhere est un système d’information géographique (SIG) qui aide à orienter les décisions qui concernent la plantation et l’ensemencement pour la régénération de la forêt. Cet outil peut aussi aider les aménagistes forestiers à décider où recueillir les semences et à déterminer quelle serait la zone la plus éloignée où l’on peut les transporter.

Regard à long terme

Si le Canada veut conserver sa position concurrentielle sur les marchés mondiaux, les  aménagistes forestiers doivent intégrer des considérations sur les changements climatiques dans leur planification à long terme. Cela signifie améliorer notre capacité d’évaluer les effets sur le climat et définir des façons de favoriser l’adaptation des forêts pour veiller à la santé des écosystèmes et à un approvisionnement continu en fibres.

La participation de toutes les parties aux mesures d’adaptation — les gouvernements, l’industrie, le milieu universitaire et le public — constituera l’approche la plus efficace. Une bonne communication et un partage d’information aideront la population canadienne à s’attaquer aux problèmes communs et à tirer parti de toutes les ressources possibles pour les résoudre.

Pour en savoir davantage
Publications du Service canadien des forêts

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